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[Paroles de citoyens] "L’agribashing, c’est insupportable"

Raphaël Lecocq

[Paroles de citoyens] "L’agribashing, c’est insupportable"

Consultant en informatique à Paris, Axel est bien au fait des débats agricoles et tout en bienveillance à l’égard des agriculteurs. Il prône une transition en douceur des systèmes agricoles et alimentaires, dénonçant la facilité des postures radicales.

États généraux de l’alimentation, Haute valeur environnementale, agribashing : tous ces sujets parlent à notre visiteur du jour, parisien depuis sa plus tendre enfance, consultant en informatique. Et pourtant, Axel n’a pas de connexion particulière ou partisane avec le monde agricole. Mais il n’est pas déconnecté. Et encore moins hors-sol. « Je ne connais pas l’agriculture », déclare-t-il, avec une modestie non feinte. « Mais j’aime la viticulture et le vin, c’est par ce biais que je suis sensible aux enjeux agricoles ».

"La radicalité, c’est trop facile"

On creuse. Les EGAlim ? « Mon sentiment, c’est que les distributeurs s’en sortent plutôt bien et que les États généraux de l’alimentation n’ont rien apporté aux agriculteurs. C’était un moyen de les endormir pour gagner du temps. Personnellement, je suis très sensible aux initiatives qui nous relient directement aux producteurs, comme la "Ruche qui dit oui" ou "C’est qui le patron". Mais je reconnais avoir les moyens de payer un peu plus cher mes produits alimentaires ».

L’agribashing, Axel a découvert le terme à travers des reportages à la télé. « C’est insupportable », tranche-t-il. « La radicalité, c’est trop facile et ce n’est pas la bonne réponse. La transition, ça prend du temps, aussi bien pour les producteurs car on touche aux systèmes économiques que pour les consommateurs car on touche à l’éducation. On a été bercé de mauvaises habitudes alimentaires avec des bilans carbone monstrueux parce que l’on n’était pas éduqué. Moi, je considère encore ne pas être éduqué. J’ai arrêté de manger des fraises en hiver il n’y a pas si longtemps ».  Mais notre amateur de vin ne s’interdit pas de déguster, de temps à autre, une bouteille en provenance de contrées lointaines, hautement titrée en carbone...

"Merci aux phytos pendant 40 ans"

Si Axel avoue un penchant pour la bio, pas de radicalité à cet endroit non plus. « La bio, ce n’est pas une réponse à tout », juge-t-il. « Balancer du cuivre dans la vigne, aujourd’hui, on considère que c’est une bonne réponse mais demain, on dira peut-être non ».

En matière de transition, Axel croit dans l’innovation et voit dans la certification Haute valeur environnementale (HVE) un bon compromis pour emmener le maximum de monde sur le chemin de la transition. « Pendant 40 ans, on a quand même été nourri grâce aux phytos ». Axel a dit « phytos » et pas « pesticides ». Tout un symbole.

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Commentaires 9

Jeff

Samedi à la télé j ai trouvé que Christiane lambert disait plein de choses de bon sens
Les journalistes semblaient surpris lorsqu'elle évoquait que les demandes dites societales avaient un coût
Nous sommes pris pour des bourins qui sous prétexte des aides devrions être vertueux selon la dite société
La communication étatique a volontairement oublier leterme compensatoire
Or les charges ne cessent d augmenter alors qu on nous a mis dans la mondialisation or cette compensation reste indispensable voilà l'arnaque

Lapin joyeux

ça fait du bien ! merci

Sylvie

Laruche qui dit oui, finalement un site qui met en relation consommateur et producteur et à ce titre il prend 20% de marge minimum, or une coop par exemple elle collecte, stocke, trie, expédie, assure mais n'a pas de telle marge
Pour le site bon business pour être devant un ordinateur
C'est tout le baratin actuel

foison 70

merci pour le bon sens
enfin une note positive. ils nous en faudra encore d'autre pour remotiver les troupes.
encore merci

Barrois 10

Un témoignage intéressant, qui nous montre enfin que certains citoyens très éloignés de nos campagnes ne sont pas forcément des bobo écolo. Les réponses apportées sont pleines de bon sens, et on sent qu'Axel n'est pas un consommateur sans réflexion... J'espère qu'ils sont nombreux comme lui, et que nos chers médias les mettront en avant.

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