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Glyphosate : "les usages mineurs resteront autorisés"

Adèle Magnard

Glyphosate : "les usages mineurs resteront autorisés"
La production de lin textile a été identifiée par l'Inra comme une situation sensible en cas d'interdiction du glyphosate.

L’Anses doit statuer d’ici la fin de l’année sur les produits à base de glyphosate et les usages qui seront interdits en France. Par manque de données, les « usages mineurs » resteront autorisés, a fait savoir le directeur de l’Anses Roger Genet lors d’une conférence de presse au Salon de l’agriculture le 24 février.

Missionnée par le gouvernement, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) procède depuis plusieurs mois à l’évaluation des demandes de renouvellement des produits à base de glyphosate en France. « Nous devons statuer avant la fin de l’année sur les usages qui restent autorisés », indique Roger Genet, directeur général de l’Anses. Fait singulier : les produits qui seront interdits ne le seront pas en raison du risque sanitaire qu’ils engendrent, mais parce qu’il existe des alternatives non chimiques pour les remplacer. Une situation anodine, mais qui est bien prévue par le règlement européen entourant la mise sur le marché des produits phytos, explique Roger Genet : « Le gouvernement nous a demandé d’activer l’article 50.2 du règlement européen n°1107/2009, qui stipule que s’il existe des alternatives non chimiques d’usages courant sans impact technique et économique majeur, on peut ne pas délivrer d’AMM [Autorisations de mise sur le marché, NDLR] ». Selon le directeur de l’Anses, jamais cet article n’avait été activé auparavant pour d’autres produits.

« Nous avons 25 demandes d’AMM en cours, précise Roger Genet. Pour étudier ces demandes, nous nous appuyons sur les rapports d’expertise de l’Inra sur les méthodes alternatives afin d’identifier les impasses ». C’est sur cette base de travail que l’Agence déterminera, d’ici la fin de l’année, les produits pour lesquels les usages resteront autorisés. « Ce travail est réalisé en arboriculture, en viticulture, en grandes cultures, pour la forêt et pour les usages non agricoles », poursuit Roger Genet. Les usages mineurs ne sont pas étudiés, par manque de données. « En clair, ils resteront autorisés », fait savoir le directeur de l’Agence.

En sursis en Europe aussi

Pour les usages « majeurs », rien n’est encore fixé. Mais des impasses avaient déjà été pointées par un rapport de l’Inra, parmi lesquelles les terrains de vignes et vergers en forte pente, les parcelles menées en agriculture de conservation (un usage que  le ministre de l’Agriculture soutient d’ailleurs publiquement), la production de semences ou encore la gestion des adventices invasives, toxiques ou allergisantes.

Dans le cadre de la réévaluation de la substance active au niveau européen, l’Anses devra livrer un rapport d’évaluation « d’ici juin 2021 ». La décision de renouvellement ou non doit être prise avant décembre 2022. « Nous avons également fait travailler un comité d’expert sur la cancérogénicité du glyphosate et sur les données disponibles, ajoute Roger Genet. Les résultats de génotoxicité sont attendus pour début 2021, pour qu’ils puissent être pris en compte dans l’évaluation de la substance active ».

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