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De l’influence des robots de tonte sur la qualité du raisin

Raphaël Lecocq

De l’influence des robots de tonte sur la qualité du raisin

Le développement de la robotique fait de la tonte une solution technico-économique de plus en plus envisageable pour entretenir les sols viticoles. L’Institut français de la vigne et du vin (IFV) étudie son impact sur la qualité des raisins.

Bakus de Vitibot

Bakus (Vitibot), Ted (Naïo Technologies), Myce (Wall-Ye), Puma (Sitia), Vitirover : telles sont les solutions robotisées identifiées à ce jour et susceptibles de déambuler entre les pieds de vigne, pour réguler la pousse de l’herbe et/ou pour griffer la superficie du sol, sur le rang et/ou dans l’inter-rang selon les cas. Créée en 2010, Vitirover, du nom de la Pme basée à Saint-Emilion (Gironde) a le plus de bouteille sur le sujet. Son robot est capable de tondre l’intégralité d’une parcelle, au moyen de trois petits gyrobroyeurs disposés frontalement, assurant 32 cm de coupe par passage, avec une hauteur réglable entre 4 et 10 cm. Coté mobilité et guidage, Vitirover dispose d’un panneau solaire en guise de capot et d’un GPS piloté par smartphone pour assurer sa déambulation dans la parcelle, à 300 m/h, avec sécurité anti-vol.

De l’influence des robots de tonte sur la qualité du raisin

Vitirover, une offre de service

Un robot Vitirover est capable d’entretenir l’équivalent de 2 ha de vignes durant la période végétative. Sa batterie peut le cas échéant être rechargée sur secteur. Ses limites ? « Les pentes supérieures 15 % et les très fortes de densités de plants qui, ajoutés aux piquets, peuvent dépasser les 10.000 obstacles par ha », déclare Arnaud de la Fouchardiere, directeur général et co-fondateur de Vitirover. « Il faut également prendre soin de démarrer sur un sol bien plan ». Les robots Vitirover ne sont ni à vendre ni à louer. « Afin de déjouer les appréhensions, nous proposons une offre de service, garante du résultat final, exempte d’investissement, de maintenance, d’assurance », poursuit le directeur général. « Le prix varie entre 1500 €/ha/an et 3500 €/ha/an selon la densité de plantation et la topographie. Notre solution soustrait le viticulteur de tout investissement en matériel alternatif aux herbicides, auquel s’ajoutent la main d’œuvre, les pièces d’usure, le carburant. Il faut aussi comptabiliser l’impacts des blessures directes et indirectes, à l’origine d’une mortalité de 0,5 % par an des ceps. Sur 5000 pieds, la perte équivaut à 25 pieds, soit environ 25 bouteilles, 125 si l’on compte les 5 ans nécessaires à l’entrée en production des pieds remplacés ». Commercialisé depuis 2016, Vitirover revendique 50 robots en service et vise les 300 unités d’ici à fin 2019.

Myce de Wall-Ye

Hauteur et fréquence de tonte

La mise au point de robots pourrait accélérer la mutation vers des pratiques sans herbicides en levant un des principaux freins aux techniques mécaniques, à savoir le temps de travail, lié à la faible productivité de chantier et à la répétitivité des passages mécaniques conventionnels. Quelles peuvent être les incidences de la fréquence et de hauteur de tonte sur la concurrence en eau et en azote exercée par l’enherbement sur la vigne ? C’est la question que s’est posée l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) face à des robots capables de tournées hebdomadaires quand un ensemble tracteur-intercep était limité dans le meilleur des cas à des passages mensuels ? L’IFV a jaugé quatre modalités de tonte, plus ou moins rase et fréquente, et leur impact sur l’humidité et la température du sol ainsi que le statut azoté de la vigne. La tonte rase hebdomadaire favorise l’humectation du sol après la survenue d’une pluie tandis que le maintien de couverts développés a pour effet de tamponner les écarts de température. S’agissant du statut azoté, l’expérimentation n’a pas révélé de différences significatives entre les différentes modalités. 

Ted de Naïo Technologies

Composition des raisins

En raison d’un gel printanier, l’essai n’a pas permis de comparer les modalités sur le critère du rendement. Concernant la composition des baies, l’essai révèle un impact positif concernant le poids et l’azote assimilables dans le cas de tontes rases hebdomadaires et mensuelles. En revanche, il semble ne pas y avoir d’impact sur le degré́ et l’acidité́. En conclusion, l’essai de l’IFV suggère un impact réel de la hauteur et de la fréquence de tonte sur des paramètres importants comme l’alimentation hydrique et azoté, lesquels peuvent avoir un impact sur le niveau de production à long terme de systèmes enherbés en totalité́. La fréquence de tonte autorisée par la robotisation de l’opération permettrait en outre de modifier la flore présente. Deux saisons de test supplémentaires doivent valider ces hypothèses.

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