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Ré-homologation du cuivre : décision reportée

Raphaël Lecocq

Ré-homologation du cuivre : décision reportée
Berthoud

Réunis mardi et mercredi à Bruxelles, les experts de l’Union européenne, chargés de se prononcer sur la ré-homologation du cuivre, ont reporté leur décision. La proposition mise en débat portait sur une ré-homologation pour 7 ans, à raison de 4 kg/an, avec lissage possible pour les cultures pérennes.

Vers la sobriété en cuivre

L’expertise de l’INRA montre qu’une protection très satisfaisante vis-à-vis du mildiou peut être fournie par l’emploi de 1,5 kg de cuivre métal par hectare et par an, contre 3 dans les programmes standard, et 6 dans les dispositions réglementaires actuelles. La stratégie repose sur la prophylaxie (gestion du microclimat grâce à la taille et l’élimination des litières infectées par ramassage), le recours à des outils d’aide à la décision pour choisir au mieux les doses et les dates d’intervention et enfin sur l’usage de produits alternatifs relevant du biocontrôle (biocides, stimulateurs de défense des plantes). L’Institut pointe en revanche l’impossibilité de faire l’impasse totale sur le cuivre sans le recours à des variétés résistantes, un levier qui produira ses effets dans plusieurs décennies, au gré des nouvelles variétés et des replantations.

Y-aura-t-il du cuivre après Noël ? La question reste en suspens. Le 31 janvier 2019 prendra fin l’homologation de la substance, dont l’efficacité contre le mildiou de la vigne, et de nombreuses autres espèces, n’a jamais été mise en défaut depuis 1886. Problème : le caractère toxique et persistant du cuivre le place sur la liste des substances à substitution et l’expose au processus récurrent de ré-homologation. Le Danemark et les Pays-Bas l’ont d’ores et déjà banni de leur catalogue de produits de protection des plantes. Réunis mardi et mercredi à Bruxelles, les experts de l’Union européenne ont reporté leur décision. « Des pays de l’Europe du Nord sont à l’origine du blocage », déclare Jacques Carroget, vigneron bio et biodynamique à Anetz (Loire-Atlantique), secrétaire national viticulture à la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB). « C’est un dossier très important au plan sociétal. Nous interdire le cuivre, c’est nous obliger à recourir à des produits de synthèse pour protéger nos récoltes. Je rappelle au passage que les usages les plus importants de cuivre sont enregistrés en agriculture conventionnelle ».

De 6 kg/ha à 4 k/ha

Le cuivre est aujourd’hui homologué à la dose de 6 kg/ha/an, avec un lissage sur 5 ans. La proposition mise en débat portait sur une ré-homologation pour 7 ans, à raison de 4 kg/an, avec toujours la possibilité offerte de lisser cette dose sur 5 ans, afin de s’adapter à l’épidémiologie de la maladie. En France, en viticulture biologique, l'utilisation de cuivre est d’environ 5 kg/ha/an en année à forte pression de mildiou contre 3 kg/ha/an en année de faible pression. « La dose de 4 kg/ha est un défi technique pour de nombreuses régions françaises », poursuit Jacques Carroget. « Les doses de cuivre ont été divisées par deux en 20 ans, donc nous sommes totalement en phase avec le Grenelle de l’environnement. Personnellement, je plaide pour un maintien de la dose à 6 kg/ha, dont les scientifiques nous disent qu’elle est acceptable en termes d’accumulation dans le sol. Ce n’est pas les bio qui diront qu’il ne faut pas respecter le milieu naturel ».

Fractionner les apports

L’écophytotoxicité du cuivre ne laisse pas indifférents les agriculteurs bio qui, par la voie de l’Institut technique de l’agriculture biologique (ITAB), ont demandé à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) d’étudier les leviers à disposition pour en réduire l’usage, non sans espoir (voir encadré). Jacques Carroget en est l’illustration. « En 2018, année à très forte pression, j’ai utilisé un total de 3 kg/ha », déclare le vigneron. «Mais il ne faut pas se rater au départ, être à la fois très réactif et très performant du point de vue de l’application, et enfin multiplier les passages avec des doses fractionnées comprise entre 150 g/ha et 300 g/ha alors que les recommandations officielles évoquent 500 g/ha. Je ne suis pas un exemple. 4 kg/ha, ce sera un défi pour de nombreuses régions françaises ». La FNAB appelle le gouvernement français à mettre en place un « plan cuivre », donnant aux organismes de recherche fondamentale et appliquée les moyens de progresser dans les domaines de l’épidémiologie de la maladie, des impacts du cuivre, des alternatives etc. L’enjeu est simple : « éviter la déconversion d’un très grand nombre de producteurs et productrices bio, en totale incohérence avec les objectifs du Plan Ambition Bio 2022 », estime la FNAB.

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Commentaires 12

iris

a 347 le bio n est surement pas parfait mais il ne passe pas son temps a critiquer les conventionnels ils essayent de comprendre les plantes la nature et ytrouvent d enormes solutions d avenirs pour nos suivants ce qui est certains la vache folle n aurrait jamais existe' en bio

1584

Rien de plus naturel que le pétrole on le tire de terre au même titre que le phosphore la potasse le sel et tout le toutim alors si en bio on peut utiliser le cuivre après l'avoir passé au labo c'est la porte ouverte à tous les excès . La bio ne devrait avoir droit qu'à l'eau claire et aux simples décoctions (du style purin d'orties) mais là je sens bien que je vais contrarier et fâcher beaucoup de monde. Aujourd'hui on tire à boulets rouges sur le conventionnel mais demain à qui le tour? les grandes surfaces ont bien plus de malice qu'on ne peut imaginer alors si elles s'intéressent au bio....

Baba

Si le bio est sans engrais et sans traitement chimique, le cuivre(bouillie bordelaise) n'a pas
sa place dans le bio. Chacun sait qu'il est obtenu par réaction chimique d'acide sulfurique
avec du cuivre métal. On sait aussi qu'il pose des problèmes dans les sols parce qu'il n'est pas dégradable. Si le bio veut être cohérent avec lui même, il faut l'interdire.
Le plan B, c'est de faire du bio qui autorise des molécules chimiques dont le sulfate de cuivre et sans doute d'autres.

Agribio

@marin 347. Retourne avec ton pulvérisateur traité ta m... mais laisse ceux qui veulent produire bio et manger bio tranquille. Ton seul problème est la jalousie vis à vis de ceux qui sont en bio par rapport au conventionnel. Et oui la qualité a un prix, soit du fais de la qualité soit de la quantité.

marin 347

quand a l inra cet bande de charlots qu ils viennent ramasser les déchets dans les champs en plus du surcout quelque l ont fera de ses déchets cout de traitement et en plus appauvrissement des sols diminution de la matière organique qui est deja pas élevée si ont les écoutes ont paiera bientôt le kilo de carotte 5euro voir plus et la bien sur les ingénieurs de l inra seront les seules a pouvoir s en payer

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