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Brexit : les vins et spiritueux sur le qui-vive

Raphaël Lecocq

Brexit : les vins et spiritueux sur le qui-vive

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) appelle les autorités à préciser au plus vite les règles qui régiront le commerce bilatéral à compter du 30 mars. Avec un chiffre d’affaires de 1,3 Mds €, le Royaume-Uni est la deuxième destination des vins et spiritueux français à l’export.

Antoine Leccia, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux

Après le rejet par la Chambre des communes du projet d’accord entérinant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne au soir du 29 mars, la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux n’a pas tardé à réagir. Dès hier au soir, son président Antoine Leccia a estimé que cette décision, qui fait apparaître désormais le spectre d’un « no deal », pourrait s’avérer lourde de conséquences pour l’économie et les citoyens des deux parties. « Le Royaume-Uni est le second client de la France pour nos ventes de vins et spiritueux », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Mais la France est également un importateur important de spiritueux britanniques. Ce vote porte préjudice à une relation commerciale historique et fructueuse entre nos deux pays. Il place également toutes nos entreprises dans une situation d’incertitude totale sur les règles qui devront régir le commerce bilatéral à compter du 30 mars 2019. »

Compte à rebours

Le 30 mars 2019, c’est la date à partir de laquelle le Royaume-Uni ne fera plus partie de l’UE, soit deux ans exactement après le déclenchement de l’article 50 du traité de l’UE par les autorités britanniques. La suite logique au référendum du 23 juin 2016, 51,9% des sujets britanniques se prononçant pour la sortie de l’UE. Le projet d’accord post-Brexit, longuement et âprement négocié entre juin 2017 et novembre 2018, sauvait l’essentiel, à savoir l’instauration d’une union douanière ménageant les droits de douane et excluant toute barrière non tarifaire. A dix semaines du Brexit, sauf extension de l’article 50, tout est à refaire.  « Nous ne pouvons qu’appeler une nouvelle fois les responsables politiques britanniques et européens à mettre en œuvre tout ce qui est possible pour trouver une solution politique alternative d’ici le 29 mars prochain », exhorte Antoine Leccia. « Dans le même temps, il est indispensable que, tant du côté britannique que français et européen, les autorités compétentes précisent et informent au plus vite les entreprises des nouvelles règles et modalités qui devraient s’appliquer à partir du 30 mars prochain afin qu’elles puissent s’y adapter dans les meilleurs délais ».

Enjeu économique crucial

L’accès au marché britannique est capital pour la filière viti-vinicole française. En 2017, les exportations de vins se sont élevées à 1,1 Mds € et celle de spiritueux à 221,9 M €, soit un total de plus de 1,3 Mds €, faisant du Royaume-Uni le deuxième marché export (10,3%), derrière les Etats-Unis et devant la Chine. L’année 2017 avait du reste été marquée par un retour de la croissance (+3%) après une année 2016 impactée par la perspective du Brexit (-7,6%). Les chiffres de la FEVS pour 2018 sont attendus pour la mi-février. Il ne devraient pas révéler de mauvaise surprise. Quant à ceux de 2019...

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