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Mouvements d’animaux : un risque majeur que vous pouvez maîtriser. Vite ne veut pas dire bien !

Christophe LE MAUX – Dr Boris BOUBET – GDS Creuse – www.gdscreuse.fr

Mouvements d’animaux : un risque majeur que vous pouvez maîtriser. Vite ne veut pas dire bien !

Mouvements d’animaux => La gestion des allers et retours des animaux (introduction, copropriété, retour de pension, de concours ou de marché…), composante essentielle de la biosécurité, reste un axe d’action majeur pour éviter l’introduction de nouvelles maladies dans votre cheptel et est à considérer de manière positive et non comme une contrainte.

Mouvements d’animaux : un risque majeur que vous pouvez maîtriser. Vite ne veut pas dire bien !

Tout aller ou retour est un facteur majeur de risque de contamination. L’animal arrive ou revient avec son microbisme ; le stress du transport, le contact avec d’autres animaux, le changement d’exploitation et de conditions d’élevage favorisent la réactivation des agents infectieux. Une méthode simple et peu onéreuse permet de gérer vos mouvements sans conséquences néfastes voire catastrophiques pour votre troupeau.

Pour chaque mouvement, je respecte chaque étape…

1-  JE SUIS VIGILANT pour tous les mouvements

Tout contact avec des animaux ou des moyens de transports extérieurs peut être source de contamination. Donc, tout prêt, mise en pension, participation à un rassemblement, retour de marché, passage d’un élevage à un autre pour un animal en copropriété, transport par un moyen « collectif », introduction… est à considérer comme un mouvement et requiert une application systématique de cette méthodologie.

2-  JE DEMANDE le statut IBR et paratuberculose du cheptel d’origine

Pour certaines entités, le contrôle individuel est insuffisant, voir inopérant. Il doit être complété par le statut du cheptel d’origine, c’est le cas pour l’IBR et, surtout, pour la paratuberculose. Ces informations se trouvent sur notre site www.gdscreuse.fr, onglet « garanties des élevages – bovins » ou disponibles sur simple demande.

3-  JE SIGNE un Billet de Garantie Conventionnelle (BGC) au moment de la vente

Le BGC est un outil technique et financier (au verso, voir les différentes étapes, précautions, obligations et aides en Creuse) par lequel le vendeur et l’acheteur s’entendent sur l’annulation de la vente en cas de résultats positifs vis à vis de maladies non-concernées par la rédhibition (BVD, paratuberculose, besnoitiose, néosporose…). Il est à signer à la vente par les deux parties. Nous envoyons un exemplaire avec chaque nouvelle ASDA et il est disponible auprès de nos services et de vos vétérinaires.

4-  JE VERIFIE l’identification du bovin et l’adéquation avec ses « papiers »

L’identification des bovins est de la responsabilité de l’éleveur, d’où la nécessité de vérifier la bonne identification du bovin. Lors de son arrivée, il doit être accompagné de son passeport (« carton rose ») avec l’ASDA (« carte verte »). Une vérification de l’adéquation entre les informations portées sur ces deux documents et le bovin, la mention de la date de départ, les informations relatives à l’ICA (Information sur la Chaine Alimentaire) et la présence de la signature du précédent détenteur sont obligatoires. L’ASDA datée et signée est valable 30 jours. Un bovin ne sera accepté que si tous ces éléments sont conformes. Son entrée sera notifiée à l’EDE dans les 7 jours qui suivent son introduction.

5-  J’ISOLE tout bovin après un mouvement même face au sentiment « d’urgence »

Après un mouvement, tout bovin est en phase de stress dont l’importance est fonction des conditions de transport. L’animal est alors en déséquilibre immunitaire avec un microbisme différent. L’isolement est donc essentiel pour ne pas contaminer votre cheptel par de nouvelles pathologies, notamment en matière de BVD et plus particulièrement avec les infectés transitoires. Tout bovin ayant eu un mouvement doit donc être isolé 15 jours minimum et jusqu’à l’obtention des résultats d’analyses. L’isolement signifie que ce dernier ne peut être en contact avec les autres animaux du troupeau.

6- JE DETERMINE avec mon vétérinaire sanitaire les analyses complémentaires

Pour tout mouvement, une réflexion spécifique est à effectuer avec votre vétérinaire sanitaire pour déterminer les éventuelles analyses à réaliser.

