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Soufre, glyphosate et prosulfocarbe : les trois matières actives les plus vendues en France

Adèle Magnard

Soufre, glyphosate et prosulfocarbe : les trois matières actives les plus vendues en France

Publié le 7 janvier, le rapport de suivi du plan Ecophyto fait le bilan de l’utilisation des produits phytosanitaires en France en 2018. L’année a vu une forte augmentation des ventes de substances actives pour des raisons à la fois climatiques et conjoncturelles. Elles reflètent aussi la hausse des surfaces converties en bio.

Les ministres de l’Agriculture, de l’Écologie, de la Santé et de la Recherche se sont réunis le 7 janvier pour faire le point sur le plan Ecophyto. Dix ans après le début de ce grand plan d’action national, dont le but est de réduire la « dépendance » de la France aux produits phytosanitaires, force est de constater son échec : l’utilisation des produits phytos continue d’augmenter. Selon les données publiées par le ministère de l’Agriculture, 85 876 tonnes de substances actives ont été vendues en 2018, soit une hausse de 21% par rapport à 2017. Les quantités destinées à des usages non agricoles, qui ont diminué de 30%, ne représentent que 1% de ce tonnage.

Dans un communiqué publié le même jour, l’Union des industries de la protection des plantes (qui représente 96% du marché français) annonçait de son côté un chiffre de 68 000 tonnes de matières actives vendues en 2018, et une hausse de 8% par rapport à 2017. Cette hausse est expliquée par le gouvernement et par l’UIPP à la fois par le contexte climatique de l’année 2018 (particulièrement propice aux maladies et ravageurs), par la hausse de la redevance pour pollutions diffuses au 1er janvier 2019 ayant pu conduire à des achats anticipés, et par l’augmentation des surfaces en agriculture biologique, entraînant une hausse des ventes de cuivre et de soufre.

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Forte hausse des ventes 

En 2018, le soufre représentait ainsi la principale substance active vendue en France (plus de 13 000 tonnes), suivi du glyphosate (près de 10 000 tonnes), du prosulfocarbe (près de 6 000 tonnes) et du mancozèbe (4 6000 tonnes). Ce dernier a vu ses ventes doubler entre 2017 et 2018. Elles avaient aussi doublé en 2014, par anticipation de la nouvelle taxation appliquée au 1er janvier 2015.

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Le NODU, indicateur principal

Pour suivre l’évolution de l’utilisation des produits phytosanitaires, le gouvernement utilise l’indicateur NODU, ou « nombre de doses unités ». Celui-ci rapporte la quantité vendue de chaque substance active à une « dose unité », c’est-à-dire « la dose maximale de cette substance active applicable lors d’un traitement « moyen » une année donnée », explique le ministère de l’Agriculture. Rapporté à la surface agricole utile française, il correspond au nombre de traitements appliqués à pleine dose sur une surface d’un hectare. En 2018, le NODU agricole correspondait ainsi à 6,5 traitements à pleine dose par hectare en moyenne sur la France. Il a augmenté de 25% en moyenne triennale par rapport à 2009-2011.

En 2018, les substances qui contribuaient le plus fortement au NODU en France sont le metsulfuron-méthyle (herbicide), la cyperméthrine (insecticide), le glyphosate (herbicide) et le tébuconazole (fongicide).

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La fin du glyphosate toujours prévue cette année

Afin d’accompagner les agriculteurs dans la réduction de l’usage des produits phytos, « près de 400 millions d’euros sont mobilisés chaque année, dont 200 millions d’euros dédiés à la conversion en agriculture biologique », rappelle le ministère de l’Agriculture. Ce montant augmentera à hauteur de 250 millions d’euros dès 2020, en lien avec l’augmentation de la redevance pour pollution diffuse, dont l’ensemble des recettes sera dédié à la transition agro écologique. Un appel à projets, d’un montant de 25 millions d’euros sera lancé en début d’année pour accompagner la viticulture, l’arboriculture et le maraîchage pour investir dans du matériel d’épandage performant. 

La sortie du glyphosate est toujours prévue pour la fin de l’année, « pour les usages pour lesquels des alternatives non chimiques existent, sans laisser les agriculteurs dans une impasse technique ou économique ». D’ici fin 2020, l’ANSES procédera au retrait d’autorisations de mise sur le marché des produits contenant du glyphosate, « dès lors que les usages présentent des alternatives non chimiques, acceptables sur le plan économique et pratique », fait savoir le ministère.

>>> Retrouvez notre dossier au long cours : Glyphosate : fin... et suite

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Commentaires 8

Marof

Alors toi j'ai l'impression que tu es du genre borné a pas comprendre.... si io veulent interdire le glyphosate cest aussi pour que l'ont prennent conscience de nos systèmes et piur nous forcer a changer, a revenir a quelque choses de plus cohérent!!! C'est pas juste le désherbage qui doit changer comme tu le dis c'est tout ton système. Mais bon apparemment toi tu as pas compris... alors c'est bien de pas être content mais un jour faut se rendre a l'évidence et ouvrir les yeux chacun sur ça manière de faire.... Normalement l'état ne devrait pas à avoir à intervenir si on était capable de se remettre en question. Alors au lieux de se plaindre et d'attendre que sa tombe du ciel, on va arrêter de mendier à l'état et puis on va se prendre en main chacun en s'aidant les un sur les autres!!! Sur ceux bonne journée

retif

si le glyphosate venait a etre supprimé il serait "remplacé" par 100 000 t de carburant soit 260 000 t de co2...
aussi écolo que l'allemagne qui à banni le "méchant" nucléaire pour le remplacer par du charbon

Jean

Soufre , cuivre , huile de vaseline sont utilisés en bio comme en conventionnel (l'huile de vaseline était en 10° position des matières actives utilisées en 2016 , en 5° en 2018 !)

Les conventionnels ne sont pas les seuls utilisateurs de "pesticides" !

Quant à la non dangerosité des produits bio ,l'exemple du cuivre est éloquent, les 9000t de glyphosate utilisées en 2018 n'auront pas provoqué autant de dégats dans la microflore et la microfaune du sol que les 300 t de cuivre

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