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Plus de quatorze heures d'une visite bon enfant pour Macron au salon de l'agriculture

Plus de quatorze heures d'une visite bon enfant pour Macron au salon de l'agriculture

Durant près de quatorze heures trente de visite au salon de l'Agriculture samedi, soit plus d'une heure de plus que l'an dernier, Emmanuel Macron, a plaidé pour une Europe qui retrouve sa "souveraineté alimentaire", au milieu d'une foule de visiteurs et d'agriculteurs largement bienveillants.

Arrivé à 8h47 à la porte de Versailles, le chef de l'Etat s'est employé à rassurer un monde agricole toujours inquiet en promettant une Politique agricole commune (PAC) "réinventée" qui assure la "souveraineté alimentaire, environnementale et industrielle" de l'Europe. Il en est reparti à 23h27. A trois mois des élections européennes et en pleine renégociation de la PAC, c'était l'occasion pour M. Macron de faire partager sa vision d'une politique qui protège les agriculteurs comme les consommateurs des grandes puissances agricoles mondiales, Chine, Russie et Etats-Unis. 

"On va attendre les actes, mais il semble avoir compris la problématique agricole", a réagi Samuel Vandaele, du syndicat des Jeunes Agriculteurs. Al'inverse, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a dénoncé le "discours mensonger" du président qui "s'est bien gardé d'expliquer que son grand projet de +PAC ambitieuse+ est en totale opposition avec la réforme actuelle portée par Berlin et Bruxelles". Craignant eux aussi une baisse des aides agricoles européennes, Les Républicains ont plaidé samedi pour "un maintien du budget de la PAC". Le commissaire européen à l'Agriculture, l'irlandais Phil Hogan, a affirmé à l'AFP "partager beaucoup" de la vision d'Emmanuel Macron, "en particulier sur les revenus des agriculteurs, la transition écologique et la modernisation" de la PAC.

Visiblement ravi d'être là, Emmanuel Macron a ensuite parcouru lentement les allées, s'arrêtant pour discuter à chaque pas, au point de prendre très vite plusieurs heures de retard sur son programme. L'ambiance de ces échanges improvisés, le plus long bain de foule du chef de l'Etat depuis la crise des "gilets jaunes", est restée très bon enfant, ponctuée de nombreux applaudissements et encouragements, même si ça et là ont 
fusé quelques sifflets et des "Macron démission". Quelques "gilets jaunes" qui tentaient de s'approcher, dont la figure du mouvement Eric Drouet, ont été maintenus à distance par les nombreuses forces de sécurité.

Flexitarien sans le savoir

Alternativement, face à "l'impatience" de nombreuses filières, M. Macron a défendu sa loi alimentation, qui vise à augmenter le prix payé aux agriculteurs et répondu à des demandes tous azimuts, comme celles d'un retraité handicapé ou d'un éboueur d'origine tunisienne, qui lui ont confié leurs déboires avant de lui tomber dans les bras. Un éleveur lui a offert un chevreau, Désiré, qui rejoindra les deux poules de l'Elysée adoptées lors du salon 2018. Il a aussi pris dans ses bras l'agneau Pelote tendu par un éleveur poitevin. Il a aussi promis à des éleveurs des Pyrénées que le gouvernement allait "réguler" la population des loups ou des ours de manière "pragmatique". Tombant la veste, il a passé trois quarts d'heure au stand de l'interprofession du lait, écoutant les professionnels lui raconter leurs difficiles négociations avec la grande distribution et la concurrence extra-européenne. 

Parmi ses leitmotivs, il a promis de prendre des mesures pour empêcher la disparition de terres agricoles au profit de zones commerciales, alors que les jeunes ne parviennent pas à s'installer faute d'accès à la terre. "Il faut vendre à des nouveaux plutôt qu'au voisin", a-t-il lancé, rappelant sans cesse qu'un agriculteur sur deux prendra sa retraite dans les 5 ans. Il a aussi été séduit par l'initiative "intelligente" de la filière bovine qui rénove son image en faisant campagne pour le régime flexitarien, autrement dit une consommation de viande moindre mais de meilleure qualité. Le chef de l'Etat s'est même dit, en souriant, flexitarien "sans le savoir". 

Il s'est ému de la démarche de Patrick Maurin, élu de Marmande (Lot-et-Garonne), qui lui a fait part de la détresse du monde agricole où un agriculteur se suicide tous les deux jours. 85% des Français ont une bonne opinion des agriculteurs, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et le Figaro, mais le secteur ne fait pas rêver les jeunes. Après de longues haltes aux stands des producteurs de lait, de viande bovine, porcine, de vins, de fruits et légumes et de céréales, il devait terminer sa visite comme l'an dernier chez les brasseurs. Le salon, qui dure neuf jours, attend entre 650.000 et 700.000 visiteurs.

Source AFP

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Commentaires 10

gilles

panurge79, convertissez le prix d'un tracteur, l'évolution des charges, le foncier en nombre de quintaux ou de litres de lait, la régression du chiffre d'affaire à l'hectare vous verrez qu'il y a beaucoup de raison d'être défaitiste.
si rien ne change dans l'ajustement des prix vous verrez dans 35 ans si un jeune aura pu"capitaliser" autant.
libre à vous d'être aveugle, combien d'agriculteurs acceptent ou encouragent que leurs enfants fassent autres choses (pourtant céder à un autre plus gros est un arrache coeur)
l'abandon d'une politique agricole consistante a des effets insidieux sur le long terme, aujourd'hui, les gains de productivité sont spoliés rapidement par la "demande sociétale"; agri et boucher en même temps.

Te

Le jour où tous les agriculteurs boycottron le salon au lieu de permettre au politique faire leur campagne et ensuite ce plaindre d avoir un revenu de 400 euros par mois les dirigeant de tous bord prendront peut être la mesure du problème.

Panurge79

@Gilles.Quand je me suis installé avec mon épouse, il y a 35 ans, en élevage bovin, ovin et volailles, dans des coteaux exclus à l'époque des zones défavorisées, alors que nous avions un emploi sûr et un salaire correct, j'entendais ce même discours décourageant et défaitiste. Nous avons correctement élevé notre famille avec une qualité de vie dont nos enfants sont reconnaissants, et ce serait à refaire, nous le referions. Il faut simplement aimer son métier et relever des défis !

gilles

jeunes fuyez ce métier d'esclave où la demande sociétale inventée veut commander dans les fermes où la france acculée par sa dette abandonne son agriculture où la politique agricole ne voit que par le bio alors que la rue crie en jaune où déjà le bobo trouve cher le bio où la politique agricole européenne est trouble et conduit à affaiblir la france agricole;
fuyez ce métier car les annuités empêchent de dormir et l'Ukraine produit à moindre coût.
fuyez ce métier car votre épouse n'endurera pas votre bas salaire.

beberino

macron est un sorcier il tourne la pensé des gents
15 h de présence et pas un siflé pas une protestation!!!
un agriculteur se pend tout les jours ,des centaine font faillite chaque année faute d une politique agricole médiocre!

-mais apparament tout vat bien!!! bravo!!!


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