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GAEC des Mouleyres à la recherche de la terre promise !

PARIS Le réseau CERFRANCE

GAEC des Mouleyres à la recherche de la terre promise !

C’est avec passion que Patricia et Frédéric Brugerolle ont Façonné, en partant de zéro, la structure qu’ils exploitent Aujourd’hui, à Saint-Hippolyte dans le cantal, et qui s’apprête à accueillir leur fils Matthieu. L’accès au foncier a souvent conditionné Les développements de l’exploitation. Le parcours a parfois été semé d’embûches mais la passion leur a donné l’énergie pour avancer. Et la raison leur a souvent évité des erreurs.

GAEC des Mouleyres à la recherche de la terre promise !

Issus de deux familles d’éleveurs, Patricia et Frédéric sont tombés dans l’agriculture comme Obélix dans la potion magique. Avec des parents jeunes, un frère candidat à l’installation, Patricia, 20 ans, jeune diplômée en agriculture, ne se projette pas dans la structure familiale. Avec Frédéric, elle commence donc à se mettre en quête d’une structure foncière capable de leur offrir leur rêve d’installation.

Un combat pour accéder au foncier 

Patricia se souvient : “il a fallu se battre pour obtenir du foncier. Mais on a toujours été droit : si le propriétaire ne nous était pas favorable, on a toujours respecté, on n’entamait aucune démarche. L’administration n’était pas en notre faveur non plus car tout le monde pensait que cette reprise de foncier irait à l’agrandissement par la création d’un GAEC avec mes parents”. C’est finalement après deux années de recherche que Patricia devient chef d’exploitation en obtenant un bail sur une petite structure de 28 hectares en système mixte bovin lait - bovin viande. L’exploitation est petite, il faut rentabiliser : le couple décide de développer le lait et d’abandonner l’activité viande, trop gourmande en surface. Il ne faut surtout pas investir dans du matériel : Patricia et Frédéric travaillent en entraide avec leurs parents. Mais cela ne suffit pas : “il fallait absolument s’agrandir”. En 2001, les parents de Patricia développent leur structure sur la zone AOP Salers et libèrent du terrain à une dizaine de kilomètres de l’exploitation. C’est une opportunité à saisir pour Patricia et Frédéric qui achètent 8 hectares et reprennent 43 hectares en location. Ils développent alors leur activité laitière et retrouvent un troupeau allaitant de race Salers, inclus dans le bail. La structure devient viable. Patricia est chef  d’exploitation et Frédéric est salarié sur la structure.

GAEC des Mouleyres à la recherche de la terre promise !
L’épreuve du morcellement

2008 : un événement vient offrir une nouvelle possibilité de développement. À quelques kilomètres de là, “la ferme des Mouleyres se libère”. Patricia raconte : “on aimait cette ferme. 65 hectares autour des bâtiments et, à 500 mètres, 60 hectares de montagne avec en plus un droit sur 20 hectares d’estive en communaux. Une ferme comme ça à la location, il ne s’en libère pas tous les jours. Notre fils avait 10 ans, passionné d’agriculture… On commençait à pouvoir prévoir son avenir”. Les candidats sont nombreux mais nos éleveurs obtiennent les faveurs du bailleur. Pourtant, Patricia et Frédéric se heurtent à la concurrence pour l’obtention de l’autorisation d’exploiter. Frédéric, qui n’a pas les diplômes nécessaires pour s’installer en tant que Jeune Agriculteur et devenir ainsi prioritaire, se lance alors dans une Validation des Acquis et de l’Expérience qu’il valide. Dans le même temps, pour avoir toutes ses chances, le couple s’engage, peut-être un peu trop vite, à laisser les terrains qu’il exploite sur les 2 autres sites. Il obtient l’autorisation d’exploiter pour la ferme des Mouleyres. C’est ainsi qu’en 2010, Frédéric s’installe en créant avec Patricia l’EARL Brugerolle. Les terrains ne portant pas de quotas laitiers et les bâtiments loués n’étant pas adaptés, le couple arrête l’activité laitière pour conduire un troupeau allaitant en race Salers sur une surface totale de 125 ha correspondant aux seuls hectares fraîchement loués. Mais la reprise du cheptel et du matériel qui a accompagné cette nouvelle installation a été onéreuse et l’équilibre financier est difficile à obtenir.

