ETA : un audit pour évaluer la relation avec leurs clients

Lise Monteillet

ETA : un audit pour évaluer la relation avec leurs clients

Les entreprises de travaux agricoles (ETA) ont réalisé un audit pour identifier leurs forces et faiblesses. Il a donné lieu à la création d’une plateforme, « my EDT », qui sera disponible prochainement.

En chiffre

21 671 entreprises de travaux agricoles, forestiers et ruraux maillent le territoire français, selon les derniers chiffres* publiés par la FNEDT.

Le nombre d’ETA est en augmentation, avec 260 entreprises de plus entre 2015 et 2016, tandis que les sociétés de travaux forestiers sont plutôt en diminution. Toutes ces structures demeurent de petites entreprises familiales, 75% d’entre elles ont moins de 3 équivalents temps plein. 

*données 2016

La fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) a lancé un audit pour évaluer la relation entre les ETA et leurs clients. 265 000 exploitations agricoles font, en effet, appel à la délégation de travaux agricoles.

Il ressort de cet audit « beaucoup de points positifs », souligne Gérard Napias, président de la FNEDT. Pour ce dernier, les entrepreneurs offrent la possibilité aux agriculteurs de « se désendetter », en délégant certains chantiers plutôt qu’en s’équipant de matériels onéreux. Selon cet audit, les ETA sont reconnues pour leur place dans la chaîne de valeur agricole, leur réactivité, la qualité de leurs prestations et la technicité de leurs matériels. Néanmoins, plusieurs faiblesses ont été identifiées : absence de business model, faible contractualisation entre les ETA et leurs clients, timidité des démarches commerciales, isolement des ETA. 

Par ailleurs, la FNEDT annonce le prochain lancement de « My EDT », une plateforme numérique sur laquelle les entrepreneurs pourront réaliser leur propre diagnostic. Cet outil vise à les accompagner dans la construction d’un plan d’actions, pour se tourner vers l’avenir.

« Points de friction »

Mais dans l’immédiat, plusieurs « points de friction avec le Gouvernement » préoccupent le président de la FNEDT. À commencer par la possibilité donnée aux agriculteurs de regrouper les revenus commerciaux avec les bénéfices agricoles, avec un plafond porté à 100 000 euros. « On peut comprendre le développement des circuits courts. Derrière, il y a aussi le photovoltaïque », estime Gérard Napias. Mais le président n’accepte pas que les activités en prestation de services soient incluses dans le dispositif, avec un montant aussi élevé. Elles entrent directement en concurrence avec l'activité des ETA. « On incite les agriculteurs à s’endetter, ceci est dangereux », ajoute-t-il. Selon lui, cela encouragerait les exploitants à investir dans du matériel surdimensionné, puis à réaliser des travaux agricoles à l’extérieur de leur exploitation.

Taxes et investissements

De même, Gérard Napias craint la suppression de la restitution de la taxe sur la consommation de carburants. Cette évolution lui paraît inappropriée « à un moment où la profession est obligée de s’adapter pour diminuer ou supprimer l’application de glyphosate ». Ce qui va provoquer « des passages de tracteurs supplémentaires, des consommations de carburant supplémentaires », insiste Gérard Napias.

Enfin, la FNEDT espère que les ETA ne seront pas oubliées dans le grand plan pour la modernisation de l’agriculture. « La FNEDT attend de ce plan qu’il cible les investissements collectifs ETA. En 2017, les EGA ont mis en évidence les gains possibles sur le coût des travaux par leur délégation pour désendetter les agriculteurs et leur apporter des solutions innovantes », rappelle la fédération. 

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