anonymous

Des œufs extra frais en libre service comme sortis du poulailler

15 UNION DU CANTAL

Le distributeur automatique est en service sur la zone commerciale de la Ponétie, à Aurillac.

On connaissait les distributeurs automatiques de lait, de fruits..., le Gaec de Ferluc innove à Aurillac avec un chalet où s’écoulent chaque semaine 400 œufs label rouge extra frais.

Lait, veaux, vaches, cochons... et poules : depuis son installation en 1997, Christophe Izoulet a touché à pas mal de productions animales. Mais cet ancien producteur de lait, en Gaec aujourd’hui avec sa mère Maryse et reconverti il y a sept ans dans l’élevage avicole, ne ferait pour rien au monde machine arrière. “On avait 55 vaches laitières, mais on a arrêté il y a quatre, cinq ans de traire suite à la crise du lait. Travailler pour ne rien gagner, ce n’est pas notre philosophie”, affiche l’agriculteur de Bessonnies, à quelques encablures seulement du Cantal. Quelques années auparavant déjà, c’est l’effondrement des cours du porc, avec un cadran breton flirtant dangereusement avec le seuil des 1 €, qui avait fini par motiver les associés du Gaec de Ferluc à fermer les portes de leur atelier porcin de post-sevrage engraissement. Pas pour longtemps. 

Élevées en liberté...

“On était sur le point d’arrêter les porcs quand on a reçu un prospectus de la société Jambon sur les poules pondeuses. On a fait une étude avec eux, la porcherie construite en 1979 était viable, on a cassé les cloisons, refait des dalles en béton, aménagé l’intérieur...”, liste l’éleveur, qui a ainsi limité l’investissement(1) pour accueillir ses 6 000 premières poules pondeuses. Livrées à 17-18 semaines, ces “rouges” venues majoritairement de Vendée et Bretagne vont œuvrer à Bessonies pendant douze mois. Avec une prolificité dont les chiffres donnent le tournis : en un an, ces dames pondent pas loin de... deux millions d’œufs.

Élevées en plein air dans le cadre du label rouge œufs fermiers Cocorette, ces pondeuses sortent, si la météo leur convient, vers 10 heures du matin dans l’enclos de 3 hectares et doivent respecter le couvre-feu le soir. Des sorties qui ouvrent l’appétit : elles consomment quotidiennement 800 kilos d’aliment (farine à base de céréales produites dans le Cantal sans OGM). Les poules vont pondre à l’intérieur du bâtiment sur un tapis incliné. Les œufs sont acheminés par un autre tapis dans la salle de ramassage. Chaque bande est renouvelée au terme d’une année, avant un vide sanitaire d’un mois. Les œufs sont ramassés deux fois par jour et la production du Gaec relevée par Cocorette deux fois par semaine, direction Montauban pour le calibrage et la mise en boîte des œufs. 

De l’extra frais du producteur au consommateur

Afin de développer la vente directe (environ 20 % des débouchés de l’atelier), le Gaec a converti un second petit bâtiment jusqu’alors destiné aux génisses. Deux mille quatre cents poulettes y ont pris leurs quartiers. Ces œufs prennent eux la direction de quelques supérettes, restaurants, collèges et boulangeries alentours. Et depuis huit mois, celle d’Aurillac et du distributeur automatique que Christophe Izoulet a installé dans la zone de la Ponétie. Objectif : vendre des œufs frais directement du producteur au consommateur, sans intermédiaire.  L’éleveur fait des recherches sur Internet, identifie un fournisseur basé à Thionville, et définit avec lui un point de chute approprié dans la préfecture cantalienne. Cet automate, installé dans un chalet, propose dans 42 casiers des boîtes de 6, 12 ou 30 œufs fermiers label rouge à des prix(2) pas plus - voire moins - élevés qu’en grandes surfaces. Il est alimenté trois fois par semaine par l’éleveur avec des œufs pondus deux, trois jours auparavant, voire le jour-même. “Même en supermarché, vous n’avez jamais des œufs extra frais comme ceux-là”, souligne l’agriculteur. Et le concept fait des adeptes : environ 400 œufs sont ainsi vendus à distance en moyenne chaque semaine. Avec une plus-value beaucoup plus favorable pour le Gaec qui a investi 25 000 € dans ce nouvel outil de commercialisation. “Jusqu’à présent, on n’a pas fait de publicité, hormis quelques posts dans les boîtes aux lettres. On compte sur l’arrivée de nouveaux magasins à la Ponétie, une zone jusqu’alors pas mal en travaux pour nous amener des clients”, expose l’éleveur lotois, qui loue l’emplacement. Aucun regret dans leurs choix de la part des associés : “Les poules pondeuses, c’est une production très souple qui n’a rien à voir avec l’astreinte de la traite. Les poules sont nourries automatiquement, on ramasse les œufs deux fois par jour, on y va quand on veut. Pour se faire remplacer, c’est aussi beaucoup plus facile. Et ça nous permet de profiter de la vie...”, glisse l’éleveur, qui a pu embaucher un salarié.

(1) 115 000 € de réaménagement du bâtiment avec achat de matériel.

(2) Vendus au tarif de 1,90 € la boîte de six, 3,60 € celle de douze et 8 € les trente. L’automate fonctionne avec des billets, rend la monnaie mais n’est pas, pour l’instant du moins, équipé pour les paiements par carte bancaire.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier