Le "sans OGM", une future norme pour le lait conventionnel ?

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Le "sans OGM", une future norme pour le lait conventionnel ?

Suite au développement d’une offre de lait sans OGM dans plusieurs pays européens, la France se lance à son tour. La question est de savoir s’il s’agit d’une réelle attente des consommateurs, alors que les moyens de différenciations sont nombreux, et si nous pouvons faire face sur le plan des approvisionnements et en répercuter le prix. En effet, il faut pouvoir trouver des solutions de remplacement aux concentrés protéiques à base de soja.

Le consommateur n’en a pas forcément conscience, mais lorsque l’on parle de « lait sans OGM » il s’agit plus précisément d’une alimentation des vaches laitières sans OGM et notamment de l’absence de soja importé de pays n’ayant pas les mêmes contraintes de réglementations ou d’acceptations sociétales. L’Autriche a été la première à exiger à la fin des années 90 que le lait soit sans OGM, allant jusqu’à inscrire leur interdiction dans sa constitution... Il s’agissait alors pour les autorités autrichiennes de répondre aux attentes des consommateurs mais aussi un moyen de protéger le marché local. Sous la pression d’associations, d’autres pays ont suivi l’exemple autrichien, notamment l’Allemagne : 50 % de la production de lait respecte cette norme « sans OGM ».

En France, la production laitière « sans OGM » est de fait assez élevée en raison des cahiers des charges AOP/IGP mais aussi de la production laitière bio. Même s’il n’y a pas de données chiffrées très précises sur la production laitière française, les professionnels du secteur l’évaluent à 20/25 % de la production totale. De plus, afin de répondre aux besoins à l’export notamment vers l’Allemagne qui est notre 1er client, de nombreux opérateurs incitent à produire un lait sans OGM. Plusieurs sites de production de l’est de la France ont donc initié une démarche de production en collaboration avec les exploitants agricoles.

Il semble difficile de savoir si le consommateur français a les mêmes attentes que ses voisins d’Outre-Rhin ou que ceux des pays nordiques. L’offre française s’inscrit plutôt dans une démarche combinant des promesses de différenciation du produit laitier : bien-être animal, éthique/ rémunération de l’éleveur, local, engagement du nombre de jours de pâturage. Nous pouvons citer par exemple, le groupe Fromageries Bel qui propose des produits sans OGM et avec 150 jours de pâturage, mais aussi le label « c’est qui le patron ?! » qui s’engage à fournir un lait à la fois éthique (en assurant une juste rémunération de l’éleveur) mais aussi sans OGM et avec 3 à 6 mois de pâturage.

Le consommateur dicte de nouvelles exigences de « qualités perçues » ou porteuse de sens, c’est pourquoi la différenciation est un moyen pour les acteurs de la filière de créer de la valeur. Le surcoût de l’alimentation animale est répercuté à l’éleveur qui reçoit, aussi bien en France qu’en Allemagne, environ 1 € pour cent litres de lait collecté. Se pose cependant la question de la capacité de la filière à pouvoir s’approvisionner en aliments sans OGM, notamment s’il y a une généralisation de cette norme. Non seulement les prix de ces aliments risquent de connaître une inflation qui impacterait directement le consommateur mais il faudrait aussi envisager une augmentation non négligeable des importations d’aliments sans OGM pour répondre à la demande. De manière plus générale, pourrait se poser un problème de message vis-à-vis des consommateurs qui auront une 

offre composée à la fois d’un lait conventionnel « montant en gamme », d’un lait bio et entre les deux, un grand nombre de différenciations (d’offres) avec des normes propres à chaque transformateur.a 7 millions de poulets/semaine à reconquérir par la production nationale ».

Cet article est extrait de la revue PRISME, l’analyse de la conjoncture et de l’actualité agricole et agroalimentaire. Lire tout le dossier :  PRISME n° 23 JANVIER 2019 

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Commentaires 6

digue3942

je produis du soja non ogm et il est jusqu'a aujourd'hui payé au prix mondial.......

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