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Ça chauffe entre la Fnab et le Cnab

Raphaël Lecocq

Ça chauffe entre la Fnab et le Cnab

Avec le Synabio, la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) s’oppose au chauffage des serres pour la production de fruits et légumes bio hors saison. Le Comité national d’agriculture biologique (Cnab) a reporté sa décision à juillet.

L’an passé, la Fnab et le Synabio, le Syndicat des entreprises agroalimentaires bio, ont pris position pour interdire le chauffage des serres pour la production de fruits et légumes bio hors saison. Ils ont soumis leur requête au Comité national d’agriculture biologique (Cnab), l’organe rattaché à l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), en charge de l'interprétation française du cahier des charges communautaire. Problème : il n’y a pas de consensus au sein des différentes familles professionnelles siégeant à l’INAO. Et par deux fois, la décision a été... gelée. Elle est désormais repoussée au mois de juillet prochain.

« Respect des cycles naturels »

Le cahier des charges bio impose le « respect des cycles naturels » et une « utilisation responsable de l’énergie », mais il ne précise pas clairement les pratiques conformes et non conformes à ces principes généraux. La Fnab et le Synabio réclament un encadrement des pratiques (mise hors gel, jeunes plants, énergies renouvelables...) et souhaite voir interdire le chauffage visant à permettre la production de fruits et légumes à contre-saison, une pratique déjà en vigueur en France. « Plus la décision d’interdiction est reportée, plus de nouveaux projets sortent de terre et plus ça sera difficile de revenir en arrière, il faut agir maintenant » explique Jean-Marc Lévêque, président du Synabio, cité dans le communiqué. "Ne reproduisons pas les erreurs du passé ». « On ne peut pas calquer un modèle productiviste conventionnel sur une logique biologique qui suppose d’accepter une baisse des rendements et des contraintes de production plus fortes dont la saisonnalité fait partie », renchérit Sylvie Corpart, agricultrice bio représentant la Fnab au Cnab. « Si les nouveaux acteurs se positionnent au mépris de cette logique, ils détruiront ce que nous avons mis 40 ans à construire ».

Moratoire

Au-delà de considérations éthiques, la Fnab et le Synabio s’appuient les éléments tangibles suivants : une tomate produite en France sous serre chauffée est responsable de 4 fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate importée d’Espagne et 8 fois plus qu’une tomate produite en France en saison, selon l’étude FoodGES de l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Les deux organisations s’appuient également sur la tendance des consommateurs à privilégier toujours davantage les produits de saison. La Fnab et le Synabio demandent un moratoire sur les nouveaux projets de construction de serres chauffées en bio jusqu’à ce qu’une décision soit prise en Cnab.

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Commentaires 19

viande

Depuis 2 ou 3 ans on voit des bio " économiques" , c'est eux qui vont casser le bio avec l'aide de structures qui s'en fiche royalement de l'environnement; bio ou pas bio il faut polluer autant ! c'est surement bien pendant quelques temps que les aides diminuent ça va faire du tri entre les vrais et les faux bio opportunistes.

babalito

je suis complètement d'accord avec Nico.

ZoZo

Bientôt la FNAB, s'opposera aux protections contre le gel des vergers et vignes, car ce n'est pas naturelle...

Nico

Une fois de plus on cherche à dénaturer ce qu’est la bio, pour produire plus. Et ainsi faire plaisir à E. Leclerc et ses amis fossoyeurs de l’agriculture . Lorsque le consommateur se rendra compte de la supercherie se sera la fin de la bio, qui avait, à l’origine du sens, celui de remettre du « bon sens paysan » à nos productions !!

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