anonymous

Protéines : les recettes du think tank AgriDées

Raphaël Lecocq

Protéines : les recettes du think tank AgriDées

Des aides couplées pour les surfaces en herbe, un effort génétique en colza et légumineuses, un recours encadré aux coproduits animaux et insectes : telles sont les pistes avancées par le laboratoire d’idées pour réduire les carences de l’Union européenne en protéines végétales.

1,4 g/kg/j

En France, la consommation par habitant est de 1,4 g de protéines par kg de masse corporelle par jour, ce qui est supérieur aux recommandations nutritionnelles(0,8 g/kg/j), selon AgriDées. Actuellement, l’origine animale représente 70% des apports protéiques chez les consommateurs, et la tendance est à un rééquilibrage avec l’origine végétale. Cependant, supprimer totalement les protéines animales peut induire un risque de carences, surtout chez les plus jeunes (en croissance) et les personnes les plus âgées (avec un déficit d’assimilation). Chez l’adulte, l’absence de sources animales dans l’alimentation engendre des carences en fer. Les protéines animales sont plus riches en acides aminés indispensables, plus facilement digestibles, et les sources animales contiennent moins de facteurs antinutritionnels que les sources végétales de protéines

37 % : c’est le déficit de la France en protéines végétales, selon le ministère de l’Agriculture. La France a donc largement recours à l’importation pour satisfaire les besoins de l’alimentation animale en protéines végétales. Le salut ne vient pas de l’Union européenne où le déficit atteint 65 %. Dans le cadre du projet de réforme de la Pac 2021-2027, le laboratoire d’idées AgriDées, indépendant et apolitique, et dont les origines remontent à 1867 (ex-Société des agriculteurs de France), soumet ses pistes de réflexion.

Etat des lieux en France

« Doit-on rappeler que pour l’élevage, notamment bovin, l’herbe est la première source de protéines », rappelle AgriDées. En France, l’élevage consomme annuellement 110 millions de tonnes de matières sèches pour son alimentation, dont 71% de fourrages, 13% de matières premières en l’état (y compris autoconsommation) et 16% d’aliments composés industriels. En 2017, la production d’aliments composés en France a été de 20,6 M t, dont 8,5 pour les volailles, 5 pour les porcs, 5 pour les bovins et 2 pour les autres espèces. Les fabricants d’aliments français couvrent les besoins en protéines des rations qu’ils fabriquent à 24% par les céréales, 12% par les coproduits céréaliers et 57% par les tourteaux (dont 54% de soja, 26% de colza, et 20% de tournesol). La France importe 3,5 M t de soja par an.

Etat des lieux en Europe

Au sein de l’UE, la consommation de matières premières destinées à l’alimentation animale s’établit à 264 M t/an, dont 45 M t de protéines. Celles-ci sont apportées pour 38% par les céréales et pour 45 % par les tourteaux (dont 2/3 de soja). L’UE produit 3 M t de graines de soja et en importe 30 à 35 M t (graines et tourteaux). Il n’existe pas d’estimation de la contribution des fourrages à ce bilan. AgrIdées demande à ce que les bilans statistiques protéiques annuels publiés dans l’observatoire des marchés de la Commission européenne soient complétés par la contribution des prairies et détaillés par espèces, en équivalent protéines.

Soutenir l’herbe et la génétique en légumineuses et colza

Pour inciter à développer plus encore la production d’herbe, le think tank suggère d’instaurer des aides couplées au bénéfice des surfaces en herbe, tout particulièrement en zones de plaine et défavorisées simples. S’agissant des légumineuses, la recherche de nouvelles variétés est prônée, ainsi qu’un effort de sélection variétale, moyennant la mobilisation de fonds issus du second pilier de la Pac (développement rural). Le même effort génétique est requis concernant le colza, avec une réorientation des critères de sélection sur la protéine, au détriment de l’huile, les biocarburants de 1ère génération étant de moins en moins d’actualité.

AgriDées plaide aussi pour une campagne de communication européenne sur les protéines et leurs utilisations. Le think tank réclame des efforts de transparence aux acteurs du marché et davantage de réactivité de la part du législateur.

Protéines d’insectes et soja importé

Il remet aussi sur la table (ou à l’auge) la question des coproduits animaux, contingentés au petfood (alimentation es animaux de compagnie) depuis la crise sanitaire de la vache folle. « Utiliser davantage de farines de viandes dans l’alimentation des animaux d’élevage, dans une démarche de bioéconomie, et dans le strict respect de la réglementation sanitaire en place, permettrait de diversifier les sources de protéines en réduisant la pression sur les productions végétales », est-il suggéré, au même titre que l’intégration de farines d’insectes. En dépit de ces orientations, AgriDées estime que l’autonomie en protéines reste hypothétique. La faute au soja. Le tourteau est paré de la plus haute teneur protéique (48%) et, qui plus est, d’une qualité inégalée, due à sa richesse en lysine (acide aminé indispensable). Et en prime, il est crédité d’une très bonne digestibilité.

Sur le même sujet

Commentaires 4

Panurge79

Avant la crise de la vache folle (anglaise), les volailles (omnivores comme nous) européennes et particulièrement françaises consommaient des farines de viande. Principe de précaution, et on supprime également les farines de viande aux porcs et volailles alors que de nombreux pays concurrents continuent de les utiliser et nous renvoient leurs volailles. Bilan, baisse de compétitivité, de 40% exportateur en 1985 nous sommes 40% importateur en 2018 en volailles même si ce n'est pas la seule raison.
Et le soja importé permet aussi de faire consommer en France nos céréales, le manque de protéines doit être compensé et le Général De Gaule avait signé un accord avec les américains dans les années 60, sinon peut-être en serait-il autrement de notre autonomie proteinique aujourd'hui?

Agriculteur lassé

Soja importé OGM ayant reçu en végétation en moyenne 10l de glyphosate!!!
Pourquoi " les pisseurs de glyphosate" ne parlent pas du vrai sujet au lieu de taper sur les agriculteurs français qui utilisent ce même produit à des doses moyennes de 1,5l/ha et hors cultures
Faut il s'étonner de retrouver des résidus de composante dans les urines des consommateurs français et bien non et tout cela grâce aux importations de soja OGM
Bien sûr la fnsea syndicat majoritaire ne parle pas de cela, il vaut mieux laisser nos éleveurs importés ce dit soja sans aucunes règles sanitaires mais à bas coût et laisser les céréaliers français prendrent tout les coups et crever en silence

duracuire

ah je ne comprend pas comment L214 accepte que l'on martyrise autant d'insectes pour leurs protéines.... c'est scandaleux , alors les végans faut se reveiller quand meme , faut pas bouffer des sauterelles .....

viande

3.5 millions de tonnes de soja importé, faite le calcul de la surface importée ( 20qx/ha)?

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier