Loire-Atlantique - Le tweet du cœur

Delphine Bisson

Loire-Atlantique - Le tweet du cœur
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Magaly et Bruno Bioret ont reçu, la semaine dernière, des menaces verbales. Choqués, les exploitants ne veulent pas vivre dans la peur et souhaitent une prise de conscience sur la pression que subissent les agriculteurs. Témoignage.

En postant son tweet, jeudi 1er novembre, Magaly Bioret, agricultrice à Nort-sur-Erdre, ne s’attendait pas à une telle reprise médiatique. « Je pense que nous avons ouvert les vannes. Beaucoup se sont sentis concernés par ce que nous avons vécu. Nous avons parlé car il faut que ça cesse.» Le sujet du tweet ? La menace d’être chassé à coup de fusil. Les mots sont forts mais c’est bien ceux que Magaly et son mari Bruno ont entendu, mercredi soir dernier, lorsqu’ils ont décroché leur téléphone fixe : « Vous n’en avez pas assez d’épandre des pesticides. […] Le prochaine fois que je vous vois dans les champs, je vous chasserais à coup de fusil. […] Je vous ai vu aujourd’hui, je connais votre matériel », se rappellent les exploitants, qui ne comprennent pas la violence de ces propos.
« Nous avons essayé de lui parler, de savoir pourquoi il disait cela. Nous n’épandions même pas, nous semions du blé ! », poursuivent Magaly et Bruno. Parler, communiquer, Magaly et Bruno savent le faire et en ont envie. « Nous sommes très ouverts et nous avons envie de communiquer sur notre métier. Le consommateur est mal informé et il nous semble indispensable de lui expliquer ce que nous faisons. Nous sommes dans une démarche positive. » Sûrement pour éviter des réactions comme celle-ci ? Oui, répondent les agriculteurs qui pensent qu’aujourd’hui que le citoyen est noyé d’informations contradictoires qui ne représentent pas la vérité du métier.
« Les gens ont tellement peur qu’il y a une frénésie qui monte. Ca va trop loin. » Alors la vérité, ils la racontent. Sur les réseaux sociaux et autour d’eux. Dans leur exploitation, c’est la même chose, ils sont à la recherche d’alternative, n’hésitent pas à travailler de nuit, communiquent avec leurs voisins par SMS, etc. « On fait de notre mieux au quotidien. On nourrit les gens, on est passionnés par notre métier. Non, vraiment nous ne méritons pas ça. »
Des débats constructifs
Le couple, sous le choc, est allé déposer une main courante. « Aujourd’hui, oui j’ai peur, témoigne Magaly. Quand mon mari va sortir travailler de nuit, je ne veux pas avoir la peur qu’il ne rentre pas. Qu’avons nous fait de mal ? » Pour la plupart des personnes qui ont lu le tweet de Magaly : rien à part leur métier. On ne compte plus le nombre de commentaires et de partages de son tweet. Agriculteur, citoyen, engagé, issu ou pas du monde agricole, certains soutiennent, d’autres critiques, quelques-uns entament le dialogue, mais aussi beaucoup témoignent sur une situation similaire vécue dans leur exploitation, une peur partagée. « Nous avons osé parler. Il faut nous écouter, écouter les agriculteurs et c’est l’occasion pour tous de s’exprimer. Nous espérons des débats constructifs qui feront bouger les choses. Nous devons retrouver un climat apaisé. », concluent les exploitants.
Soutien
La FNSEA 44 a envoyé cette semaine un courrier à la Préfète de Loire-Atlantique pour l’interpeller sur la situation que vivent les agriculteurs. La FNSEA 44 va également se porter partie civile.
 

Une histoire folle racontée par Bruno et @MagalyBioret : ils ont été menacés... Alors qu'ils semaient du blé ! Le voisin leur a dit vouloir prendre son fusil en cas de nouveau traitement #pesticides. Question sous-jacente, comment freiner cette psychose anti activité agricole ? https://t.co/lCGYDuSSTC

— Jeandey (@AntoineJeandey) November 3, 2018

 

Tous agriculteurs sont avec Vous!

— Christian Daniau (@DaniauChristian) November 1, 2018

 

Source Agri44

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