« J'ai perçu la peur des agriculteurs vis-à-vis des médias »

J. Pertriaux

« J'ai perçu la peur des agriculteurs vis-à-vis des médias »
Geneviève de Sainte-Marie vit à Saint-Rémy (14) où elle organise, avec l'association régionale des Agros, présidée par Véronique Le Deunff, la retransmission de la conférence-débat organisée par l'amicale des anciens de l'Agro ParisTech. DR - © JP

Mardi 20 novembre, Geneviève de Sainte-Marie organise une retransmission à Saint-Rémy (14) d'un débat national. Le thème : les médias aiment-ils l'agriculture ?

En pratique
Mardi 20 novembre, de 19 h à 21 h, débat retransmis salle des Fosses
d'enfer, à Saint Rémy. Un buffet sera partagé à l'issue de la conférence pour
poursuivre les échanges. Participation aux frais : 10 €.
Inscriptions avant le 15 novembre, en ligne sur le site Les mardis du quai
Voltaire : https://www.uniagro.fr/agenda/les-mardis-du-quai-voltaire-les-medias-
aiment-ils-l-agriculture-5474-5502-5503.
Contact : Geneviève de Sainte-Marie
geneherpinsm@gmail.com - 06 84 63 30 94

Geneviève de Sainte-Marie est retraitée des Haras nationaux. Elle a aussi travaillé pendant  Deux ans au ministère de l'Agriculture, à la direction générale de l'alimentation. Mais, avant tout, elle est diplômée de Paris Grignon. Elle opère au sein d'Agro ParisTech Alumni : l'amicale des anciens programmes des conférences-débats, quai Voltaire à Paris. Mardi 20 novembre, Geneviève de Sainte-Marie organise une retransmission à Saint-Rémy (14), où elle réside. Le thème : les médias aiment-ils l'agriculture ?

D'où vient l'idée du thème : Les médias aiment-ils l'agriculture ?

Nous n'avons pas eu de déclic particulier, l'idée est venue en comité de pilotage Alumni. Nous avons réfléchi au sujet. Les ingénieurs agro aiment travailler le vivant, donner des clefs pour comprendre. Nous sommes ouverts aux différents points de vue. Nous espérons, à l'issue du débat, que des pistes sortiront. Par exemple, à la fin de la conférence sur le thème « Le bien-être animal est-il compatible avec l'élevage ? », deux intervenants aux idéologies très différentes,  s'accordaient pour lutter contre les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon), qui investissent dans les protéines animales de synthèse. Tout n'est pas noir ni blanc.

On entend dans la campagne que les vegans prennent une place énorme dans la presse, que cela nuit aux filières viande. Est-ce un thème qui sera abordé le 20 novembre ?

La médiatisation du vegan pourrait être abordée comme un bon exemple : pourquoi le mouvement vegan prend-t-il cette place ? Est-ce à l'initiative personnelle des journalistes ? Car, quel que soit le sujet, il faut quand même une audience. Comment fonctionne l'audience ? Comment communiquer en parallèle ? Après la conférence sur le même bien-être animal, j'ai été contactée par un journaliste de Sciences et avenir. Il voulait rencontrer des éleveurs. Je l'ai emmené avec moi dans le secteur. J'ai perçu la peur panique des agriculteurs vis-à-vis des médias, voire même de leurs voisins. Cela a en partie initié la démarche d'inviter le débat en Normandie.

En partie ?

L'idée me tient à cœur : il existe un décalage entre les réflexions parisiennes et la vie en province. Des incompréhensions qui existent dans plein de domaines. Mais il y a beaucoup à prendre des deux côtés. Je sais aussi qu'il n'est pas simple de se rendre à Paris, les trains ne sont pas fiables, il faut du temps et des moyens. Alors, nous utilisons la technologie pour combler ces fossés.

Quels moyens techniques sont mis en place ?

Le débat est en direct sur la page Facebook live d'Alumni. Nous le retransmettons sur grand écran dans la salle des Fosses d'Enfer, qui vient d'être équipée d'une ligne ADSL. Le maire de la commune est enthousiaste. Nous avons utilisé la méthode lors d'une précédente séance à Paris, sur l'alimentation, car la salle du quai Voltaire était complète. Normalement cela doit marcher. Nous allons réaliser plusieurs essais. La technique doit être au service des projets.

Les Normands pourront-ils interroger les intervenants ?

Nous ne serons pas en duplex mais, oui, les gens dans la salle pourront poser leurs questions. Nous les enverrons par mail à Paris. Une personne sur place se chargera de les regrouper et de les transmettre à l'animatrice du débat. Des temps d'échanges sont prévus pour chaque thème abordé. Nous attendons à Saint-Rémy 50 à 100 personnes, des ruraux, des Agros
et des citadins. J'espère en particulier que les agriculteurs viendront.

Source l'Agriculteur Normand

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Commentaires 1

Baba

La TV et les radios n'ont plus la déontologie qui existait naguère. Leur souci n'est plus de faire des reportages honnêtes mais FAIRE DE L' AUDIENCE. A partir de là, les agriculteurs
non bio sont des pollueurs, empoisonneurs etc... Aucun dialogue honnête! Il faut faire des
reportages à charge (pesticides,bien être animal...). L' agriculteur d'aujourd'hui est totalement disqualifié par les médias.Quand on souvient des reportages faits sur LA VACHE FOLLE qui devait faire des milliers de morts entre 2000 et 2020, la TV a surtout agité des
peurs infondées et conduit certains éleveurs au suicide. Aujourd'hui le sujet est TABOU.

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