56 millions de porcs abattus : L'Allemagne, centre de l'Europe porcine

Claudine Gérard

L'Allemagne est aujourd'hui autosuffisante à 110 % et rien n'indique que l'appétit de ses trois principaux abattoirs porcins va s'essouffler. Explications.

L'Allemagne conforte sa position de leader européen, avec des abattages qui ne cessent d'augmenter. C'est ce qui ressort de toutes les statistiques disponibles, et de l'analyse de Bert Van Meer, de Topigs International, invité à l'assemblée générale du MPB. Il précise que trois grands groupes allemands (Tönnies, Vion et Westfleich) réalisent 52 % des abattages de porcs en Allemagne, et 40 à 50 % des volumes partent à l'exportation. Aujourd'hui, l'Allemagne, avec ses 56 millions de porcs abattus, est autosuffisante à 110 %. Mais Bert Van Meer prévoit que le développement de l'abattage et l'appétit des principaux industriels du secteur pourrait porter ce taux à 120, voire 140 %.

L'Allemagne se positionnerait donc au coeur d'un bassin porcin d'Europe du Nord, où les Pays-Bas et le Danemark deviendraient des fournisseurs de porcelets pour l'Allemagne. En 2009, ce sont ainsi 6 millions de porcelets en provenance du Danemark et 3 millions de porcelets en provenance des Pays-Bas qui sont allés se faire engraisser et abattre en Allemagne. Conséquence, l'abattage danois souffre et Bert Van Meer annonce que Danish Crown, en forte restructuration, voit son hégémonie faiblir, et n'abat « plus » que 70 % des porcs danois, concurrencé par Tönish. Au niveau de la production, les élevages s'orientent vers le naissage avec des ateliers de grande taille, d'où la prévision d'une production danoise de 1000 élevages possédant chacun 1000 truies. Même évolution aux Pays-Bas où d'autres raisons contribuent à favoriser le naissage : les droits à produire, le coût dû à la gestion du lisier (20 €/m3), la frilosité des banques, l'opposition sociétale aux « méga porcheries ». Résultat, l'an passé, les Pays-Bas ont exporté 40 % de leur production en vif.
Selon les organisations des États membres, l'ensemble constitué par l'Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas devrait voir ses abattages augmenter de 2,7 % en 2010. Une progression qui sera compensée par une baisse annoncée de la production espagnole avec, au final, une production de l'UE stable (entre 0,7 % et 1,2 %) pour 2010. Cette organisation de la production qui se dessine en Europe du Nord n'est pas sans risque. Un scénario catastrophe serait celui d'un épisode sanitaire (fièvre aphteuse…) qui bloque les déplacements d'animaux vivants. « Si cela arrive, nous sommes morts ! », reconnaît Bert Van Mer.

Source Réussir Porcs Juin 2010

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