Nicolas Hulot au gouvernement : « c’est peut-être une bonne chose » pour Bernard Lannes (CR)

Lise Monteillet

Nicolas Hulot au gouvernement : « c’est peut-être une bonne chose » pour Bernard Lannes (CR)

La Coordination rurale vient d’être reçue par Jacques Mézard, le ministre de l’Agriculture, afin de nouer un premier contact. Elle espère maintenant rencontrer Nicolas Hulot.

« Il a les semelles dans la terre, une vision rurale qui nous convient », déclare Bernard Lannes, le président de la Coordination rurale, au sujet de Jacques Mézard. Le syndicat a rencontré pour la première fois le ministre de l’Agriculture, le 23 mai. La Coordination rurale a par ailleurs sollicité un rendez-vous avec le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot. « Ségolène Royal, dans le gouvernement précédent, nous avait blacklistés complètement. L’arrivée de Nicolas Hulot, c’est peut-être une bonne chose », explique Bernard Lannes.

Pour le président de la Coordination rurale, « l’agriculture et l’écologie doivent travailler ensemble ». Ce dernier souhaite ainsi en finir avec le quinquennat précédent et le « système frontal » qui aurait conduit à faire passer les agriculteurs pour « des empoisonneurs et des destructeurs de la nature ».

Parler écologie de façon « pragmatique »

Plusieurs sujets au carrefour de l’agriculture et de l’environnement ont été abordés avec Jacques Mézard. Sur la question de la gestion de l’eau, « on peut parler écologie de façon pragmatique. Il est possible de maîtriser nos réserves en eau grâce à des petits projets qui s’intègrent bien dans le paysage, comme des lacs sur des bassins versants », souligne Bernard Lannes.

Concernant les ravages causés par les rats taupiers, le président de la Coordination rurale espère beaucoup d’un « produit allemand en cours d’homologation » qui pourrait aider les agriculteurs à se protéger. En ce qui concerne le loup, Bernard Lannes invite Jacques Mézard à s’inspirer de l’exemple espagnol. « Les Espagnols ont maillé le terrain. Là où il y a du pastoralisme, il n’y a plus de loup. Il y a des tours d’effarouchement. Des agriculteurs et des employés municipaux peuvent tirer sur le loup », explique-t-il.

Pas d’écologie sans prix rémunérateurs

Le président de la Coordination rurale estime que « l’écologie en agriculture découlera forcément de l’économie ». D'où la nécessité de retrouver des prix rémunérateurs. La Coordination rurale juge donc d’un très bon œil l’organisation prochaine d’États généraux de l’alimentation. Il s’agit là d’un « très bon rendez-vous », selon Bernard Lannes, qui insiste pour « aller au bout de la transparence dans les marges », afin que le consommateur puisse réaliser ses achats en toute connaissance de cause.

Un consommateur qui est de plus en plus tenté par l’agriculture biologique. Concernant ce secteur, le syndicat milite pour « un plan quinquennal », ainsi qu’une « entrée progressive dans l’agriculture biologique ». Cela doit permettre, selon Bernard Lannes, d’augmenter la production en adéquation avec la consommation, afin de maintenir un certain niveau de prix au producteur.

Des agriculteurs « harcelés » par les contrôles 

La Coordination rurale et Jacques Mézard ont enfin évoqué le cas de l’agriculteur qui a été abattu par des gendarmes en Saône-et-Loire, suite à un contrôle. Les agriculteurs se sentent « harcelés » par les contrôles selon le représentant syndical. « Avec une crise sans précédent et le mille-feuilles d’une réglementation ubuesque, personne n’est en règle », estime-t-il. « Il est grave d’envoyer la force publique avec des contrôleurs pour régler un problème qui est récurrent depuis plusieurs années. On aurait pu éviter ce geste malheureux » affirme Bernard Lannes. 

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Commentaires 1

duracuire

cher président de la CR ! tu as du rester trop au soleil avant de voir "Hulot"...met un chapeau avant ...protége toi !!!!

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