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Taxes, "agri-bashing", revenus: le monde paysan va exprimer sa détresse dans la rue

AFP

Taxes, "agri-bashing", revenus: le monde paysan va exprimer sa détresse dans la rue
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Pression fiscale, "agri-bashing", rémunération des agriculteurs: le monde paysan en colère s'apprête dès lundi à interpeller les autorités par des actions dans toute la France, calibrées de façon à éviter l'amalgame avec les "gilets jaunes".

A trois jours du démarrage de cette mobilisation, le gouvernement a bien tenté de rassurer les agriculteurs, mais en vain semble-t-il. Après avoir annoncé, en raison du mouvement des "gilets jaunes", un report de l'ordonnance de la loi Alimentation prévoyant un relèvement du seuil de revente à perte et encadrant les promotions, le ministère de l'Agriculture a indiqué vendredi que ce texte, destiné à redonner du revenu aux agriculteurs, serait présenté au conseil des ministres du 12 décembre.

Mais la FNSEA, syndicat majoritaire, et les Jeunes agriculteurs ont maintenu l'appel à manifester, tout en saluant "une avancée importante dans la mise en oeuvre des états généraux de l'alimentation". "Tout au long de la semaine, nous porterons la voix des agriculteurs auprès de nos parlementaires et de nos préfets, afin qu'ils mesurent l'urgence de donner du temps et des moyens à la transition écologique de l'agriculture qui mérite d'autres moyens que la fiscalité punitive", ont indiqué les syndicats. "Aujourd'hui l'écologie, ce n'est plus que des taxes. Ca irait si on avait des revenus, mais depuis 2013, le revenu disponible moyen des céréaliers est de 3.000 euros par an environ. Or la nouvelle augmentation de la taxe sur les pollutions diffuses, proposée dans le projet de budget 2019 représente pas loin de 1.000 euros par agriculteur", a déclaré à l'AFP, Philippe Pinta, président de l'AGPB (producteurs de blé).

Cette prise de position sonne comme une réponse aux ONG environnementales, lesquelles ont appelé d'une seule voix le gouvernement à ne pas céder au "chantage" de la FNSEA, qualifiant son appel à manifester de "lobbying menaçant". Cette mobilisation répond plus largement à une volonté des agriculteurs de dénoncer le dénigrement systématique dont ils estiment être la cible, notamment pour leur usage de pesticides.

Montrer aux élus "la vraie vie"

Preuve que le sujet monte en puissance, le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, s'est posé récemment en "bouclier face à l'agri-bashing", et contesté, à l'unisson des syndicats agricoles, la validité d'une cartographie des "fermes-usines" en France publiée par Greenpeace. L'ONG a depuis présenté des excuses, reconnaissant "des erreurs sur sa cartographie, basée sur un fichier fourni par le ministère de la Transition écologique et solidaire et disponible en ligne". "L'agri-bashing vient en grande partie des ONG environnementales, mais aussi des décisions du gouvernement, comme la plateforme glyphosate", a dénoncé M. Pinta.

Selon Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, "les agriculteurs se sentent humiliés" par cette plateforme, sur laquelle les agriculteurs peuvent déclarer officiellement qu'ils arrêtent d'utiliser cet herbicide controversé, afin de partager leur expérience.   Mme Lmabert n'a pas dit précisément quelle forme prendraient les actions mais a catégoriquement exclu tout ralliement aux "gilets jaunes". "Ils ont voulu un mouvement apolitique, asyndical, je respecte" cela, a déclaré Mme Lambert à leur propos.  "Evidemment, les préfectures et les parlementaires seront des objectifs et des lieux où nous porterons nos revendications", a-t-elle indiqué.

Les agriculteurs ne semblent en tout cas pas souhaiter jeter de l'huile sur le feu. Les fédérations bretonnes de la FNSEA ne sont ainsi pas décidées à descendre dans la rue, en raison du climat social, selon une source syndicale. Dans l'Oise, les agriculteurs vont aller en tracteur à la rencontre des députés et des autorités préfectorales, lundi matin à Beauvais et Compiègne.   "On va être très vigilants car on n'est pas pour le chaos, on est des chefs d'exploitation", a expliqué à l'AFP Luc Smessaert, vice président de la FNSEA de l'Oise et national.   "Les nouveaux députés sont plutôt hors sol, on va les amener dans les fermes, et leur expliquer la vraie vie", a prévenu Philippe Pinta. 

Source AFP

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Commentaires 24

alain

le modèle actuel doit mettre en valeur les progrès accomplis.
tout a été fait pour une rationalisation en vérité, chacun dans la chaine a cherché à rationaliser ses coûts la rationalisation est une démarche d'économie d'énergie.
j'ai plus confiance dans l'hygiène d'un yaourt danone qu'un yaourt fermier.
nier la rationalisation du modèle actuel est une bêtise. c'est aux gms d'être moins rotor et beaucoup de chose s'arrangeront. c'est aussi à eux de revenir vers les agriculteurs.
leur excès les conduira à leur propre perte.
dans une société de gens finalement heureux, dans une société d'abondance, les gens sont psychologiquement malade car ils oublient que rien n'est acquis vraiment. les gens oublient que la vie est aussi faite adversité.


@livo32

l'agribashing est d'origine écologiste.
mais l'agribashing vient aussi du monde agricole d'une partie de ces agriculteurs qui profitent de mesure de soutien d'une politique publique qui ne cherche qu'à répondre aux aspirations d'une minorité "snob" militante.
fondamentalement, le bio repose sur la critique du conventionnel.
alors qu'en on me prend et que cela me met en difficulté pour une autre agriculture qui au final produit moins comment voulez vous une amélioration quand il y a moins à vendre .
le bio doit vendre plus cher donc du marketing
croyez vous vraiment qu'il y a de la place pour tous les producteurs à vendre ses légumes et autres volailles, très vite non allons nous faire concurrence et le client fera pression sur les prix.

livo32

Avec vos commentaires, l'agribashing ce porte très bien, pas besoin des ONG environnementalistes

daniel

le bio ne repose que sur la critique de l'agriculture conventionnelle qui est le cheval de bataille des associations environnementalistes gavées aux modèles mathématiques du giec sur le réchauffement climatique.
raccourci idiot: l'agrochimie est corrompue, elle rend les gens malade pour mieux vendre des médicaments. non la chimie ne cherche pas à empoisonner les gens, elle aide l'humanité à assurer la production de volume suffisant pour nourrir l'humanité.
le problème dans ce débat c'est qu'il y a une telle pression médiatique qu'il vaut penser "bio". l'objectivité de l'appréciation bénéfice-risque est galvaudée.

Moty

Etant paysan éleveur, qui gagne correctement sa vie depuis 25 ans, je ne comprends pas toujours tout et j'essaie de rester informer. Que les agriculteurs gagnent 3000€/mois ne me gêne pas du tout , mais avec ce revenu , on ne se plaint pas et on ne se considère pas en détresse.
Pour info en Bretagne, en 2017, les éleveurs de porcs avaient en moyenne + de 6000€/mois/UTHF de revenu, les laitiers beaucoup moins.
Est-ce pour cela que le grand ouest ne manifeste pas ???

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