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En visite surprise au Sommet de l’élevage, Macron propose de construire des abattoirs

Pleinchamp avec l'AFP

En visite surprise au Sommet de l’élevage, Macron propose de construire des abattoirs
Emmanuel Macron au Sommet de l'élevage 2019 (©Régis Nandoux)

"Il n'y a pas de fatalité" : Emmanuel Macron s'est rangé "aux côtés" des éleveurs bovins en graves difficultés, leur proposant que l'Etat finance la construction d'abattoirs pour échapper à l'emprise du groupe dominant dans le secteur de la viande, accusé de maintenir des prix trop bas.

A peine arrivé le 4 octobre au Sommet de l'élevage, après trois heures de "grand débat" sur les retraites à Rodez la veille, le chef de l'Etat a assisté sur le grand ring du salon au concours inter-régional Salers. "Je voulais apporter un message d'amitié, la situation est difficile, je serai à vos côtés aujourd'hui et demain" a dit le président au micro. Alors que deux députés la République en Marche, Roland Lescure et Jean-Baptiste Moreau, ont été pris à partie et expulsés du Sommet le 3 octobre par des éleveurs dans une ambiance tendue, le président a rencontré à huis clos Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB) et Patrick Benezit, responsable de la FNSEA.

Il a ensuite parcouru les allées du salon en compagnie de Didier Guillaume en parlant aux exposants et au public. "Aidez-nous !", lui ont lancé plusieurs agriculteurs à son passage, "Donnez-nous des perspectives pour le monde agricole, car on a le sentiment que la société française ne veut plus de monde agricole". "On est mal, c'est le matraquage qui est dur, on a l'impression d'empoisonner les gens", lui a crié une éleveuse. "J'en peux plus non plus de l'agribashing", leur a répondu M. Macron.

"On est des couillons nous-mêmes"

Interpellé sur le Ceta, le président a renvoyé la balle dans le camp français. "Les difficultés qu'on a aujourd'hui n'ont rien à voir avec le Ceta !" a-t-il dit. "Notre problème aujourd'hui est que nous ne savons pas valoriser correctement ce qu'on produit". "On va devoir investir pour aider la filière, mais il faut que les producteurs s'organisent pour ne plus dépendre des gros acheteurs" a-t-il lancé en fustigeant la baisse du prix des broutards "de 15 à 20% en juillet".

"C'est à nous de nous réorganiser, d'investir (...) il n'y a pas de fatalité" a martelé le président qui souhaite "qu'on arrête" le système français tournant autour d'un seul acteur dominant dans le monde de la viande, le groupe Bigard. "Il y a un acteur qui vous achète la viande au prix le plus bas possible pour faire sa rentabilité, il faut qu'on arrête avec ce système" a-t-il dit. "On est des couillons nous-mêmes" a lancé le président.

M. Macron a proposé aux représentants de la filière bovine que l'Etat investisse dans des abattoirs "dans quelques bassins où les mecs sont prêts à se structurer", en utilisant le grand plan d'investissement agricole annoncé dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation. "Notre problème est que 70% de la viande qu'on mange dans les restaurants en France n'est pas française" a lancé le président. 

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Commentaires 8

la pibole

etre acteur dans la filière on a déjà fait avec SOCOPA
ça a fini par un gouffre financier et une revente à ...BIGARD

mort de rire

Depuis des décennies, presque tous les petits abattoirs locaux on disparu du fait de normes sanitaires de plus en plus élevées et d'économies d'échelle que peuvent faire les gros abattoirs industriels. Mr Macron croit qu'en construisant de nouveaux abattoirs, les couillons que nous sommes, d'après ses mots, pourront vendre leur viande à de bons prix … mais à qui?
L'éleveur restera propriétaire de sa viande jusqu'à la vente? et en cas de non vente, que se passe t'il?
Mr Macron, il faudra de vraies mesures pour sauver les couillons! mdr

Drogueda

On a le choix soit on continue de hurler après le système où Bigard et quelques autres règnent en maîtres ! Et dans 10 ans , on sera toujours danq la même situation ?
Soit les éleveurs se prennent en main en développant des filières courtes avec des acteurs locaux ( boucher , petites GMS ...) où le prix est défini en accord avec les différents partenaires.
Des modèles existent déjà sur ce modèle dans certains secteurs de France.
Mais vous avez le choix de vous prendre en main ou pas ! Et de croire à différenrs responsables syndicaux nationaux- qui ne font que d'aboyer depuis 10 ans et ils ont fait quoi : rien !
C'est tout le modèle qu'il faut changer !!

digue3942

des abattoirs sans paysans et des produits sans rémunérations , ça sert à quoi ????? PAROLES -PAROLES ......

Dan 44

Le président a oublié de dire que même dans les cantines des ministères ils servent des viandes d'importation !!!!!!
Cette affirmation vient d'une source sure !

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