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Objectif colza sans insecticides

Adèle Magnard

En Bourgogne, 1000 ha sont dédiés à une expérimentation sur le colza.

Sauver la culture du colza dans les territoires difficiles : tel est l’objectif du projet à grande échelle piloté par l'institut technique Terres Inovia en Bourgogne.

Dans un contexte où les moyens de lutte classique ne sont plus efficaces contre les ravageurs du colza dans certaines régions de France, Terres Inovia a annoncé le 10 avril le lancement du projet R2D2, qui vise à trouver des solutions alternatives pour continuer à produire cette culture oléagineuse. L’enjeu est stratégique puisque le colza contribue de manière importante au développement de l’indépendance de la France aux protéines végétales.  

Sur le terrain, les difficultés rencontrées sont notamment liées aux résistances des insectes ravageurs aux insecticides pyréthrinoïdes. Cette impasse technique s’ajoute aux difficultés des territoires aux sols caillouteux et superficiels. En Bourgogne, où démarre le projet, « la culture de colza, qui offre une des rares solutions pour diversifier les monocultures céréalières, est en danger », alerte Terres Inovia. L’Yonne, longtemps premier département producteur français, a perdu plus de 15 000 ha de production de colza en 2018 par rapport aux années 2000. 

Objectif du projet R2D2 : favoriser la présence des insectes auxiliaires pour lutter contre les attaques des ravageurs et retrouver des niveaux de production stables et satisfaisants pour les agriculteurs. Sept producteurs sont impliqués sur le projet, sur une superficie de 1000 hectares sur les plateaux de Bourgogne, à une trentaine de kilomètres d’Auxerre. Mais l’objectif est aussi de « développer des solutions qui pourront ensuite se généraliser à d’autres territoires », explique-t-on chez Terres Inovia.  

Favoriser les insectes auxiliaires

Pour garantir des ressources alimentaires suffisantes aux insectes auxiliaires et leur permettre de se développer et de coloniser le territoire, 15 hectares de bandes fleuries seront implantés en 2019. L’expérimentation vise aussi à réduire l’utilisation des insecticides et le travail du sol.

Les agriculteurs pourront également piocher parmi différentes mesures agronomiques permettant d’aller vers des systèmes de culture plus robustes : diversification des rotations, association d’espèces, utilisation de variété résistantes, dates de semis décalées…  

L’expérimentation est conduite en conditions réelles et non pas sur des micro-parcelles, d’où la nécessité pour les producteurs d’être accompagnés financièrement pour pallier les pertes de rendement susceptibles de survenir. Il faudra en effet un certain temps « avant que les systèmes ne soient stabilisés et que les processus de régulation naturelle des ravageurs ne soient pleinement actifs », avertit l’institut technique. 

Inscrit dans le plan Ecophyto, le projet est financé pour six ans par l’Agence française pour la biodiversité. Autour de Terres Inovia qui pilote le projet, on retrouve plusieurs partenaires comme Arvalis, Soufflet Agriculture, Dijon Céréales, SeineYonne, la Chambre d’agriculture de l’Yonne et l’Inra.

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Commentaires 1

Bidou02

Entre les grosses altises, les charancons des tiges, les mélighètes...Certains colzas ici ne fleuriront pas et finiront en maïs !

Il ne faut pas être trop optimiste, le colza BIO n'existe pas ou avec un potentiel très fluctuant et limité...

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