A St-Ovin (50) : Allier la technique à l'économique

Thierry Guillemot

A St-Ovin (50) : Allier la technique à l'économique

Avec un coût alimentaire de 48 e/1 000 l de lait produits, Patrice Aumont s'est fait “économiquemen” remarquer en 2008.

Conçu en 2008 par la Chambre d'Agriculture de la Manche, le Centre de Comptabilité des Agriculteurs, le groupe CER France, le Contrôle Laitier avec le soutien du Conseil général, la simple évocation en pleine crise laitière du “challenge coût alimentaire” pourrait s'apparenter à de la provocation. Mais à n'en pas douter, le prix de revient aux 1 000 litres de lait produits sera un thème débattu dans les allées et forums des Prairiales.

Du maïs même en été

Patrice Aumont, producteur de lait à St-Ovin (près d'Avranches) est l'un des quatre lauréats de cette première édition.Avant de s'installer en 1985, il a été pendant 12 ans salarié. Successivement au Contrôle Laitier, en MFR (Maison Familiale et Rurale et dans la coopération où il a développé l'art de négocier. “Je fais désormais le métier que j'ai toujours souhaité faire : éleveur. Mais c'est pour gagner ma vie, insiste-t-il. J'ai toujours cherché à mettre en oeuvre tout ce qui était possible pour dégager la meilleure marge en mariant le technique et l'économique”.
Objectif atteint avec un coût alimentaire (sur l'année civile 2007) à 48 e/1 000 l (24 e/1 000 l en coût de concentré + 24 e/1 000 l de coût de SFP1).

Le système fourrager de Patrice Aumont repose sur l'herbe et le maïs. Maïs qu'il distribue même en été en quantité plus ou moins importante en fonction de la disponibilité en herbe.Par contre, les vaches ne reçoivent aucun concentré d'avril à juin.Ce qui explique aussi, avec une moyenne économique à 8 000 kg, un coût de concentré inférieur à 25 e/1 000 l. Malgré ses bons résultats, Patrice Aumont reste modeste reconnaissant même au passage que “je suis un mauvais producteur d'herbe”. Son parcellaire morcelé et tout en dentelle ne lui facilite guère la tâche. Il a donc opté pour le pâturage libre, question de simplicité de travail. D'ailleurs, “il ne faut pas se focaliser que sur le coût alimentaire. Ce n'est qu'un composant du résultat”, insiste-t-il.Il lorgne d'autres voyants comme le nombre de jours improductifs. Rigueur dans la surveillance des maladies et des chaleurs fait donc partie de son lot quotidien. “L'esprit économe, je suis comme ça”, résume-t-il.
Th. Guillemot
(1) : 148 e/ha de SFP (Surface Fourragère Principale) dont 342 e/ha pour le maïs (semence : 109 e, produit de traitement : 50 e, engrais : 72 e dont chaulage 31 e, 72 e travaux par tiers. Le maïs représente 32 % de la SFP.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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