À Grand-Lieu : le syndicat de bassin versant casse le consensus

Catherine Perrot

Les éleveurs de Saint-Lumine de Coutais ont tous signé la pétition dénonçant le comportement du syndicat de bassin versant qui n’applique pas les règles de niveau d’eau sur lesquelles tous les acteurs s’étaient mis d’accord en juillet 2012.

Michel Coudriau se bat depuis des années contre l’ennoiement volontaire des marais et jamais il ne renoncera à mettre ses vaches sur les prairies de Saint-Lumine.

«Il ne manque pas un agriculteur de la commune : ils ont tous signé ! » Éleveur à Saint-Lumine de Coutais, président de l’Association de sauvegarde des marais du lac de Grandlieu, Michel Coudriau se félicite du succès de la pétition qu’il vient d’adresser à la Préfecture, au syndicat de bassin versant de Grand-Lieu et à la municipalité de Saint-Lumine de Coutais. Motif de cette pétition : exprimer la colère des exploitants agricoles devant le comportement du syndicat de bassin versant, en charge de la gestion des niveaux d’eau du lac.
« Le 6 juillet 2012, l’ensemble des acteurs du lac se sont réunis, sous l’égide du syndicat de bassin versant, pour se mettre d’accord sur les niveaux d’eau », raconte Michel Coudriau. « Les éleveurs, représentés par l’Association de sauvegarde des marais, les pêcheurs, les chasseurs et les représentants de la Réserve naturelle trouvent alors un consensus sur des niveaux d’eau permettant « un garantie de pâturage dans la durée », à savoir de mai à novembre.
Dans cet accord, tout le monde fait des concessions, notamment les éleveurs : « Nous voulons que l’accès aux prairies se fasse comme par le passé dès le 1er mai, ce qui suppose une cote de 2,00 au 1er avril et 1,80 au 1er mai », précise Michel Coudriau. Mais les éleveurs signent quand même pour une côte à 2,15 au 1er avril, et 1,95 au 1er mai, sachant que cela représente une avancée par rapport à la situation antérieure et que le pâturage pourra durer jusqu’en novembre.
« Le pâturage dans la durée est important, car il doit permettre l’amélioration de la qualité des fourrages, qui s’est beaucoup dégradée durant les années où l’ennoiement du marais se faisait 9 mois sur 12 », explique Michel Coudriau. Il s’agit d’en améliorer non seulement la qualité alimentaire pour les bovins, mais également la
qualité écologique, puisqu’il est prouvé scientifiquement qu’elle est liée à la présence des animaux sur une durée suffisante.

« Dans les paroles, tout le monde veut des vaches sur le marais. Mais dans les actes, c’est différent. » Le syndicat de bassin versant s’est en effet autorisé à modifier et annoter les règles validées en juillet 2012. « Ils ont décidé de fermer les écluses en pleine période de pâturage », commente Michel Coudriau. Résultat : plus de pâturage après septembre !
A l’origine de ce revirement, selon Michel Coudriau, la pression des chasseurs. « Dès l’ouverture de la chasse, ils veulent de l’eau ! » « C’est égoïste ! », s’énerve l’éleveur, qui se souvient pourtant d’un temps, il y a plus de 25 ans, où il y avait davantage de chasseurs et des niveaux d’eau bien inférieurs. « Mais à l’époque, beaucoup de chasseurs étaient souvent également agriculteurs, ils savaient faire la part des choses ! »
C’est donc pour refuser cet « ennoiement volontaire », défavorable à l’élevage et à l’environnement que Michel Coudriau et ses collègues ont signé cette pétition. Sur Saint-Lumine, ils disposent d’un moyen de pression : le début programmé de la réalisation de « l’inventaire des zones humides ». « On ne voit pas l’intérêt d’identifier de nouveaux zonages soi-disant humides, si l’objectif non avoué du Syndicat de bassin versant est le retrait de l’agriculture ! »
Les éleveurs signataires de la pétition demandent donc le retour aux règles issues du consensus de juillet 2012 et informent l’administration qu’ils refuseront toute prospection parcellaire à des fins d’inventaires sur leurs exploitations tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction sur la modification de l’arrêté ministériel sur les niveaux d’eau.

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