Viande bovine : le bœuf comme monnaie d’échange?

PARIS Le réseau CERFRANCE

Viande bovine :  le bœuf comme monnaie d’échange?

Les différents accords bilatéraux, avec le Mercosur, le CETA et demain l’Océanie mettent la filière viande sous pression.

BIO

L’ambition du plan filière en bovin viande est claire: doubler la production de viande bio en 5 ans! Plébiscitée par les consommateurs, la demande en viande bovine ne cesse de croître et les opérateurs filières souhaitent capter ses parts de marchés. Si la croissance annuelle de certains segments est remarquable, +19 % des volumes de veau bio abattus, + 17 % de vente de haché bio, l’offre globale reste mesurée avec seulement 1,5 % des volumes de viande vendue. L’attractivité du bio pour les éleveurs, à travers une rémunération du kilo de viande supérieur au conventionnel et plus régulière, doit être mise en perspectives avec des questions d’ordre technique. Comment bien finir les animaux avec des systèmes souvent très herbagers? Comment atteindre l’autonomie alimentaire tout en assurant un volume de production de viande vive? Comment valoriser des animaux qui étaient destinés au marché du maigre ?

Le différentiel de prix au kilo fait craindre une concurrence forte sur certains segments de marchés, tels que la restauration hors foyer, fer de lance ces dernières années de la filière. Mais le risque repose surtout sur la gamme des produits qui seront importés. Effectivement, les accords commerciaux concernent principalement les aloyaux. Or, ces morceaux nobles apportent une forte contribution à la valorisation des carcasses (environ 15 % du poids mais 30 % du prix). À l’heure où les équilibres matières sont bouleversés par l’essor du steak haché, le prix des bovins pourrait continuer de baisser de façon significative si les arrières sont fortement concurrencés par ses viandes étrangères.

Viande bovine :  le bœuf comme monnaie d’échange?

FCO

Cette baisse accentuerait la situation déjà préoccupante dans laquelle se trouve l’élevage allaitant: marché saturé pour les génisses viande (hormis créneaux de chevilles), prix des réformes stable mais insuffisant pour faire face aux coûts de production. Seul le marché du maigre a connu une embellie sur le début d’année 2018, du fait d’une offre limitée. Il manque environ 10 % des mâles de 6 à 12 mois en juin 2018 suite aux problèmes de vaches vides fin 2017. La demande soutenue des deux premiers trimestres devrait se ralentir et plus globalement être imputée par la concurrence de la Pologne, le blocage FCO sur l’Espagne ou encore la renationalisation du marché italien qui privilégie pour une partie de l’engraissement ses broutards nés, élevés et engraissés en Italie. Reste également en suspens l’ouverture des marchés du pourtour méditerranéen, pas d’actualité pour l’instant. D’autres incertitudes pèsent sur la filière viande, notamment l’évolution des relations commerciales entre L’Europe et le Royaume Uni. Les Irlandais exportent aujourd’hui près de 400000 tonnes de viande en Angleterre, qu’en sera-t-il demain si des droits de douane se mettent en place? Les Irlandais exporteront-ils plus vers l’Europe? Vers la France de par sa proximité géographique ?

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CHINE

Si la multiplication des accords bilatéraux est souvent source de menace pour la filière viande, des opportunités semblent aussi se dessiner. Le Moyen l’Orient, l’Asie augmentent de façon conséquente leurs importations de viande bovine. La construction de la nouvelle route de la soie, la signature du protocole d’accord pour l’exportation de viande bovine française avec la Chine en juin 2018 sont autant de pas vers ces nouveaux marchés à conquérir.

Ces opportunités nécessitent de repenser les types de production et les conduites d’élevage; afin de coller à la demande existante que ce soit de la viande persillée pour la Chine, du bio pour d’autres. C’est aussi à l’ensemble de la filière d’être novatrice sur les produits proposés: haché, catégoriel, mais surtout produits transformés qui seront les débouchés de demain.

VIANDE B

Article Cerfrance - veille économique agricole - novembre 2018 - Nathalie Velay et Sabine Michel

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Commentaires 1

DIGUE3942

la présence de ruminants en Californie serait la solution par rapport au désastre qui se joue sur place ;défendons avec force nos élevages et notre QUALITE....

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