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[Med’Agri] « L’homéopathie est une médecine d’expérience »

Raphaël Lecocq

Claire Martin, vétérinaire homéopathe dans les Hautes-Alpes, entourée de Danielle Pratte-Meurot (à sa droite) et d’Agnès Briançon, toutes deux éleveuses dans la Drôme

A l’heure où l’homéopathie est mise à l’index pour son manque de preuves scientifiques, des éleveuses témoignent de leurs pratiques en matière de remèdes alternatifs aux médicaments, sans tomber dans le jusqu’au-boutisme.

514 tonnes

C’est le poids d’antibiotiques consommé en France en 2015 en santé vétérinaire. Un tonnage qui pointe à 786 t dans la santé humaine. Les problèmes de résistance aux antibiotiques (1940) sont aussi vieux que la mise sur le marché de la pénicilline (1943). Antibiotiques, anti-inflammatoires, analgésiques, bêtabloquants, antidépresseurs : de nombreuses molécules sont aujourd’hui détectées dans l’environnement et notamment dans les eaux douces et marines, contaminant jusqu’aux poissons en eau profonde.

[Med’Agri] « L’homéopathie est une médecine d’expérience »

Contre les mammites (œdème mammaire péripartum) : des cataplasmes d’argile, de la phytothérapie à base d‘artichaut ou de pissenlit, de l’aromathérapie à base d’huiles essentielles de cyprès ou de citron ou encore de l’homéopathie. Contre les plaies et gerçures de trayons : de l’homéopathie également sinon des huiles essentielles (phytothérapie) à base de lavandin ou de clou de girofle ou de la phytothérapie au moyen de consoude, de millepertuis ou de cataplasmes de choux. Pour lutter contre les diarrhées des animaux jeunes animaux : un libre accès à l’argile, du charbon activé, de la tisane de foin, des plantes à tanin (romarin, chardon-marie...) ou de l’huile essentielle. Ce sont quelques exemples de remèdes alternatifs aux traitements médicamenteux. « Ça marche » témoignent en coeur Agnès Briançon, éleveuse de caprins et d’ovins à Valdrôme (Drôme) et Danielle Pratte-Meurot, éleveuse de brebis à Vachères-en-Quint (Drôme).

[Med’Agri] « L’homéopathie est une médecine d’expérience »

La prévention d’abord

Les deux éleveuses disposent de nombreuses années de recul à l’appui de leur affirmation. Elles sont à l’origine de deux ouvrages dédiés aux remèdes alternatifs pour animaux. Elles organisent par ailleurs des réunions d’information auprès d’éleveurs. « Je ne suis pas vétérinaire », s’empresse de préciser Agnès Briançon. L’homéopathie, qui n’est pas reconnue au plan scientifique, est une médecine d’expérience. C’est cette expérience que nous souhaitons partager avec les éleveurs désireux d’avoir une autre approche ». Cette approche, elle ne repose pas que sur des remèdes, qu’ils relèvent de l’homéopathie, de la phytothérapie ou de l’aromathérapie. « Il s’agit d’une démarche globale où la prévention jour un rôle essentiel », explique Claire Martin, vétérinaire homéopathe dans la région de Gap (Hautes-Alpes). « Le choix de races adaptées à leur environnement, l’alimentation, le respect de la physiologie animale, la densité d’animaux et le logement garantissant de bonnes conditions d’hygiène constituent des prérequis ». Une ligne de conduite que l’allopathie ne renierait pas.

[Med’Agri] « L’homéopathie est une médecine d’expérience »

La santé, avant la médecine

Au même titre que l’allopathie et la chimiothérapie, l’aromathérapie et la phytothérapie sont basées sur la matière alors que l’homéopathie, comme l’ostéopathie, l’acupuncture ou les médecines orientales, sont basées sur l’énergie. Les remèdes homéopathes peuvent être d’origine animale, minérale ou chimique, autrement dit pas exclusivement végétale. « Dans le cas des traitements matière, les symptômes sont des signes à éviter alors que dans le cas de l’énergie, les symptômes sont compris comme des réactions de défense du corps, qu’il faut respecter et accompagner », précise la vétérinaire. « Les résistances aux antibiotiques et la faiblesse de l’innovation en la matière mènent à une impasse thérapeutique, nous obligeant à remettre en question notre mode de pensée. Il faut penser santé avant de penser médecine ». Les promoteurs des techniques alternatives de soin se gardent de tout jusqu’au-boutisme. « L’observation et la relation homme-animal sont déterminantes », analyse Agnès Briançon. « En ce qui me concerne, quand je ne trouve pas de solution par l’homéopathie ou autre, j’en appelle à la chimie ».

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Commentaires 2

viande

OK avec misère, c'est pour ça que vivea ne finance plus les formations liés aux plantes médicaments

misere

et oui sa coute pas chere et ne fait pas vivre les grand groupes

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