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Sortie du glyphosate : un coût "colossal" pour les céréaliers

Avec l'AFP

Sortie du glyphosate : un coût "colossal" pour les céréaliers

Les céréaliers, par la voix du président des producteurs de blé, ont réclamé le 2 mai à l'Assemblée nationale un "accompagnement financier" de l'État pour les aider à sortir du glyphosate dans les prochaines années, arguant du surcoût que cette mesure entraînerait sur leur production.

"Toutes ces évolutions, tous ces investissements, toutes ces réductions potentielles (d'utilisation de produits phytosanitaires), ça a des conséquences importantes, puisque derrière on a chiffré, pour notre secteur grandes cultures, un coût de 950 millions d'euros. C'est colossal", a déclaré Eric Thirouin, président de l'AGPB, devant une mission d'information parlementaire sur la sortie du glyphosate.

Parmi les surcoûts engendrés par le désherbage sans glyphosate, M. Thirouin a cité en premier lieu la main d'oeuvre. "On estime à 12,7 millions le nombre d'heures supplémentaires par an qu'il faudra consacrer à nos cultures", a-t-il déclaré. Investissements en matériel, produits de substitution : en tout, a-t-il estimé, "ça peut représenter des surcoûts pour les exploitations allant de 50 à 160 euros l'hectare".

Distorsion de concurrence

Insistant sur la "situation économique du secteur particulièrement préoccupante", compte tenu des récoltes difficiles qu'a connues la France, sur fond parfois de cours mondiaux déprimés, il a souligné les faibles revenus des exploitations céréalières lors des six dernières années et la "distorsion de concurrence" qu'entraînerait ce coût sur les marchés mondiaux.

"On veut bien aller de l'avant, mais à partir du moment où les contraintes économiques sont compensées", a déclaré M. Thirouin. "On demande à ce qu'il puisse y avoir un accompagnement financier des actions qui sont conduites par les agriculteurs, une aide à l'investissement (pour le désherbage mécanique), peut-être du crédit d'impôt", a déclaré M. Thirouin, demandant également un accompagnement de la recherche appliquée et des expérimentations.

M. Thirouin a également souligné l'impact négatif que ferait peser la sortie du glyphosate sur le bilan carbone des exploitations, notamment du fait de la consommation d'énergie entraînée par l'augmentation du labour, estimée à "87 millions de litres supplémentaires de carburant par an".

Il a enfin énuméré les impasses techniques sur les cultures sans labour et "d'autres impasses (...) sur les vivaces particulières que sont le chiendent, le chardon, le liseron, et les plantes toxiques allergisantes". "Là, le travail mécanique, ça ne suffit pas, voire ça empire, parce qu'on va découper des rhizomes qui vont faire plus de petits", a conclu M. Thirouin.

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Commentaires 40

BANANE381

Au vu des réactions, les céréaliers seraient-ils devenu incapable de produire dans le respect de leur environnement et des consommateurs et leur propre santé ?

BEIGE576

suppression du glyphosate=suppression de mon salarié et réduction de mes emblavements de 50% en gardant les meilleurs parcelles et le reste en soit disant SIE. Bonnes chances aux allergiques!!!

Moumi

Allons allons GR soit raisonnable , une buse de bouchée et on voit tout de suite le resultats , des decennies de desherbage chimique ou de charruen y changent rien , j ai vu hier un bio sur une exploitation de 120ha il a 63 ans, ses parents ont été en bio toute leur carrière 80ans de bio et on reconnaît ses champs les seuls nickelés du coin, je ne généralise pas mais avec les résistances ont sort maintenant des champs degueuex

562

moumi je n'aime pas le sens de vos propos d'une part tout le monde n'est pas beauceron, bien que se soit un cliché facile et 'autre part je trouve qu'avec 170 hectares nous sommes pas mal occupés. tenir compte des conditions agroclimatiques demandent beaucoup de disponibilité, s'ajoute l'entretien, la mécanique, la compta, la réglementation, le suivi des cultures, l'effort intellectuel pour s'informer car tout change tout le temps, le travail des champs selon les fenêtres méteo. réclamez des grosses fermes c'est demandé à des praticiens d'être toujours au taquet tant que la santé est là et l'ancien qui fait du travail dissimulé.

GR

suite...
la semence, personne ne la consomme pas, donc quel risque ? quant à faire de la semence en bio, c'est quasi impossible...Il faut aussi savoir que ceux qui se mettent au bio profitent des décennies qui ont permis de réduire les stocks de graines adventices dans le sol... le chardon se conserve plus de 20 ans... le pâturin bien enfoui se conserve plus de 50 ans, pourtant ce sont des graines minuscules

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