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Le changement climatique, un défi fourrager et zootechnique

Raphaël Lecocq

Le changement climatique, un défi fourrager et zootechnique

Assurer l’affouragement sera nécessaire mais pas suffisant. Il faudra aussi prendre en compte le stress thermique subi par les animaux pendant les fortes chaleurs. C’est l’un des objets du programme de recherche Climalait.

Dans le cadre du projet Climalait, impliquant le Cniel, Arvalis, les Chambres d’agriculture, l’Inra et Météo France, les chercheurs ont évalué les conséquences du changement climatique sur la production laitière. Ils ont commencé par discerner 29 zones géographiques correspondant à des unités laitières agroclimatiques homogènes, avant d’explorer les leviers agronomiques susceptibles de contrer les effets du climat sur la production fourragère.

Les leviers d’adaptation existent. Ils entrecroisent des tactiques de court terme (rallongement conjoncturel de la période de pâturage, mise en place de cultures dérobées...) et des stratégies de long terme (disposer de stocks de sécurité, mettre en place des cultures à double fin), des mesures de prévention (modifier les périodes de mise bas, anticiper les réformes...) et de compensation (rations paille + céréales pour les génisses, contrats d’assurance...).

Indicateur zooclimatique

Assurer l’affouragement sera nécessaire mais pas suffisant. Il faudra aussi prendre en compte le stress thermique subi par les animaux pendant les fortes chaleurs. Pour le qualifier, les chercheurs ont mis au point un indicateur spécifique : le THI ou Temperature Humidity Index. Un THI compris entre 68 et 78, correspondant une température de 28°C et à une hygrométrie normale, témoigne d’un stress léger, engendrant une perte de production de lait de 0,42 kg/jour. La perte grimpe à 1,1 kg/jour par 30°C et à 4 kg/jour au-dessus de 35°C.

Un sujet sous-documenté

Des pertes en taux butyreux et protéique sont aussi à déplorer. Le stress thermique a également des incidences sur la reproduction avec un allongement des intervalles vêlage-vêlage et des avortements. Des pertes par morbidité sont aussi à redouter. Le cumul des incidences zootechniques tend ainsi à relativiser les impacts agronomiques liés au changement climatique.

Dans le cadre du prolongement du programme Climalait, les chercheurs vont développer de nouveaux indicateurs et systèmes d’alerte afin de mieux caractériser cette problématique qui reste sous-documentée.

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Commentaires 1

Jp

En resumé ,nos chercheurs et ingenieurs vont devoir rele ver le defi suivant:
100 jours d alimentation supplementaires en ete et automne ,
Et
100 jours de production fourragere en moins .
L appel d offre est lancé ...
Qui est preneur ????

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