Tomates : une année à oublier au plus vite

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Tomates : une année à oublier au plus vite

Les prix à la production sont en recul de 20 à 30 % sur la campagne 2018. Dans un contexte de faible demande, la concurrence des pays voisins se renforce. Il est primordial de conserverune segmentation avec une diversification à la française.

Tomates : une année à oublier au plus vite

Le début de la campagne de commercialisation 2018 de la tomate a débuté dans des conditions difficiles en termes de production et dans un contexte de demande en recul. Début avril, bien que la production nationale n’ait monté que très doucement, la consommation n’était pas encore suffisamment au rendez-vous. Les prix se sont nettement infléchis à la baisse. Les premières chaleurs observées au mois d’avril aptes à redynamiser la consommation, ont été insuffisantes pour faire repartir les cours à la hausse. La poursuite de conditions plutôt maussades en mai et juin n’a guère encouragé la consommation. Les volumes bien présents, en dépit de la baisse de l’offre sur un an, se sont difficilement écoulés.

En juin 2018, les prix moyens de la tomate étaient inférieurs de 30 % à ceux de juin 2017 et de 26 % à la moyenne 2013-2017. En cumul de janvier à mai 2018, les importations de tomates (287700 tonnes) ont augmenté de 1 %. Les importations marocaines (64 % des importations) ont diminué de 4 % mais celles en provenance d’Espagne et des Pays-Bas ont vivement progressé. Les exportations (128000 tonnes), constituées essentiellement de réexportations de tomates marocaines et espagnoles vers les pays du nord de l’Europe, ont diminué de 8 %. Le déficit des échanges a augmenté de 11 % sur la période.

Tomates : une année à oublier au plus vite

La segmentation des tomates à la française est convoitée

Le marché français paie plus cher les tomates d’origine France, mais les coûts de revient y sont globalement plus élevés, grâce aux efforts qualitatifs des opérateurs. Ceux-ci ont su développer des marques (Savéol, Les Paysans de Rougeline, Océane, Solarenn, Prince de Bretagne) et une réelle valeur ajoutée pour les consommateurs, en segmentant leur offre avec de petits fruits (tomates cerises, cocktail) et des variétés anciennes comme la cœur-de-bœuf, la noire de Crimée ou l’Ananas. Leurs emballages, souvent innovants, assurent à la fois une bonne présentation du produit, la mise en valeur de la marque et des conseils d’utilisation

Avec sa production très segmentée, marketée et vendue essentiellement en grande distribution, la France possède un réel atout. Mais elle n’est pas autosuffisante: sa production, relativement stable, est de 570000 tonnes, pour une consommation nationale qui avoisine 800000 tonnes : les importations (400000 tonnes) proviennent du Maroc, d’Espagne, de Belgique et des Pays-Bas ; les exportations, incluant les réexportations (150000 tonnes) vont en Allemagne, (35 %), Belgique, Pays-Bas, Pologne. Cette différenciation nécessite malgré tout des efforts permanents, car les importateurs convoitent ce marché à la française: si les Marocains n’ont jamais réussi à concurrencer les Européens en tomates grappe rondes, ils sont bien placés en prix sur la tomate cerise. De même, les Pays Bas ou la Belgique développent des outils toujours de plus en plus à la pointe technologiquement et visent ce marché français très qualitatif. Face à une demande plus faible comme en 2018, la concurrence sur l’offre a été particulièrement défavorable au prix. Dans ce contexte, il est primordial de garder une longueur d’avance pour aller aussi loin que possible dans une réponse fine à la demande du consommateur. Qui mieux qu’un opérateur français pour être au plus proche des attentes des consommateurs français?

Article Cerfrance - veille économique - lettre n° 51/2018

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