… avec des aides techniques et financières de GDS Creuse

Lors de tout résultat positif, nous prenons contact avec le vétérinaire sanitaire et l’éleveur pour étudier les actions complémentaires à mettre en place. Nous prenons en charge, avec la participation du Conseil Départemental, le dépistage systématique virologique BVD PCR et 50 % des frais des autres analyses lors de l’utilisation du BGC. Le surcoût analytique se situe ainsi autour d’une quinzaine d’euros à comparer à la valeur du bovin introduit et aux risques sanitaires pour votre élevage.

La vigilance à l’introduction, une composante essentielle de la biosécurité, base de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! »

Les règles administratives concernant les différentes maladies n’ont qu’un objectif, assurer une sécurité pour l’élevage où arrive ou revient l’animal. Ce qui est souvent vécu comme une contrainte n’est en fait que l’application de règles sanitaires visant à protéger votre élevage. C’est à chacun de se les approprier, afin de s’assurer de ne pas introduire de pathologie, en n’oubliant jamais la règle de base, l’isolement. Chaque situation a ses particularités. Cela montre la nécessité d’une discussion spécifique avec votre vétérinaire sanitaire lors de chaque mouvement. Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire ou nos services.

Mouvements d’animaux : un risque majeur que vous pouvez maîtriser. Vite ne veut pas dire bien !

Mouvements d’animaux. Un panel d’analyses à adapter à chaque situation

L’évolution de la réglementation, notre situation épidémiologique très favorable pour la brucellose, la tuberculose et l’IBR permettent, sous certaines conditions, des dérogations aux analyses pour ces maladies. Il est par contre nécessaire d’être vigilant vis à vis d’autres pathologies, qu’elles soient déjà largement dépistées comme la BVD et la paratuberculose ou plus nouvelles comme la besnoitiose ou la néosporose (cf. tableau).

IBR : à contrôler 15 à 30 jours après l’arrivée du bovin dans le cheptel

Le risque de contamination majeur se situe entre le cheptel de départ et celui d’arrivée ou lors de retour de tout rassemblement (concours, marché…). Si l’animal se contamine, une séroconversion sera identifiable 15 jours après avec une sérologie. Pour prendre en compte cette problématique, un contrôle IBR est demandé 15 à 30 jours après l’arrivée ou le retour du bovin dans le cheptel (cf. illustration), avec un isolement strict en attendant.

En revanche, si le bovin est issu d’un « cheptel indemne en IBR » avec un transport direct et maîtrisé entre les cheptels d’origine et d’arrivée, une dérogation au contrôle IBR peut intervenir. Une demande est à effectuer à GDS Creuse. Dans ce contexte, le contrôle pour les autres maladies (BVD, paratuberculose, besnoitiose, néosporose) est à réaliser le plus rapidement possible après l’arrivée du bovin.

BVD : TOUT BOVIN INTRODUIT POUR L’ELEVAGE DOIT AVOIR UN STATUT BVD

Les mouvements d’animaux sont une cause de contamination BVD des troupeaux. Depuis 2006, chaque bovin avec une prise de sang au mouvement est testé pour s’assurer qu’il n’est pas IPI (Infecté Permanent Immunotolérant : porteur et excréteur de virus durant toute sa vie), GDS Creuse prenant en charge à 100 % les frais d’analyse. L’augmentation des dérogations IBR associée à un relâchement sur le dépistage de la BVD constitue un risque vis-à-vis de cette maladie, des IPI introduits déclenchant la maladie après contamination du cheptel ont été identifiés. Le contrôle BVD lors de tout mouvement d’un bovin sans statut BVD est donc impératif.

Paratuberculose : une maladie insidieuse

Même si certaines races semblent plus affectées, la paratuberculose peut concerner tous les bovins. La clinique classique d’amaigrissement et de diarrhée n’intervient que tardivement, le dépistage de tout bovin de plus de 18 mois est donc fortement conseillé, sauf s’il provient d’un cheptel sous apport de garantie.

Besnoitiose : une vigilance face à l’extension de cette maladie

La besnoitiose est une maladie émergente avec une progression inquiétante (cf. article du 28/11/2018). La découverte de deux foyers en Creuse et des analyses d’introduction positives dans des cheptels incitent à redoubler de vigilance. Le conseil est donc désormais de dépister à l’introduction tout bovin introduit.

Néosporose : un contrôle de toute femelle destinée à la reproduction

La néosporose est une maladie parasitaire, la transmission se faisant par l’ingestion de fourrages contaminés par des déjections de chien ou verticalement de la mère à la fille. Sur les bovins, cela peut provoquer des avortements, les races laitières semblent plus sensibles mais des cas ont été mis en évidence sur des vaches allaitantes avec le kit d’analyses avortement (cf. article du 22/12/2017). Un contrôle néosporose est recommandé sur toute femelle destinée à la reproduction.

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