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Données agricoles : lancement officiel d’Api-Agro

Anne Sophie LESAGE

Données agricoles : lancement officiel d’Api-Agro

Après 12 mois de période expérimentale, la plateforme Api-Agro a choisi le Salon de l’Agriculture pour son lancement officiel. Cette plateforme de mise en relation entre émetteur et récepteur de la donnée, appelle dans un manifeste au déploiement d’une plateforme souveraine en Europe.

Api-Agro c'est quoi ?

Api-agro est une plateforme d'échanges de données françaises et européennes utiles au secteur. Données météo, pratiques agricoles, données économiques... les acteurs des différentes filières exposent leurs données sur la plateforme, de l'industrie au secteur public en passant par la recherche et l'éducation. Créée fin 2017 à l'initiative des réseaux des Instituts techniques agricoles (ACTA) et des Chambres d'Agriculture (APCA), API-AGRO SAS réunit aujourd'hui une quinzaine d'actionnaires privés et le Geves, soit des milliers d'acteurs du secteur en France et en Europe.

« La richesse de la donnée n’est pas dans leur propriété mais dans l’utilisation qu’on en fait » a déclaré Sébastien Windsor, président des instituts techniques agricoles Acta, à l’initiative du projet avec les chambres d’Agriculture. En effet, ce mardi 26 février, était lancé officiellement la plateforme numérique d’échange de données Api-Agro. Objectif « faciliter le partage des données, structurer et coordonner les flux d'informations entre les opérateurs pour leur permettre de développer, en toute sécurité, des services digitaux innovants au bénéfice des producteurs agricoles. » Api-agro sécurise les échanges de façon « technologique, juridique et commercial afin d’assurer une transaction équitable entre des émetteurs de la donnée et des utilisateurs de la donnée, dans le respect du droit » précise Sébastien Picardat, directeur Api-agro.

Concrètement, les entreprises émettrices de données, les mettent à disposition de la communauté pour qu’elles puissent être ainsi mutualisées. Charge à l’acquéreur des données de gérer les développements. Api-Agro n’est que la plateforme de mise en relation mais pas le développeur, ce qui permet selon la structure, « qu’il n’y ait pas de limite à l’utilisation. » Côté pratique, les entreprises présentes sur la plateforme paient un forfait pour être à la fois émetteur et récepteur de données ; c’est le récepteur qui achète à l’émetteur. La fiabilité des données est de la responsabilité de celui qui les dépose.

Passivité ou défiance

Pour Api-agro « le nouvel enjeu n’est plus la donnée elle-même, mais plutôt la capacité à y accéder, à l’interconnecter, à la protéger, à la traiter et surtout à la valoriser. » Car oui ces données doivent être utiles à la performance des agriculteurs, grâce à la création d’outils d’aide à la décision (OAD), des services digitaux innovants ou tout autre algorithme utile aux agriculteurs. Pour Sébastien Windsor, demain « les données seront aussi importantes que la possession de la terre. » Il insiste « ce n’est pas un hasard si la Chine a investi dans les données. » Pour lui, les agriculteurs réagissent face à la donnée par la passivité ou la défiance. Api-agro ambitionne de rétablir la confiance.

A l’occasion de la conférence de presse de lancement, Api-Agro a publié un manifeste « pour l’avenir alimentaire de l’Europe et la souveraineté des données agricoles », appelant au déploiement d’une plateforme souveraine d’échanges de données au service des usages agricoles en Europe. 

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Commentaires 4

couduprogré

encore une façon de trouver une combine pour vivre au crochet de l'agriculture.
automatisation de la saisie des données, du traitement des données, ça sert à quoi une foi les choses faites...à rien....si à apprendre pour ne plus recommencer l'erreur, or en agriculture ce n'est jamais pareil, ce n'est pas un métier où il suffit de suivre la check-liste.
c'est un métier d'inattendu, d'espoir déçu, "il paraissait pourtant clair ce blé", d'orage de grêle, d'un truc qui casse, oad qui finisse par dire de traiter...
ce n'est pas de la défiance, du conservatisme mais du réalisme, l'agriculture connectée est déconnectée; pour se payer ces équipements il faudra bouffer le voisin qui sera remplacer par le technicien de maintenance

steph

je suis d'accord avec vous le goulot.
D'ailleurs c'est en cela que je suis méfiant avec la fédé quant à la "robotique" , à la "digitalisation" de l'agriculture, informatique bien vendue, automatisme couteux, dépendance à des services, à des satellites qui finissent par coûter ce qu'ils vous font économiser, d'ailleurs ça commence toujours par un abonnement.
mais ça donne l'impression d'être un turbo-leader.
le consommateur a t il les moyens de payer cette sophistication ?
l'agriculture n'a pas besoin d'un secteur tertiaire, de services, mais de bras.

le goulot

On se gargarise avec tous ces outils en nous les présentant comme indispensables.Ce sont des charges supplémentaires,de nouvelles dépendances,en quoi cela va t-il améliorer le résultat des exploitations?Tous les jours il y a des dizaines d'applications qui sortent pour enfiler les perles et toujours le même émerveillement de ceux qui vivent autour de nous.Pour 95% des exploitations françaises ces jouets ne sont pas pour elles.Ne perdons pas de vue les postes essentiels de nos bilans et comptes de résultats

digue3942

encore des gens qui vont vivre à nos dépends .... et bien vivre ....une vie de parasite .

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