FDSEA 14 : le monde agricole doit se remettre en mode « projets »

T.Guillemot

FDSEA 14 : le monde agricole doit se remettre en mode « projets »
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Comment répondre aux attentes sociétales ? Tel était le fil rouge des travaux annuels de la FDSEA lors de son assemblée générale qui s'est déroulée vendredi dernier.

Hommage de la FDSEA
A l'occasion de l'assemblée générale de la FDSEA 14, un hommage a été rendu envers deux figures discrètes mais néanmoins importantes du monde syndical départemental : MM. Decommer et Ecolivet.
Engagés très tôt dans l'activité syndicale, ceux-ci se sont investis pendant plus de 40 ans aux postes d'assesseurs au Tribunal Paritaire des baux Ruraux de Caen. Une présence reconnue par leurs pairs puisque ces personnes ont toujours été réélues à l'occasion des différentes élections de renouvellement aux TPBR. Un tel engagement, de longue date, forgé sous la férule de Jean Mouchel, où action forte alternait avec discussion et volonté d'avancer, ne pouvait être que signalé. D'autant que MM. Decommer et Ecolivet avaient également d'autres engagements locaux. La FDSEA 14 tient encore à adresser toutes ses félicitations et ses remerciements pour cet engagement et cette longue fidélité.

« Le monde agricole est désorienté. On n'a plus de balises et il est difficile, dans ces conditions, de se mettre en mode projets ». Dans son rapport d'orientation, Christophe Macé a surligné 4 grands sujets d'inquiétude : « les aides directes, la gestion de l'environnement, la gestion des risques et le fonctionnement de la chaine alimentaire ». Mais bien appréhendés, les sujets anxiogènes peuvent aussi être porteur d'espoir a démontré le président de la FDSEA du Calvados qui a tenu, vendredi dernier à Caen, son assemblée générale. « L'agriculture est fournisseur de bioénergie... Nous avons vocation à nourrir la planète entière alors il ne faut pas se focaliser sur les marchés de niche », a listé entre autres Christophe Macé. « Il faut être optimiste même si la réalité du quotidien est difficile » et d'inviter à écouter car « écouter, c'est apprendre des autres ».
Une sorte de mise en bouche pour François Attali, l'intervenant du jour, dont la mission consistait à apporter des réponses à cette question existentielle : « comment répondre aux attentes sociétales ?»
Une fenêtre historique
Et l'ancien directeur marketing du groupe Terrena d'évoquer « une fenêtre historique pour remettre l'agriculture au coeur des attentes sociétales de façon positive. L'alimentation reste le premier poste de dépense et les Français sont les Européens qui dépensent le plus en alimentation...» Une variable ajustable cependant avec un rapport de 1 à 3 dans le panier de la ménagère «avec le dernier samedi du mois plus difficile pour la grande distribution mais ce n'est pas vrai pour Paris intra-muros». Et de taper sur les médias qui «font le discours des riches, les médias aux mains de beau bio parisien. Ne créons pas de l'inflation alors que seuls 5 % des consommateurs sont prêts à payer plus. Quand les Français disent qu'ils veulent manger moins de viande, c'est moins de steak à faire cuire dans la poêle».
Dit autrement, c'est le bol alimentaire qui a changé avec un développement, depuis 1960 avec les plats préparés, des produits élaborés. Des produits qui ont toute leur place lors d'apéritifs dinatoires « où l'on picore et donc où l'on mange beaucoup plus contrairement à certaines idées reçues ».
Autre idée reçue battue en brèche, la viande, accusée de tous les maux. « La viande reste le premier poste de dépense alimentaire. Elle offre des perspectives de croissances importantes du fait de l'augmentation de la demande mondiale. Ne laissons pas le reste du monde s'emparer d'un marché immense ».
Changement de paradigme
Encore faut-il le faire en abordant la montagne du bon côté. « Il est urgent de penser pour demain et non plus pour hier. La nostalgie n'est pas le futur ». Ce demain, c'est par exemple 2,5 milliards d'Africains en 2050 « et c'est cette opinion publique qui aura le pouvoir », insiste notamment François Attali. « Ils ne vont pas vous demander du camembert au lait cru. La culture alimentaire de l'Afrique ou de l'Asie n'a rien à voir avec la nôtre ».
Maintenant on fait quoi ?
« Il faut faire des préoccupations sociétales le levier de la valorisation des produits agricoles. Il faut créer un référentiel de valeurs partagées permettant de mesurer la performance sociétale des produits issus de la production agricole ». Une façon objective de formaliser la qualité française et obliger les fournisseurs étrangers à utiliser ce même référentiel. Un système qui doit rester compatible avec la réalité économique de chacun tout en permettant aux uns de se différencier des autres. Et de conclure : « la matière première n'a pas de valeur. La valeur, c'est la transformation ». A 11 € le burger, effectivement, on peut le penser. Reste l'inconnue du changement climatique susceptible de faire bouger les populations et délocaliser les productions. Un autre changement de paradigme.

Source l'Agriculteur Normand

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