Chez JA, on veut « des fermes et pas des firmes »

Lise Monteillet

Chez JA, on veut « des fermes et pas des firmes »

« Ne plus perdre de paysan en 2017 » : tel est le vœu formulé par le syndicat Jeunes agriculteurs, auprès de la presse, mercredi 4 janvier.

JA « pas satisfait par le plan de consolidation »

« On reste très vigilant sur le plan de consolidation et de refinancement de l’agriculture française », note Samuel Vandaele, qui relève « des problèmes avec certaines banques qui ne veulent pas jouer le jeu et avec la BPI… » Selon ce dernier, 9 dossiers sur 10 seraient recalés par la BPI. Le dispositif semble mieux fonctionner avec la Siagi, société de mutuelle pour les petites entreprises, qui devait agir en complément de BpiFrance. D’où l’idée envisagée par JA de « transférer » les fonds alloués vers ce dernier organisme. 

« La richesse passera par les hommes et les femmes, souligne Jérémy Decerle, le président de ce syndicat qui fêtera en 2017 ses 60 ans d’existence. « Ce que nous voulons réaffirmer : le modèle des fermes et pas celui des firmes ».  Et d’ajouter : « la notion d’agriculture familiale est celle qui répondra au mieux aux enjeux de la société et aux problématiques des agriculteurs ». Un discours qui marque une rupture avec la FNSEA, la « grande sœur » des JA ? Ce n’est pas la volonté affichée par Jérémy Decerle, qui assure travailler étroitement avec ses aînés. « Ils sont peut-être un peu plus bousculés et chatouillés en ce moment », ajoute Samuel Vandaele.

Augmentation des installations

Jeunes agriculteurs souhaite donc stopper l’érosion du nombre d’agriculteurs. Cette volonté n’est pas nouvelle mais elle prend une tournure plus réaliste au regard des derniers chiffres publiés sur l’installation. Le taux de renouvellement des générations s’est en effet amélioré ces dernières années, avoisinant deux installations pour trois départs. Les installations sont en hausse en 2015 par rapport à 2014. Pour les Jeunes agriculteurs, cela s’explique par les changements de critères introduits par la loi d’avenir agricole. 1824 cotisants solidaires ont ainsi pu devenir chefs d’exploitation.

La fin des prêts bonifiés devrait donner un coup de pouce supplémentaire aux candidats à l’installation, car elle va donner lieu à une nouvelle aide pour la reprise et la modernisation des exploitations.  Elle sera« opérationnelle en mars-avril dans les premières régions », selon Pierre Marie Vouillot, vice-président JA.

Une Pac mieux ciblée

Le syndicat milite également pour une reconnaissance des jeunes dans la Pac. Celle-ci gagnerait d’ailleurs à devenir « mieux ciblée sur les agriculteurs qui mettent en valeur une production agricole ou des territoires », précise Baptiste Gatouillat, vice-président. JA ne veut plus d’une Pac qui soit distribuée seulement aux hectares et qui « engendre des phénomènes de rente ». La Pac devrait aussi « renforcer les filets de sécurité », « accompagner l’ensemble des maillons de la filière » et faire du verdissement « un atout » pour les agriculteurs. En passant d’une « politique de moyens » à une « politique de résultat ».

Reprendre leur avenir en main 

Chez les JA, on savoure une première victoire : l’arrivée du décret sur l’étiquetage de l’origine de la viande et du lait. Ce sujet avait donné lieu à une mobilisation importante du réseau. Le syndicat prévoit néanmoins de « lancer un mouvement national de vérification » pour relever les infractions. « On appellera au bon sens des magasins pour déférencer les produits qui ne sont pas conformes », prévient Samuel Vandaele, secrétaire général des JA.

Les jeunes veulent enfin prendre en main leur avenir en signant une convention avec Coop de France. L’objectif est de « renouer le dialogue un peu perdu à un moment » selon Jérémy Decerle.

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