GAEC des Mouleyres à la recherche de la terre promise !
Garder les pieds sur terre

Les équilibres étant précaires, Patricia et Frédéric doivent réagir pour consolider la structure et en améliorer la rentabilité. Ils se mettent en veille pour saisir les opportunités qui pourraient se présenter, analysent les différents chemins possibles. Patricia et Frédéric racontent :“quand on a un projet, on n’en parle pas. On a une personne de confiance. On analyse avec elle le projet”. C'est ainsi que le couple réfléchit en 2012, avec l'appui de Valérie Bornet, leur conseillère de gestion, à la reprise d’une ferme laitière en zone AOP Salers. Mais l’étude du projet ne laisse pas de doute : le billet d’entrée est trop cher. 45 hectares et les bâtiments à racheter à un prix élevé, un cheptel à monter de toutes pièces, une mise aux normes à prévoir… “La rentabilité n’était pas là. On n’y est pas allé”. Bien leur en a pris, une opportunité se présente : 3 ans plus tard, l’EARL Brugerolle devenue GAEC des Mouleyres, s’agrandit par la reprise de la ferme laitière d’un oncle de Patricia.

GAEC des Mouleyres à la recherche de la terre promise !
Devenir propriétaire pour transmettre

À l’occasion de cette reprise d’exploitation, Patricia et Frédéric acquièrent à titre personnel 30 hectares de foncier dans la zone de Saint-Nectaire et en louent 5 supplémentaires : “il était important pour nous d’avoir du terrain en propriété, pour pouvoir laisser quelque chose derrière nous Sinon, le jour où on arrête, on n’a rien. Ça, on le tient. Ça ne partira pas”, précise Patricia. Cette acquisition de foncier s’accompagne de l’achat du bâtiment et du cheptel laitier de l’oncle de Patricia. De nouvelles perspectives se dessinent pour eux : après étude du projet, ils prennent la décision de conserver ce troupeau laitier pour livrer du lait en laiterie et peut-être, plus tard, mettre en place un atelier de transformation fromagère pour produire du Salers et du Saint-Nectaire. Patricia connaît bien la transformation pour l’avoir pratiquée en stage et chez ses parents. Qui plus est, elle aime cette activité qu’elle sait rentable par ses expériences passées. Le marché est porteur et les affineurs recherchent de nouveaux producteurs. Valérie Bornet explique : “cet achat de foncier a été structurant pour l'exploitation car il a permis de regagner de la rentabilité sur la ferme, avec la production de lait livrée en laiterie. A fortiori, le choix de mettre en place la transformation a permis de créer de la valeur ajoutée et de valoriser le foncier déjà exploité plutôt que de tout miser sur un nouvel agrandissement pour préparer l’installation prochaine de Matthieu”. Aujourd’hui, Patricia et Frédéric exploitent 178 hectares. À 44 et 43 ans, ils ont construit de toutes pièces la structure sur laquelle leur fils Matthieu s’apprête à s’installer alors que la transformation aura commencé depuis plusieurs mois déjà. “Il aime ce métier, c’était important pour nous qu’il puisse s’installer et arriver sur une structure saine”.

 Préparer demain

C’est à trois désormais que les orientations se mûrissent. Matthieu est, quoi de plus logique, un passionné… mais plutôt d’élevage allaitant et de sélection. Le projet du GAEC se construit aujourd’hui en intégrant la dimension économique mais tout en servant la passion du métier. Le système mixte lait-viande, la transformation fromagère sont là pour servir ces deux objectifs. Le projet d’aujourd’hui est pensé pour se préparer aux enjeux de demain : Matthieu sait qu’il lui faudra du temps pour se faire un nom et trouver sa place sur le marché de la vente de reproducteurs. En attendant, pour se donner les chances d’y parvenir, il faut assurer la rentabilité du système global. Quant à Patricia et Frédéric, ils se disent, un brin amusés : “après, on va lever le pied… on pense…”. Pas si sûr.

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Commentaires 1

gilet jaune

Bon courage jeune homme,15 ans de cohabitation avec tes parents...Une petite expèrience de 5 -10 ans dans un autre cadre c'est intéressant aussi et parfois cela apporte du sang neuf au retour.Bravo aux parents dans leur projet professionnel

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