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Malaise grandissant autour de l'accord commercial UE/Mercosur

avec l'AFP

Malaise grandissant autour de l'accord commercial UE/Mercosur
Marais de Pantanal, Brésil, État du Mato Grosso

L'accord commercial UE/Mercosur, dont la conclusion est annoncée comme "imminente", suscite un malaise grandissant dans certains Etats membres face à la pression des agriculteurs et des ONG.

Selon plusieurs sources, les chefs d'Etat de quatre pays - France, Irlande, Belgique, Pologne - viennent d'écrire au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour lui faire part de leur "préoccupation" sur les risques que fait peser cet accord sur leur agriculture. La Commission européenne, qui négocie au nom des 28 Etats membres, a confirmé à l'AFP avoir reçu ce courrier mais pas sa teneur.

Les discussions entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), ouvertes il y a 20 ans, pourraient aboutir à l'un des plus vastes accords de libre-échange jamais conclu, avec plus de 770 millions de consommateurs et 18 000 milliards d'euros de PIB. Et à en croire le président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro et son homologue argentin de centre-droit Mauricio Macri, qui ont annoncé début juin un accord "imminent", elles sont entrées dans leur toute dernière ligne droite.

Bruxelles a eu beau répéter depuis que rien n'était joué, l'inquiétude a grimpé en flèche chez les agriculteurs européens, qui craignent une déferlante de produits sud-américains avec la suppression de certains droits de douanes, et chez les défenseurs de l'environnement.

"Sacrifice"

"Nous avons encore des difficultés au niveau agricole" dans les négociations, a concédé le 18 juin le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, citant "la viande bovine, le sucre, l'éthanol et la volaille", ainsi que certaines indications géographiques protégées. Mais "si les circonstances s'y prêtent, d'ici la fin de la semaine prochaine, lors d'une réunion ministérielle, nous aurons un accord", a-t-il prédit. Selon une source proche des discussions, les ministres sud-américains pourraient rencontrer M. Hogan et la commissaire au Commerce Cecilia Malmström dès le 27 juin à Bruxelles.

"On va tout droit vers un accord afin de satisfaire les enjeux industriels européens, pour ne pas dire allemands", s'est désolé Bruno Dufayet, président de la Fédération française bovine (FNB), dans une allusion à l'industrie automobile. "Et pour cela, on accepte le sacrifice de l'élevage européen", a-t-il regretté, interrogé par l'AFP. "Comment pouvons-nous envisager d'affaiblir à nouveau nos communautés agricoles européennes ?", s'est pour sa part alarmé le Copa-Cogeca, principal syndicat agricole dans l'UE, dans une lettre ouverte à Bruxelles. Avant la lettre des quatre chefs d'Etat, l'Irlande avait déjà fait part de son "grand malaise" dans un courrier à la Commission, évoquant "la perspective croissante d'un accord déséquilibré, qui sapera les secteurs agricoles les plus vulnérables".

"Misères du monde"

L'exécutif européen n'a pas commenté cette lettre, ni celle publiée par 340 ONG européennes et sud-américaines, dont Greenpeace ou Friends of the Earth, qui attaquent l'accord sur deux autres fronts : l'environnement et les droits de l'homme. Ces organisations, déjà opposées pour certaines aux précédentes négociations commerciales avec les Etats-Unis ou le Canada, demandent à l'UE d'"interrompre immédiatement" les discussions "en raison de la détérioration des droits humains et de la situation écologique au Brésil" depuis l'investiture en janvier du président Bolsonaro. Elles réclament "des mesures strictes" contre la déforestation et "des engagements" en faveur de l'accord de Paris sur le climat.

"Les récentes élections européennes (où les partis écologistes ont progressé, ndlr) ont montré que les citoyens exigent un verdissement de l'agenda européen", a souligné Perrine Fournier, de l'ONG Fern. Ces appels ont trouvé un écho au Parlement européen, où la délégation Renaissance, celle du parti du président français Emmanuel Macron, a exprimé ses "inquiétudes". Quant à La France Insoumise, elle prédit "la mort" de l'agriculture européenne si les discussions "avec le Mercosur de Bolsonaro" aboutissent.

La commissaire Malmström avait anticipé ces critiques en affirmant le 17 juin ne pas être "d'accord avec certaines mesures prises au Brésil". Mais "un accord commercial ne peut résoudre toutes les misères du monde", avait-elle ajouté. L'UE et le Mercosur ont échangé en 2018 pour près de 88 milliards d'euros de marchandises. Les pays d'Amérique du sud ont essentiellement exporté leurs produits agricoles et les Européens des produits industriels et pharmaceutiques.

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Commentaires 6

digue3942

il faut tuer le paysan français voir européen , une race à éliminer .

marie23

Une fois cet accord signé et l invasion de viande "proprement" produite ,avec des cahiers des charges inexistants, quelles solutions restera il a nos pauvres éleveurs qui n'ont qu un seul souci ,réduire encore et encore leur cout de production pour rester vivant.Face a toutes les charges auxquelles il faut pallier ,aux aléas climatiques, a la FCO et a l effondrement des prix de vente des bovins viandes, j ai du mal a imaginer une issue favorable.Le monde de l élevage est découragé et se meurt doucement mais inexorablement et toutes la sphère politique française et européenne s'en fou royalement.

Bruno 02

Trouvez-moi le moindre accord qui ait jamais favorisé l'agriculture européenne...

agri 70

rien de nouveau sous le soleil, commerce =fric ,les paysans circulez il n y a rien à voir.

petition signée

la photo de par les 2 boucles à chaque bovidé démontre une bonne traçabilité!!

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