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L’« agribashing » en débat

Adèle Magnard

L’« agribashing » en débat

Alors que le ministre de l’Agriculture a décidé de créer un "observatoire de l’agribashing", l’usage de ce terme fait débat. La profession doit-elle ou non l’utiliser ? Et que signifie-t-il réellement ?

Le terme « agribashing », inconnu il y a quelques années, est apparu récemment dans le débat public. Il est utilisé pour dénoncer les propos à charge contre l’agriculture : émissions, articles, reportages ou toute autre forme de communication rendant l’agriculture et les agriculteurs responsables de nombreux maux (pollution, réchauffement climatique, inondations, etc.). 

Le ministre de l’Agriculture a repris ce terme la semaine dernière pour parler des actes de malveillance envers les agriculteurs. Il a d’ailleurs annoncé vendredi dernier le lancement d’un « observatoire contre l’agribashing », testé dans un premier temps dans la Drôme. Pour Didier Guillaume, l’élément déclencheur a été  l’agression physique d’un agriculteur en train de traiter ses cultures en mars dernier dans l’Ain. Interviewé lundi sur Cnews, le ministre s’est déclaré « inquiet » des agressions qui se multiplient à l’encontre des agriculteurs. 

Mais peut-on réellement parler d’agribashing pour ces actes de malveillance, que ce soit des agressions verbales ou physiques, des vols, des intrusions dans les exploitations, des pressions psychologiques ? Utilisé dans ce sens, le terme fait réagir. Selon Rémi Mer, consultant auprès des organisations professionnelles agricoles, ce terme n’est pas la bonne entrée pour analyser la relation entre agriculture et société. Dans un  entretien à l’APCA, il juge par exemple que l’agression physique d’un agriculteur ainsi que son écho médiatique « font partie de ce qu’on appelle à tort agribashing ».

« Cette actualité a pris une dimension démesurée dans les médias grâce à la puissance des réseaux sociaux mais elle n’est absolument pas représentative des relations entre les agriculteurs et la société », estime-t-il. 

Du dénigrement à la communication positive

Les sondages montrent en effet que les français aiment les agriculteurs. En revanche, le consultant rappelle que de nombreuses associations écologistes cherchent à identifier des responsables. « Compte tenu de la visibilité de leur activité et de leur emprise sur le territoire, les agriculteurs sont en première ligne et peuvent être la cible d’actions menées par ces organisations, explique Rémi Mer. Ces organisations prennent l’opinion publique à témoin par médias interposés ou en s’appuyant sur les réseaux sociaux ; elles somment les élus de tous niveaux à prendre position. In fine, elles arrivent à mettre leurs problématiques sur l’agenda médiatique et politique ; c’est leur objectif »

Sur les réseaux sociaux justement, et notamment sur Twitter, le débat autour de la question d’utiliser ou non le terme « agribashing » ne manque pas de faire réagir les agriculteurs et les professionnels du monde agricole. Certains plaident pour substituer la dénonciation de l’agribashing à la « communication positive », à l’information auprès des citoyens. 

D’autres proposent une traduction française du terme : 

Sans oublier l’humour !

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Commentaires 2

POTEAU3716

et les premiers acteurs de l'agribaching en sont tout simplement les medias de ce pays ( tv et journaux ) qui attaque systematiquement l'agriculture a charge dans tout les reportages que l'on voit . il n'y a pas une semaine sans une emission tv qui en recolle une couche . c'est du bourrage de mou

badlnpn

Prendre le pire exemple pour en faire une généralité, tronquer le bon pour ne ressortir que
l' excès et accuser sans discernement une profession et ses filières, n' est autre qu' une
forme de diffamation feutrée sous couvert d' informations orchestrée par certaines
organisations peu démocratiques.

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