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Taxes, "agri-bashing", revenus: le monde paysan va exprimer sa détresse dans la rue

AFP

Taxes, "agri-bashing", revenus: le monde paysan va exprimer sa détresse dans la rue
FDSEA 67

Pression fiscale, "agri-bashing", rémunération des agriculteurs: le monde paysan en colère s'apprête dès lundi à interpeller les autorités par des actions dans toute la France, calibrées de façon à éviter l'amalgame avec les "gilets jaunes".

A trois jours du démarrage de cette mobilisation, le gouvernement a bien tenté de rassurer les agriculteurs, mais en vain semble-t-il. Après avoir annoncé, en raison du mouvement des "gilets jaunes", un report de l'ordonnance de la loi Alimentation prévoyant un relèvement du seuil de revente à perte et encadrant les promotions, le ministère de l'Agriculture a indiqué vendredi que ce texte, destiné à redonner du revenu aux agriculteurs, serait présenté au conseil des ministres du 12 décembre.

Mais la FNSEA, syndicat majoritaire, et les Jeunes agriculteurs ont maintenu l'appel à manifester, tout en saluant "une avancée importante dans la mise en oeuvre des états généraux de l'alimentation". "Tout au long de la semaine, nous porterons la voix des agriculteurs auprès de nos parlementaires et de nos préfets, afin qu'ils mesurent l'urgence de donner du temps et des moyens à la transition écologique de l'agriculture qui mérite d'autres moyens que la fiscalité punitive", ont indiqué les syndicats. "Aujourd'hui l'écologie, ce n'est plus que des taxes. Ca irait si on avait des revenus, mais depuis 2013, le revenu disponible moyen des céréaliers est de 3.000 euros par an environ. Or la nouvelle augmentation de la taxe sur les pollutions diffuses, proposée dans le projet de budget 2019 représente pas loin de 1.000 euros par agriculteur", a déclaré à l'AFP, Philippe Pinta, président de l'AGPB (producteurs de blé).

Cette prise de position sonne comme une réponse aux ONG environnementales, lesquelles ont appelé d'une seule voix le gouvernement à ne pas céder au "chantage" de la FNSEA, qualifiant son appel à manifester de "lobbying menaçant". Cette mobilisation répond plus largement à une volonté des agriculteurs de dénoncer le dénigrement systématique dont ils estiment être la cible, notamment pour leur usage de pesticides.

Montrer aux élus "la vraie vie"

Preuve que le sujet monte en puissance, le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, s'est posé récemment en "bouclier face à l'agri-bashing", et contesté, à l'unisson des syndicats agricoles, la validité d'une cartographie des "fermes-usines" en France publiée par Greenpeace. L'ONG a depuis présenté des excuses, reconnaissant "des erreurs sur sa cartographie, basée sur un fichier fourni par le ministère de la Transition écologique et solidaire et disponible en ligne". "L'agri-bashing vient en grande partie des ONG environnementales, mais aussi des décisions du gouvernement, comme la plateforme glyphosate", a dénoncé M. Pinta.

Selon Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, "les agriculteurs se sentent humiliés" par cette plateforme, sur laquelle les agriculteurs peuvent déclarer officiellement qu'ils arrêtent d'utiliser cet herbicide controversé, afin de partager leur expérience.   Mme Lmabert n'a pas dit précisément quelle forme prendraient les actions mais a catégoriquement exclu tout ralliement aux "gilets jaunes". "Ils ont voulu un mouvement apolitique, asyndical, je respecte" cela, a déclaré Mme Lambert à leur propos.  "Evidemment, les préfectures et les parlementaires seront des objectifs et des lieux où nous porterons nos revendications", a-t-elle indiqué.

Les agriculteurs ne semblent en tout cas pas souhaiter jeter de l'huile sur le feu. Les fédérations bretonnes de la FNSEA ne sont ainsi pas décidées à descendre dans la rue, en raison du climat social, selon une source syndicale. Dans l'Oise, les agriculteurs vont aller en tracteur à la rencontre des députés et des autorités préfectorales, lundi matin à Beauvais et Compiègne.   "On va être très vigilants car on n'est pas pour le chaos, on est des chefs d'exploitation", a expliqué à l'AFP Luc Smessaert, vice président de la FNSEA de l'Oise et national.   "Les nouveaux députés sont plutôt hors sol, on va les amener dans les fermes, et leur expliquer la vraie vie", a prévenu Philippe Pinta. 

Source AFP

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Commentaires 24

gilles

les députés lrem sont hors sol finalement je préfère les vieux politicards.
les députés lrem sont gavés aux modèles mathématiques du giec.
combien de jeunes qui ont choisi une formation autour de l'écologie, ne trouveront pas de travail à part un travail de fonctionnaire où on fait travailler les gens sur des simulations des ébauches, or les simulations ne sont pas la réalité.
en 1970, les adeptes de rené dumont avait conclu que société écologique ne pourrait qu'être une société policière.
ce que je reproche ce n'est pas de vouloir modérer certain excès mais c'est de mettre de l'écolo partout et pour tout.

alain

un légume bio sous serre plastique je me marre...
la serre c'est finalement pour contrer la nature hostile par rapport un objectif de production.
donc, le bio est aussi dans une démarche intensive...
ong environnementaliste ayez confiance dans le système épurateur de la nature nous oublions trop ce mécanisme, comme on oublie la photosynthèse dans la gestion du co2..
exigeons que suez ne se gave pas en surfacturant le traitement de l'eau par charbon actif alors que la technique est connu et simple et efficace.
avec l'écologisme nous n'en ferons jamais assez, c'est une structure mentale

joseph

a un moment faut choisir du blé ou des coquelicots.
je comprends profondément le besoin de nature pour les gens .
moi même j'ai choisi ce métier d'agri, libre au vent, mais ma vie n'est plus intéressant, car je dois remplir des papiers au détriment de mon travail pour une société jacobine accaparée par la vision d'une minorité.
or dans son organisation spatiale, nous avons fait des parcs nationaux, régionaux, des aires de jeu, des zone d'activités, des forêts domaniales etc...
la beauce c'est le grenier à blé, blé et coquelicot c'est tout mélangé et aboutir à rien.

helene

l'argument l'agrochimie s'est développé parce qu'il fallait produire plus car nous manquions.
pour certain l'agrochimie est excessive il faut la supprimer car nous n'avons plus besoin d'être dans cette logique de production.
or c'est gravement omettre que le bio n'assurera pas les volumes, que se passera t il quand les blés seront pourri de fusarioses que la carie reviendra.
une agriculture basée sur l'équilibre des écosystèmes trouve la limite de sa production dans son équilibre, or l'humanité voit sa démographie galoper conduisant l'homme à une pression sur la nature. dqe l'écolo assume la dénatalité qu'elle assume la transition du système de retraite

fred

tiens tiens des chercheurs voient déjà les limites des biocontrôles.
nous allons rien inventer, dans l'histoire de la protection des plantes l'homme a mis au point des techniques qui pourraient paraitre folles aujourd'hui et pourtant elles n'ont pas apporter d'efficacité puisque l'agrochimie a été la solution.

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