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Un modèle pour prédire l’impact des aléas sur l’agriculture

Adèle Magnard

Un modèle pour prédire l’impact des aléas sur l’agriculture

Hausse des cours du blé, baisse du prix du pétrole, diminution de la consommation de viande… la direction générale du Trésor utilise un modèle permettant d’évaluer l’effet de ces aléas sur les résultats économiques des exploitations agricoles.

Afin d’évaluer les effets à moyen terme de différents types de chocs sur la production agricole française et ses performances économiques, la direction générale du Trésor du ministère de l’Economie et des finances (DG Trésor) réalise des simulations grâce à un modèle spécifique. Ce modèle, appelé « Magali », existe depuis 1983 et a été « progressivement adapté aux évolutions de l’agriculture française et des politiques agricoles », indique la DG Trésor. Il se présente comme « un outil d’aide à la décision publique » et permet d’étudier l’impact, à la hausse ou à la baisse, de facteurs tels que le prix des productions végétales, le prix des intrants, le montant des aides publiques, les volumes de consommation ou d’exportation de viande, etc. « À titre d’exemple, la précédente version de Magali a permis d’évaluer ex ante l’application de reformes de la PAC », fait savoir la DG Trésor.

Dans sa note de juin, elle publie les résultats de trois simulations réalisées avec le modèle. La première simulation concerne une baisse du prix du blé tendre de 33%, comme ce fut le cas pour les périodes 2011-2013 et 2014-2017. Selon le modèle, cette baisse (toutes choses égales par ailleurs) engendre une diminution de l’excédent brut d’exploitation (EBE) par hectare de 12,9% pour les fermes françaises. 

Autre simulation étudiée : une baisse du prix du pétrole de 40%. « Des variations durables du prix du pétrole ont été observées au cours de la décennie écoulée, puisque le baril est passé de 96$ en moyenne de 2011 à 2014 à 58$ en moyenne de 2015 à mi 2019, soit une baisse de 40% », explique-t-on dans le document. Cette diminution du prix du pétrole, en baissant les prix du carburant et des engrais, entraîne pour les agriculteurs une augmentation de l’EBE de 8%, selon le modèle.

La troisième simulation concerne une baisse de 12% de la consommation de viande des français, telle qu’observée entre 2007 et 2013. Pour les éleveurs, elle entraîne une perte d’EBE de 5% et pour l’ensemble des fermes françaises, une diminution de 1,4%. « La modification des habitudes de consommation doit inciter le secteur à s'adapter pour proposer des productions à plus faible impact environnemental et sanitaire, avec l'accompagnement public approprié », notent les auteurs. 

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