Echec de la loi agriculture et alimentation: déception des syndicats agricoles

Echec de la loi agriculture et alimentation: déception des syndicats agricoles

L'échec des sénateurs et des députés à s'accorder sur une version commune du projet de loi agriculture et alimentation mardi a provoqué la déception des syndicats agricoles qui demandent qu'on leur assure des revenus décents.

La commission des Affaires économiques du Sénat a reproché dans un communiqué au rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LREM) et aux députés de la majorité membres de la commission mixte paritaire (CMP) d'avoir fait "marche arrière" sur les "modalités d'élaboration des indicateurs contribuant à la formation des prix agricoles pourtant adoptées par l'Assemblée nationale et par le Sénat" créant ainsi "de nouveaux points bloquants". Contre l'avis du gouvernement, les députés avaient prévu qu'"à défaut d'indicateurs" fournis par les interprofessions, l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM) et FranceAgriMer devraient en proposer, disposition maintenue au Sénat, selon la même source.  

Pour la FNSEA, "à la veille des difficiles négociations commerciales de l'automne, la manoeuvre politique l'a finalement emporté sur le réalisme d'un texte respectueux de l'esprit des Etats Généraux de l'Alimentation (EGA) et du travail conjoint des parlementaires". "Sur la question centrale des indicateurs de coûts de production, rappelons qu'il s'agit juste de mettre à disposition des producteurs une référence neutre et indiscutable dans leurs relations commerciales avec l'aval de la filière. Sans ce garde-fou efficient, que peuvent peser les agriculteurs face à quatre centrales d'achat qui concentrent à elles seules 94% du marché alimentaire national?", s'interroge le syndicat majoritaire dans un communiqué. "Après l'échec de la CMP, les député.e.s doivent remettre la question du revenu paysan au coeur de ce projet de loi! Sauront-ils s'imposer face au gouvernement?", a également demandé la Confédération paysanne sur Twitter.  

Le Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux) et la Coordination rurale ont pour leur part insisté sur le besoin de fixer des prix planchers dans cette loi qui leur semble pour l'instant insuffisante. Ce projet de loi "se contente de suggestions et ne prévoit aucun moyen pour s'assurer du respect des dispositions prévues", or "compter sur la bonne volonté des industriels et distributeurs est complètement irréaliste et irresponsable!", insiste Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale, dans un communiqué. Pour le Modef, cette loi "ne permettra pas aux exploitants de mettre un terme aux différentes crises et de vivre dignement de leur travail", et "ne donnera pas non plus des outils économiques et législatifs pour une orientation vers une agriculture rémunératrice, diversifiée, respectueuse des Hommes et de l'environnement", indique-t-il dans un communiqué.

Source AFP

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Commentaires 9

@oseille

oui ca devient le bureau des plaintes , j 'en ai un peu ras le bol d'entendre les paysans se plaindre , geindre ou gemir ou pleurer , parfois ils jouent les fiers a bras en s'autoproclamant , entrepreneurs ,et puis finalement finio dans les bras de l'etat
le paysans serait donc un communiste comme un autre comme le titrait un edito de charlie hebdo
plutot que geindre , agissez arreteé passivité et docilité , la sorte de panurgisation du monde paysan est injquietant

oseille,

epouse d'agriculteur je touche 540 euros par mois pour 43 ans de travail mais combien de ferme peuvent se venter d'avoir ça de revenu par mois apres toutes ces heures au turbin,le probleme c'est que ça continue ,un jour pourra t on dire je bosse mais je vis de mon metier,ça n'en prend pas la tournure ,,pauvre France,si on pouvait mettre les décideurs au travail accepteraient ils nos conditions ,je n'en crois pas une syllable

ilnagro79@orange.fr

Et oui. On n'est pas/plus dans un monde de bisounours... Tant que le syndicat majoritaire agricole restera le syndicat de la filiere, les plus gros interets de la filière agricole primeront dans leur rapport de force face a la grande distribution...et pas toujours ... en faveur du producteur de base de denrées alimentaires brutes ...et neanmoins cela sans defendre l'idée de la primauté a l'entreprise familiale qui a aujourd'hui beaucoup trop de plomb dans l aile....

bou21

Bien dit fab ,y a rien à ajouter ,et aucune entreprises ou banques centre de gestion nous défendent ,ils nous disent simplement de baisser nos prélèvements privés parce qu'un salaire de 500 euros par mois c'est beaucoup trop .

1584

j'avais un peu senti venir le coup en disant que ceux d'avant avaient fait le grenelle de l'environnement, que les EGA seraient la même chose, et que la montagne accoucherait d'une souris. Mais les centrales d'achat ont aussi dû acheter quelques parlementaires pour faire capoter la construction du prix qui ne leur était pas vraiment avantageuse et ça , ça ne fait pas l'ombre d'un doute.

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