Au Salon de l'agriculture, Hollande retrouve un monde paysan découragé

Au Salon de l'agriculture, Hollande retrouve un monde paysan découragé

François Hollande a retrouvé samedi un monde paysan en proie au découragement et éprouvé par deux années de crise profonde, lors de l'inauguration de la 54e édition du Salon de l'agriculture.

"Aujourd'hui s'ouvre un Salon qui n'est pas comme les autres, marqué par  une profonde tristesse et par la gravité des crises que nous traversons", a dit le président en référence à la mort récente du président de la FNSEA, Xavier Beulin. Cette visite est "un message d'encouragement, de soutien et de solidarité envers les agriculteurs", a-t-il ajouté. Le monde agricole va exposer au public jusqu'au 5 mars ses meilleures productions issues des terroirs et territoires, un rendez-vous qui sera marqué par le défilé de la plupart des candidats à l'élection présidentielle. A moins de deux mois du premier tour, les candidats sont soucieux de se concilier un monde agricole et rural en pleine mutation, éprouvé par deux ans de crise.François Hollande, qui avait été accueilli l'an dernier par des agriculteurs en colère, fait face cette année à l'indifférence de ses interlocuteurs dans une ambiance calme. Interpellé par deux éleveurs qui lui disent que "personne ne parle d'agriculture" parmi les politiques, le président leur répond que lui est là. "Mais vous c'est fini", lui rétorquent-ils. Le découragement pointe même chez les agriculteurs exposants du salon, qui sont pourtant parmi les plus compétitifs et organisés du pays. "Ce gouvernement a mené une PAC pas à la hauteur. Ils ne se rendent pas compte du malaise", dit Pierre Besancenot, 58 ans, exploitant de Montbéliardes en Haute-Saône. "Tant qu'on ne gagne rien avec ce qu'on produit, on ne pourra pas avancer", ajoute t-il.    

   - 'Profession en danger' -

   Avec des millions de canards abattus dans le sud-ouest depuis janvier pour cause de grippe aviaire pour la deuxième année consécutive, les éleveurs de canard sont parmi les plus touchés. "Cette année, le maïs n'a pas marché, mes 6.000 canards ont été euthanasiés, il ne nous reste plus que les activités de vente directe pour apporter un peu de revenu" dit à l'AFP Richard Beziat, un exploitant du Gers venu présenter un magnifique bovin gris cendré de race bazadaise. "La profession est en danger, j'espère que le monde va s'en rendre compte". L'ouverture du Salon intervient au lendemain des obsèques de Xavier Beulin, qui a essayé toute sa vie de faire évoluer l'agriculture française face à la concurrence internationale. La FNSEA, comme les Chambres d'agriculture ont déjà listé leurs revendications pour les candidats à la présidentielle. Ils leur demandent surtout plus de considération pour les agriculteurs et d'être défendus efficacement face aux enjeux qui s'annoncent. Le prochain gouvernement devra en effet négocier l'orientation de la politique agricole commune (PAC) 2020-25, avec des partenaires européens qui sont aujourd'hui des concurrents sur les marchés agricoles.   

   - Exsangues -

   François Hollande a mis en garde les candidats qui préconiseraient une sortie de l'Union européenne et donc de la PAC. "Il faut quand même se souvenir de ce qu'était l'agriculture sans l'Europe et ce que peut être l'agriculture avec l'Europe", a-t-il dit. "Il y a une politique agricole commune qu'il va falloir repenser mais qu'il va falloir surtout préserver parce que si la Pac est mise en cause vous allez voir la situation que vont avoir beaucoup d'agriculteurs". Les négociations de la PAC porteront sur le budget agricole et la manière de le dépenser, en particulier pour prévenir les crises économiques, climatiques ou sanitaires. Ces crises se sont cumulées depuis deux ans, avec un effondrement des prix du lait et de la viande bovine et porcine, des intempéries qui ont laminé les récoltes de céréales et plusieurs vagues d'épizooties. Les revenus des agriculteurs se sont effondrés. Si en 2014, moins de 20% des agriculteurs avaient eu des revenus équivalents à 350 euros par mois, en 2016, ce chiffre est monté à 50%, selon la sécurité sociale agricole MSA. Mais le salon tentera aussi de faire bonne figure et de montrer ce qu'il fait de mieux avec ses vaches, moutons et chèvres pomponnés, autour de la mascotte du salon, la petite vache bretonne Pie-Noir "Fine". Les organisateurs attendent de 620.000 à 650.000 visiteurs, contre 611.000 en 2016.

Source AFP

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Commentaires 6

tison

Si la coop te gène va voir le négoce où l'argent n'est pas tabou, l'agriculture collectiviste issue du front populaire conduit aux kolkhozes, on sait comment ce modèle s'est achevé...

BANANE381

l'agriculture n'est pas en crise, mais vu que le poste alimentation doit être très restreint dans le panier des ménagères, l'Etat avec l'aide de l'industrie alimentaire, usurpe au monde agricole leur production soumise à des normes drastiques, cette même industrie alimentaire dénature cette production par toutes sortes de procédés douteux et par la même occasion s'octroie une marge bénéficiaire très lucrative avec la bénédiction de l'Etat qui ne voit les citoyens que comme des consommateurs. Demain encore beaucoup moins d'agriculteurs, donc encore plus de facilité pour que cela perdure. A croire que le monde agricole s'en satisfait.

rtter

T'as raison j'ai oublié les coop, avec leurs directeurs à 7000euros par mois qui décident de tout alors que ça devrait être le conseil d'administration mais bon si le conseil ne vote pas contre... On sait très bien comment se passe une AG: qui vote contre? qui s'abstient? décision votée à l'unanimité. C'est beau la démocratie...
Les présidents de coop sont choisis parmi les adhérents les plus malléables pour accepter toutes les décisions des directeurs et juste pour signer c'est tout!

poteau3716

rtter , tu a oublier les coops dans ta liste , qui ont ete cree par nos arrieres grands parents , et qui aujourd huit ne pensent qu a s engraisser sur notre dos .

rtter

Si les fermes n'étaient pas des biens familiaux transmis de génération en génération auquel on est forcément attaché (dans la majorité des cas), on aurait déjà tous arrêté.
Les politiques, industriels et grande distribution le savent bien c'est pour ça qu'il nous asservissent, comme au moyen âge.

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