« Bleu Blanc Ruche », le miel siglé Arnaud Montebourg

« Bleu Blanc Ruche », le miel siglé Arnaud Montebourg
Apiscera

L’ancien ministre de l’Économie crée une marque de miel visant à relancer et revaloriser le miel made in France. Et crée dans la foulée l’Ecole des hautes études apicoles, qui formera chaque année entre 10 et 20 nouveaux apiculteurs. Arnaud Montebourg s’attaque aussi à un autre abîme commercial : l’amande.

La production de miel en hausse

Selon FranceAgriMer, la production française de miel s’est établie à 19 788 t en 2017, en hausse de 23 % par rapport à 2016 mais loin des 24 224 t de 2015. Le miel certifié biologique représente environ 9 % du total du volume de miel produit en 2017 soit 1 816 tonnes. Ce type de miel est presque exclusivement produit par des apiculteurs professionnels, les apiculteurs de loisir ne souhaitant en général pas s’acquitter du montant de la certification. Le nombre d’apiculteurs a crû de 9 % (53 953 déclarants) et le nombre de ruches de 2 % (1 344 185). Mais le nombre de ruches en production (939 398) continue de baisser (- 4 %).

Un double défi : contribuer à repeupler les colonies d’abeilles et participer à résorber le déficit commercial. Telles sont les ambitions de l’ancien ministre de l’Économie qui, s’il a renoncé à toute ambition politique, conserve intacte sa marotte du made in France. Tout est dit dans la marque de miel qu’il vient de déposer et qui sera officiellement lancée le 10 septembre sur la plate-forme de de financement participatif Ulule.  "On lance une marque qui s'appelle "Bleu Blanc Ruche", qui va acheter du miel à des apiculteurs français à un prix supérieur au marché, en contrepartie de quoi ceux-ci s'engagent à eux-mêmes repeupler, c'est-à-dire à augmenter leur cheptel", a indiqué Arnaud Montebourg à l'AFP.

80 t payées quelques dizaines de centimes plus cher

Le projet est porté par la Seraf, la Société d’élevage et de repeuplement des abeilles de France, une société que l’ancien ministre a créée en février dernier et dont il est actionnaire à hauteur de 35 %, aux côtés d’autres investisseurs dont quelques apiculteurs. "Cette année, nous projetons d'acquérir 80 tonnes de miel" à "la grosse dizaine d'apiculteurs" qui font déjà partie du projet, situés un peu partout en France, a indiqué Arnaud Montebourg. Ce projet répond à "un problème de société : la disparition des abeilles mellifères" qui sont nécessaires à la pollinisation sans laquelle "vous perdez les fruits, les légumes auxquels les humains sont habitués". Le producteur de miel dijonnais Apidis, l'un des acteurs majeurs de la filière en France, sera chargé du contrôle qualité, du conditionnement et de la distribution du miel. L'Association française de normalisation (Afnor) certifiera que le miel est d'origine France. Si la perte d’abeilles mellifères constitue une menace de notre écosystème, elle ne fait pas non plus les affaires de notre solde commercial, la France consommant environ 40 000 t/an de miel pour une production estimée l’an passé à moins de 20 000 t (voir encadré).

Un ministre à l’amande

Arnaud Montebourg va créer en parallèle, avec les mêmes actionnaires, une "Ecole des hautes études apicoles", dont l'ambition sera "de former des nouveaux apiculteurs qui participeront de façon significative au repeuplement" des abeilles.   Elle accueillera à partir de janvier prochain entre 10 et 20 élèves par an pour une formation théorique et pratique, dont trois à quatre dont trois à quatre mois dans l'hémisphère sud, financée par la région Bourgogne-Franche-Comté et du mécénat. Avec le miel, l’amande est l’autre production agricole à laquelle s’intéresse également l’ancien ministre, avec la Cofram, la Compagnie française de l’amande méditerranéenne (Cofram), créée en mars dernier et présidée par Arnaud Montebourg. Là encore, le chantre du made in France s’attaque à un abîme commercial. Le fruit à coque est une chasse gardée des États-Unis (et de la Californie en particulier) qui assure avec 862 000 t presque 80 % de la production mondiale. La France en produit quant à elle moins de 1 000 t alors qu’elle en consomme entre 25 000 t et 30 000 t. L’objectif de la Cofram est de planter 2 000 hectares d’amandiers en trois ans, en levant 40 M € destinés à financer des arboriculteurs en échange d’une prise de participation minoritaire dans leur verger.

Source RL avec AFP

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Commentaires 1

trop bete

Pauvre vieux...il ne sait plus quoi faire pour se faire remarquer... Vive le marketing et ce qu'il empoche au passage !!!

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