Didier Guillaume : « c’est par le bio que l’agriculture se transformera »

Anne Sophie LESAGE

Didier Guillaume : « c’est par le bio que l’agriculture se transformera »
Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, pendant son allocution aux Assises de la bio, mardi 27 novembre 2018.

A l’occasion des Assises de la Bio qui se tenaient mardi 27 novembre à Paris, Didier Guillaume ministre de l’Agriculture a réaffirmé son engagement en faveur du bio et est revenu sur les retards de paiement des aides « inadmissibles ».

Citant l’agriculture biologique comme exemple, Didier Guillaume, « militant du bio depuis des années », a déclaré « c’est par le bio et l’exemplarité du bio que l’agriculture se transformera. »  Pour le ministre de l’agriculture, il ne faut pas opposer les modèles mais la bio pourrait permettre de réconcilier agriculteurs et citoyens. « Les français aiment leur paysans, aiment manger de bons produits, mais il y a encore trop d’oppositions entre la société française et leurs agriculteurs. Ca ne peut pas durer. J’y travaillerai de toutes mes forces. »

Autre vertu de la bio pour Didier Guillaume, une meilleure valorisation des productions qu’en conventionnel. Il explique « grâce à la valorisation des produits, par la façon de vendre des produits et d’organiser la filière d’amont en aval, on sait qu’il y a une augmentation de la valeur pour l’ensemble des acteurs » à l’instar de l’ambition de la Loi issue des Etats généraux de l’alimentation.

Inciter aux conversions

Dans sa courte allocution, Didier Guillaume a réaffirmé les objectifs du Plan ambition bio présenté avant l’été, à savoir 15% de surfaces agricoles converties au bio avant d’ici 2022 et 20% de produits bio en restauration collective. Pour le ministre de l’Agriculture, ces transitions sont en cours puisqu’en 2017, plus de 5 000 exploitations se sont engagés dans la bio. Rappelant les moyens engagés par l’Etat dans le Plan ambition bio, plus d’un milliard d’euros pour accompagner, entre autre, les conversions. Le marché de l’agriculture biologique qui représente plus de 8 milliards d’euros « ce chiffre montre combien nous devons inciter les conversions au bio » insiste ce militant de la première heure.

"L'Etat à failli"

Le ministre de l’Agriculture, comme d’autres avant lui, a argumenté pour une simplification de la Politique Agricole Commune (PAC). Didier Guillaume a rappelé qu’aujourd’hui la PAC est constituée de 9 000 critères « alors qu’on en utilise que 4 000. » Il souhaite également « réorienter la PAC, en gardant des aides fortes et directes du premier pilier qui sont absolument indispensables » mais pour le ministre, la future politique européenne doit évoluer pour qu’elle « prenne mieux en compte le bio. »

Concernant les retards de versement, Didier Guillaume a déclaré « ce qui se passe pour le paiement des aides est inacceptable. L’Etat a failli. L’ASP a failli. » Il insiste et dénonce « je vous dis que les aides de 2016 ne seront pas payées d’ici la fin de l’année. » Le ministre promet cependant que celles-ci seront versées « dès les tous premiers mois de l’année 2019.» Et d’ajouter « je ferais en sorte que les aides 2017 et 2018 soient payées le plus rapidement possible. »

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Commentaires 25

ral628

des scientifiques ont quitté le giec.
nous sommes sous la coupe des modèles mathématiques du réchauffement climatique dont les prévisions s'écartent de la réalité.
france en perte de vitesse par une gabegie financière, une france dont les enfants issus de l'immigration n'ont plus d'autres choix que de se comporter en sauvages, une france sans industrie, une france prêtent à vendre ces barrages pour faire plus d'europe corrompu par la finance la pauvreté est partout mais pour améliorer le sort des gens il faut de la décroissance.

zen

la mouvance écolo est en faite plus nationaliste, populiste, plus égoïste qu'il n'y parait.
dans un monde qui n'a que 3 mois de blé d'avance, dans un monde où la prochaine récolte doit être assurée, la france veut être la pionnière de la décroissance. l'industrie agro alimentaire allemande rigole, la russie rigole, la chine lorgne sur les champs de france; les nations exportatrices rigolent un concurrent de moins...
ce n'est pas de la décroissance c'est de la croissance verte.

digue3942

avec le pouvoir d'achat des français le bio ne peut aller qu'au casse-pipe et emporter tous les autres dans son sillage. ne sommes-nous pas en 1788 ????? ce qu'on pourrai encore ajouter , ce n'est que de la fantaisie

steph

pourquoi veut on casser la chaîne agricole, de la production, jusqu'à la vente en grandes surfaces, en passant par la transformation, toutes les filières ont fait et font des efforts énormes de sécurité alimentaire. dans les supermarchés s'est nickel.
j'ai plus confiance en un yaourt danone qu'un yaourt de ferme qui n'aura qu'un contrôle sanitaire par an.

joel

le bio est si rentable après le surplus d'aide, la non obligation d'engrais vert, le dégrèvement fiscal, l'exonération de la taxe sur le non bâtis. Sans l'argent publique, il faudra que ce soit encore plus cher
si rentable qu'il faut mettre en sachet 500 gr d'épautre pour vendre sur un stand lors de tel ou tel vide grenier, devenir agriculteur et commerçant
la vente à la ferme, bien mais à la moindre salmonelle dans un oeuf est vous êtes cuits.
les invendues viennent baisser la marge...

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