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Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse

Pleinchamp avec l'AFP

Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse

Interdire les pesticides de synthèse dans l'Union européenne d'ici 15 ans : c'est l'objectif d'une "Initiative citoyenne européenne" (ICE) lancée lundi, qui espère récolter plus d'un million de signatures pour contraindre la Commission européenne à ouvrir le débat.

Cette initiative a été lancée par sept citoyens de l'Union européenne, vivant en Italie, en Roumanie, en France, en Autriche, en Allemagne, en Belgique et en Grèce, selon une présentation de l'ONG française Générations futures. Leur demande a été validée par la Commission européenne. Les ICE sont un outil de participation citoyenne qui permet de saisir la Commission sur des sujets d'initiative populaire. Une ICE, lancée en 2017, a déjà conduit la Commission européenne à revoir sa législation sur le glyphosate, herbicide controversé. Cette nouvelle récolte de signatures se déroulera jusqu'au 30 septembre 2020, sur les sites https://www.savebeesandfarmers.eu/ et https://www.generations-futures.fr/actualites/icepesticides/ pour la France. "Obtenir que les pays se mettent d'accord pour l'interdiction des pesticides en 15 ans, c'est plutôt ambitieux", reconnaît Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations Futures. Mais pour elle, il faut "sortir d'un système agricole à bout". En France, il faudra récolter au moins 55.000 signatures pour cette ICE.

Un appel, "Nous voulons des coquelicots", pour l'interdiction des pesticides de synthèse a recueilli près de 979.000 signatures. Le gouvernement français s'est déjà engagé à sortir de l'essentiel des usages du glyphosate au 1er janvier 2021, et de tous les usages début 2023. Les ONG soutenant cette démarche demandent précisément "l'interdiction progressive des pesticides de synthèse dans l'agriculture européenne à hauteur de 80% d'ici 2030, en priorisant les pesticides les plus toxiques, afin de devenir un territoire +zéro-pesticide+ au plus tard en 2035", selon le dossier de presse. Elles préconisent de "donner priorité aux exploitations agricoles de petite taille, diversifiées et ayant des pratiques durables" et de "restaurer la biodiversité" dans les zones agricoles, alors que la situation est catastrophique, avec une disparition massive des insectes et de leurs prédateurs (oiseaux, hérissons, lézards, amphibiens).

"Je ne pense pas que cette initiative avec cette focalisation sur les pesticides de synthèse apporte quoi que ce soit comme solution. Avoir un débat sur l'amélioration du profil des produits, sur l'amélioration des évaluations, c'est déjà en cours au niveau européen et c'est tout à fait légitime. Mais on ne peut pas faire une distinction entre pesticides de synthèse ou naturels, a priori", a pour sa part réagi Eugenia Pommaret, directrice de l'UIPP, qui représente les industriels producteurs de produits phytosanitaires, à l'AFP. "L'esprit du règlement européen c'est qu'il ne fait pas de distinction entre produits de synthèse et naturel, mais entre les produits de base à faible risques et les autres. Si un produit de synthèse est à faible risque il ne doit pas être écarté au profit d'un produit naturel qui n'est pas à faible risque", a ajouté la représentante de l'UIPP.

Actuellement, chaque Etat de l'UE peut instaurer un programme de réduction des pesticides. En France, deux plans successifs en ce sens ont échoué. Une nouvelle mouture prévoit de réduire de 50% l'utilisation des produits phytopharmaceutiques d'ici 2025. Pour Nadine Lauverjat, l'exemple français des 3.000 fermes Dephy engagées dans des pratiques économes en pesticides montre que c'est possible.

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Commentaires 21

Moi-même

C’est aux scientifiques de prendre la décision aux scientifiques C’est tout

Cabeillade

Et que va dire Nadine Lauverjat aux agriculteurs en SCV du réseau Dephy, auxquels l'utilisation de 1,5L/Ha de Glyphosate permet de ne plus travailler le sol, de relever les taux de matière organique et de supprimer presque tous les autres produits phytos?
Qu'il va falloir reprendre la charrue?
Il serait temps de mettre en avant les progrès positifs énormes déjà réalisés par les agriculteurs en terme de réduction de produits phytos et d'amélioration de la vie du sol plutôt que d'opposer les différents modes de production (bio, conventionnel) qui sont de mon point de vue complémentaires.
Ces gens-là agissent malheureusement uniquement par idéologie, pour tenter de masquer la totale ignorance qu'ils ont de nos agro-systèmes.

tournesol

Qui aura le courage de lancer une ICE interdisant l'importation par la Communauté Européenne de produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes de production que celles exigées à l'intérieur de la CE (en imaginant qu'elles soient identiques pour tous les pays membres, ce qui bien sur n'est pas le cas) ?
Qui imposera le terme "pesticides" sur le fronton des pharmacies car on y vend des médicaments ayant les mêmes origines que les médicaments utilisés pour protéger nos plantes et, d'ailleurs, souvent produits par les mêmes grands groupes pharmaceutiques ?

Bouillon

Merci à vous aze .


Baba

D'accord avec bouillon. Le vrai sujet, c'est que ces gens là qui n'ont aucune connaissance de la ruralité , de l'agriculture et de l'élevage ont le pouvoir des médias et font plier les décisions politiques ou judiciaires dans leur sens. ( voir l'agriculteur condamné à payer 8000 euros.)
Ils ne se rendent même pas compte qu'ils vont tuer l'agriculture .Alors les petits villages ruraux qui avaient du charme (les odeurs parfois) disparaîtront avec leurs cafés et commerces.
Alors ils diront "C'était mieux avant". Trop tard !

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