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La pyramide des âges fait de l’ombre à la démographie agricole

Raphaël LECOCQ

La pyramide des âges fait de l’ombre à la démographie agricole

En 2018, le nombre d’exploitants a baissé de 1% tandis que le nombre d’installations a reculé de 2,8%. Point positif : le taux de maintien en activité dans les six ans suivant l’installation atteint 80%.

Une pyramide inversée : tel est le profil de la démographie agricole. Dans ce contexte, difficile de contrarier l’érosion presque inexorable du nombre de chefs d’exploitation. Et pourtant, l’année 2018 marque un accès de résistance, avec un taux de remplacement tutoyant les 85%, quand il plafonnait à 71,1% en 2017, 77,1% en 2016 et 74,6% en 2015, selon les services statistiques de la Mutualité sociale agricole (MSA). En 2018, la France métropolitaine comptait ainsi 448 500 chefs d’exploitation, d’un âge moyen de 49,1 ans pour les hommes et de 51,7 ans pour les femmes, en légère baisse dans les deux cas.

La baisse des effectifs affecte en premier lieu l’élevage laitier (-4,8%) et la grande culture (-1,6 %). La viticulture ainsi que de bovins, ovins, caprins en viande sont également en recul. En tête des hausses figurent les équidés (+7,8%), les cultures spécialisées (+1,4%), la polyculture-élevage (+0,2%) ainsi que les entreprises de travaux agricoles et paysagistes (+1,5%). La superficie moyenne par exploitant a augmenté de 0,2 hectare pour atteindre 56,1 hectares.

Les installations en baisse de 2,8%

Toujours selon la MSA, les installations ont baissé de 2,8% en 2018, après une hausse de 1,2% en 2017. La baisse est le fait des installés tardifs, autrement dit les plus de 40 ans (-5,3%) alors que le nombre d’installés de 40 ans et moins progresse de 0,5%. Un peu plus de deux jeunes installés sur trois (68,8%) sont éligibles aux dispositifs d’aide à l’installation. Les régions Ile-de-France (+ 8,6 %) et Corse (+ 7,8 %) s’avèrent les plus dynamiques. A l'inverse, les régions Centre-Val de Loire (- 9,4 %) et Pays de la Loire (- 9,0%) connaissent un recul des installations. A l'échelle départementale, les installations présentent un caractère dynamique dans l'Aisne (+ 63,8%), le Lot (+34,%), la Seine-et-Marne (+21,6%) et les Alpes-Maritimes (+21,3%). A contrario, le nombre d'installations chute dans le Territoire de Belfort (-44,4%), la Côte-d'Or (-42,4%), la Nièvre (-32,7%) et la Meurthe-et-Moselle (-32,7%).

35,6 ha, 30,6 % de femmes, 55% en société

Chez les jeunes installés, la surface moyenne s’établit à 35,6 ha (37,1 ha en 2017) contre 25,3 ha chez les installés tardifs (26,8 ha en 2017), hors transfert entre époux. Le taux de féminisation pour l'ensemble des installés est de 40,2% (contre 40,1% en 2017). Il est de 30,6% chez les 40 ans et moins contre 54,1% chez les plus de 40 ans, hors transfert entre époux. Depuis 2005, l'installation sous forme sociétaire est devenue majoritaire chez les jeunes installés et se stabilise entre 55 et 57% de 2012 à 2017. En 2018, 55,4% des jeunes s'établissent en société avec une prédilection croissante pour les GAEC et les EARL (respectivement 25,7% et 17,5% des installations).

 Taux de maintien de 80% après six ans

Environ 80% des chefs d'exploitation installés en 2012 le sont encore en 2018, ce qui dénote d’un fort taux de maintien selon la MSA. Il est extrêmement élevé pour les jeunes (87%). Il est significativement plus faible pour les installés de plus de 40 ans, indicateur qui inclue les départs en retraite) : 69,1% pour les installés hors transfert et 57,5% pour les installés suite à un transfert entre époux. Le taux de maintien varie sensiblement selon l'orientation de l'exploitant. Pour l'élevage bovins-mixte, 96,1% des jeunes installés de 2012 sont toujours exploitants agricoles en 2018 mais pas forcément dans la même filière. Viennent ensuite, dans l'ordre décroissant du taux de maintien, les éleveurs bovins-viande, les éleveurs porcins, les céréaliers, les agriculteurs pratiquant la polyculture-élevage, les éleveurs bovins-lait. Le maraichage et la floriculture ferment le banc avec 70,7%.

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