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Tests ADN, première contre-attaque des éleveurs face au loup (et à l’Etat)

Raphaël LECOCQ

Dénonçant l’opacité des analyses officielles, les éleveurs ont décidé de procéder, à leurs frais, à des prélèvements d’ADN sur les scènes de prédation. Résultats ? Les loups sont plus nombreux qu’annoncés officiellement et la proportion de croisés chiens/loups n’a plus grand chose à voir avec les objectifs de préservation de l’espèce.

Les premiers résultats ont été présentés le 5 août 2017 à Séverac d’Aveyron (Aveyron) par les collectifs d’éleveurs Cercle 12 et Cercle 48, à l’occasion du rassemblement de « 3000 bêtes face aux loups », soit le tiers de la prédation enregistrée en 2016 en France. Ces tests financés par les éleveurs eux-mêmes, à raison d’environ 100 € l’unité, ont été réalisés par ForGen, un laboratoire allemand indépendant, spécialisé dans la génétique médico-légale, certifié ISO 17025. Les résultats sont peut-être de nature à changer la donne. Au niveau quantitatif d’abord puisqu’ils révèlent un nombre de loups supérieur aux estimations officielles. Sur le plateau du Larzac, les chiffres officiels font état de la présence d’un seul loup. Les tests génétiques réalisés par les éleveurs ont permis d’en identifier au moins cinq.Transposés au niveau national, ces chiffres font voler en éclat les chiffres ministériels et avec eux l’autorisation de prélèvement de 40 loups pour la période 2017-2018.

Pas de(s) loups ?

Au plan qualitatif ensuite puisque les échantillons indiquent la prépondérance de loups hybrides, au détriment des loups purs. Le caractère hybride des loups, autrement dit le croisement chien / loup, exclue tout simplement ces spécimens des conventions protectrices de Berne et autre directive Habitats faune flore, obligeant de fait l’Etat à organiser leur prélèvement. Et pour cause, l’hybridation fait perdre les caractéristiques de l’espèce, ce qui va à l’encontre de l’objectif de préservation ! Outre l’hybridation, les tests génétiques sont également porteurs d’informations sur l’origine des loups. Bruno Lecomte, éleveur de chèvres dans les Vosges, qui réalise depuis 20 ans un gros travail d’investigation sur la question ( ici), attend la confirmation de résultats d’analyses pour faire d’autres révélations sur l’origine des loups, dont le retour, prétendu naturel, interroge.

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Commentaires 10

biere

C'est un devoir pour un éleveur de détruire systématiquement tous les loups qui attaquent leur troupeau …
Pourquoi sont ils si dociles ??

jean

Il faut être sérieux.oser dire que les paysans réclament des indémnités pour dégats de chien errant est totalement Faux.il y a des attaques de loups qui ne sont pas reconnues.il y a sous estimation volontaire de la population de Loups.Des éleveurs ayant eu attaques et pertes de veaux de 6 mois n'ont jamais pu se faire indemniser.il y a parfois quelques personnes qui font du zéle dans l'administration.Les éleveurs et le Monde Rural se passeraient bien de ce Cancer qu'est cette réintroduction du Loup

ACCES84

Quand on a une attaque "loup non exclu", on est indemnisé .
Chien errant non identifié, on ne touche rien du tout.
On revient à la case départ, parce que des chiens divagants il y en a de plus en plus, et pas seulement des caniches.
Et c'est seulement quand le loup est revenu que les syndicats se sont mis à s'intéresser aux attaques contre les troupeaux de petits ruminants.
On est en train de se tirer des balles dans le pied pour permettre à certains politiques de faire bouffer de l'écolo à leurs troupes sans que cela leur coûte rien.

Panurge79

Bravo les éleveurs !
N'en déplaise aux bobos- écolos, le loup reste un cancer de l'élevage dont nos ancêtres s'étaient guéris.

Panurge79

Bravo les éleveurs !
N'en déplaise aux bobos-écolos le loup reste un cancer de l'élevage et nos ancêtres s'en était guéri !

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