500 loups : et maintenant ?

RL avec AFP

500 loups : et maintenant ?

La France comptera 500 loups à la sortie de l’hiver, selon l’ONCFS. Un effectif qui garantit sa viabilité démographique et qui va inévitablement conduire à repenser le dispositif de gestion. Le loup a dépecé 10 803 bêtes en dix mois, s’insurge de son côté la Confédération paysanne.

"Au vu de l'évolution des données issues du suivi hivernal 2017/2018 et du suivi estival 2018, il est probable que l'estimation de l'effectif en sortie d'hiver 2018/2019 dépasse les 500 loups", estime l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), qui rappelle que "ce chiffre correspond à un premier seuil de viabilité démographique".  L'expansion de l'animal se poursuit avec 85 zones de présence permanente (ZPP), dont 72 meutes, selon le bilan estival publié par le réseau loup-lynx de l'ONCFS. Le bilan précédent relevait 74 ZPP dont 57 meutes. L’augmentation est perceptible en Occitanie (Aude, Aveyron, Gard, Lozère) tandis que davantage de communes constatent leur présence régulière dans un secteur situé entre Vosges et Meurthe-et-Moselle, ainsi que dans la Nièvre. Des informations ponctuelles sont aussi recueillies dans le Cantal, la Corrèze, la Côte d'Or, la Creuse, le Jura, la Somme et le Tarn, mais elles doivent être confirmées.

Les 51 loups prélevés au 27 novembre

Les méfaits du loup traumatisent, aux plans technico-économique et psychologique, nombre d’élevages et d’éleveurs, qui ont pour beaucoup l’impression de passer au second plan du point de vue de la protection des espèces, la démographie des éleveurs suivant une courbe inverse à celle des canidés. Et s’ils ne se satisfaisaient pas du plan de gestion actuel, nul doute qu’ils vont attendre le gouvernement au tournant, lui qui s’était engagé à réexaminer le dispositif, une fois l’objectif démographique atteint. Dans un communiqué publié en début de semaine, la Confédération paysanne fait savoir que le plafond de prélèvement de 51 loups a été atteint le 27 novembre dernier suite à l'abattage d'une louve à Haute-Bléone dans les Alpes-de-Haute-Provence. « En conséquence, seuls les éleveurs et éleveuses sont autorisés à mettre en place des tirs de défense simple », indique le syndicat. « La majorité des attaques ayant encore lieu la nuit, les éleveurs et éleveuses ont très peu de chance d'intervenir contrairement à la brigade d'intervention de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)et de la Louveterie qui, eux, sont équipés pour réaliser des prélèvements ciblés en vision nocturne. Il est inacceptable que l'État continue à reporter ainsi sa responsabilité, compte tenu de la pression extrême de la prédation sur les éleveurs et les éleveuses, notamment de plein air ».

10 803 victimes au 31 octobre

La Confédération paysanne relève que qu’un bilan publié le 31 octobre dernier faisait en effet état de 3150 attaques et de 10803 victimes, soit 10% d'attaques constatées et indemnisées de plus par rapport à 2017. « Que cherche l'État, alors que le plan loups a atteint son objectif de 500 loups présents sur le territoire ? Éliminer l'élevage de plein-air ? », s’interroge la Confédération paysanne. Celle-ci doit rencontrer le 10 décembre le nouveau référent du Plan Loup auprès du préfet coordonnateur. Le syndicat demande une refonte du décret d'indemnisation, un déplafonnement du nombre de loups à abattre en fonction des dommages, la prise en charge à 100 % des moyens de protection et la non-conditionnalité des indemnisations aux moyens de protection.

Source RL avec AFP

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