Abattoirs : Les blocages sont une première étape»

V.P.

La FNSEA, les JA et la FNB se sont récemment mobilisés pour bloquer neuf sites des établissements Bigard pendant cinq jours. Des engagements ont été pris mais la profession maintient sa vigilance. Le point de vue de Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA et éleveur en Aveyron.

- La mobilisation de la profession depuis de nombreux mois semble porter ses fruits. Quel est votre sentiment ?

«Depuis l'automne, nous n'avons cessé d'alerter le gouvernement et les acteurs de la filière sur la situation de l'élevage. Les opérations de stickage, le suivi des cotations pour amener toujours plus de transparence et de vérité sur les prix pratiqués ont permis de sensibiliser les consommateurs, les opérateurs et les politiques. Ne voyant toujours pas les prix atteindre le seuil de rentabilité, il a fallu passer à une autre étape : le blocage des outils industriels. Finalement, une négociation avec l'entreprise Bigard, le principal opérateur, a eu lieu et a permis une amélioration du prix payé au producteur. Ce n'est pas suffisant mais c'est un premier pas.

- Transparence et organisation sont les objectifs que veulent atteindre les éleveurs bovins viande. Comment peuvent-ils se mettre en place ?

La transparence et l'organisation nous permettront de dégager des revenus avec des prix rémunérateurs. C'est clair ! L'organisation passe aussi bien par des voies privées que par des voies coopératives. Je pense qu'elle doit être travaillée dans le cadre de l'interprofession.
La transparence tout au long de la chaîne alimentaire commence dans nos élevages, passe par l'abattage et la transformation et se termine dans la distribution jusqu'à l'assiette. Notre responsabilité est engagée jusqu'à la fourchette. Et parce qu'elle est engagée, elle a aussi un coût. La transparence est de la responsabilité des pouvoirs publics. Elle commence, à l'instar de la pesée, par le classement des carcasses qui doit être normé. Les outils doivent être mis en place et leur état de marche comme leur utilisation vérifiés. C'est bien d'un fonctionnement normal dont je parle !

- Après cet accord, comment envisagez-vous l'avenir ?

L'action syndicale devra se mesurer dans les semaines à venir. Nous observerons l'évolution des cours à la loupe. L'action de blocage se voulait avant tout une étape importante pour le maintien d'éleveurs partout sur le territoire et gagnant correctement leur vie. J'espère que la distribution aura bien suivi ces événements parce que nous sommes prêts à entamer une nouvelle étape, vers les distributeurs cette fois-ci. La pression n'est pas sur un seul acteur».

Source La Volonté Paysanne

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