anonymous

Plan Loup : les éleveurs déçus des réponses du gouvernement

A.M. avec l'AFP

Plan Loup : les éleveurs déçus des réponses du gouvernement

La France compte plus de 500 loups. Face à l’expansion plus rapide que prévue de l'animal dans l'hexagone, l'Etat présentait le 28 mai une série de mesures dans le cadre du Plan national loup, insuffisantes aux yeux des éleveurs.

Un loup abattu aux portes de Nîmes

Un loup mâle, peut-être responsable de la mort de près de 360 bêtes, aux alentours de Nîmes (Gard), a été abattu dans la nuit du 25 au 26 mai  sur le plateau des Costières, a annoncé la préfecture du Gard. Ce loup "très probablement" solitaire a été tué par un lieutenant de louveterie dans le cadre d'un tir de défense autorisé par arrêté préfectoral, afin de protéger un troupeau d'ovins menacé, précise le communiqué de la préfecture.

Le président Macron avait vendu la mèche en mars, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) doit l'officialiser début juin : le nombre de loups a dépassé les 500 adultes en sortie d'hiver. Ce nombre correspond au seuil minimum de viabilité du Canis lupus classé vulnérable sur la liste rouge française de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et protégé au niveau français et européen. Le plan loup actuel du gouvernement prévoyait d'atteindre ce seuil en 2023. Face à l'expansion plus rapide de l'animal, le préfet d'Auvergne-Rhône-Alpes, en charge du dossier, a dévoilé le 28 mai de nouvelles mesures. 

La plus emblématique, déjà annoncée par Emmanuel Macron en mars, est le relèvement du niveau de tirs des loups de 10-12% à 17-19% de la population. Ce pourcentage a été fixé après consultation de l'ONCFS et du Muséum national d'histoire naturelle. "La population de loups a augmenté d'environ 13% en 2018, alors qu'on a tiré plus de 12% de loups", constate Murielle Guinot-Ghestem, de l'ONCFS.

L'Etat finance actuellement des dispositifs de protection dans les zones de prédation (parcs électrifiés, chiens, gardiennage par des bergers). Il existe deux types de zones, 1 et 2, en fonction de la fréquence des attaques. Il est prévu d'en ajouter une troisième, un "cercle 0", correspondant aux foyers de prédation, et d'y permettre un gardiennage permanent en supprimant le plafond des aides. 195 éleveurs ont concentré 50% des dommages de 2015 à 2017.   

Les démarches administratives des éleveurs devraient aussi être simplifiées : ils pourraient déposer un dossier unique pour demander des mesures de protection et des tirs de défense.

Pour les syndicats, le compte n'y est pas

Pour les fédérations agricoles et d'éleveurs, le compte n'y est pas. La FNSEA, les Jeunes agriculteurs (JA), la Fédération nationale ovine (FNO) et la Fédération nationale bovine (FNB) réclament "la suppression de tout plafond pour les tirs de défense et de prélèvement" et refusent que les indemnisations soient conditionnées à la mise en place de mesures de protection. En 2018, 3.674 attaques ont eu lieu contre plus de 12.500 animaux, principalement des ovins. Ces attaques se concentrent dans les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence et en Savoie. "La protection du loup est effective mais celle de l'élevage n'est pas efficace sur le terrain", fait valoir Claude Font de la FNO.

L'Etat a également prévu de délimiter une zone difficilement protégeable en Aveyron, Tarn, Hérault et Lozère, avec la possibilité de tirs de défense, sans mise en place préalable de mesures de protection. "Cela correspond à la zone Roquefort, avec environ un million de brebis en élevage traditionnel", explique Claude Font, qui s'élève contre cette "gestion différenciée" selon les régions.

"Le gouvernement veut essayer de bloquer la population à 500 loups", craint pour sa part Patrick Boffy de l'association de protection des grands prédateurs Ferus, pour qui une telle politique serait "illégale". Ce chiffre correspond à un premier seuil de "viabilité démographique", laquelle est définie par l'aptitude de la population, à moyen terme (100 ans), à résister au risque d'extinction, face à des aléas de survie et de fécondité d'autant plus forts que les effectifs sont restreints. "500 n'est pas du tout un plafond de verre", assure toutefois le gouvernement.

Sur le même sujet

Commentaires 10

1584

@cardan372 : je vous comprends et suis bien d'accord avec vous au détail prêt qu'il ne faut surtout pas dire que c'est de l'argent gaspillé car le loup courra toujours plus vite que l'argent pour indemniser les éleveurs

Mortier

A l'époque où Charles de Perrault écrivait ses contes, on dénombrait les femmes et les enfants tués par les loups par dizaine chaque année. Qui a décidé que le loup soit classé animal inoffensif ? Nos arrières grands-parents étaient de vrais écolos et ont éradiqué le loup pour le bien de tous. Soutien aux éleveurs.

GR

j'attends avec impatience le jour ou des loups, qui n'auront plus de moutons à manger faute d'éleveurs, se rattraperont sur un gamin... celui d'un protecteur du loup, bien sûr !!!

Baba

Avec la poussée écolo des élections, le loup a gagné et va dévorer l'agneau.
Finalement, la fable de La Fontaine est toujours d'actualité : LA LOI DU PLUS
FORT EST TOUJOURS LA MEILLEURE .
Amis éleveurs et producteurs d'agneaux, le loup se lèche les babines il va petit à petit
dévorer vos bêtes et peut-être vous aussi.
BON courage.

Cardan372

J'ai entendu hier à la radio que l'état mettait un budget de 30 millions d'euros pour la protection des troupeaux. On peut lire sur internet que la gestion du loup dans son intégralité coûte plus de 200 millions d'euros par an. N'est ce pas une honte de mettre un tel budget, pour des prédateurs qui font reculer l'élevage.
Une minorité de soi disant bien pensant nous impose une politique à grand coup de millions.
Ne serait il pas venu le moment de communiquer sur cet argent gaspillé. Ne serait il pas mieux dans nos cantines pour l'éducation culinaire de nos enfants !

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier