Accord de libre-échange UE-USA : entre inquiétudes et opportunités

Marie Bonnier

Accord de libre-échange UE-USA : entre inquiétudes et opportunités

Alors que l’on apprenait hier le maintien du début des négociations pour l’accord de libre-échange USA-UE à lundi prochain, le sujet est désormais sur toutes les lèvres. Les questions ressortent et les inquiétudes se font entendre.

A l’occasion d’un débat organisé par l’Afja (Association française des journalistes agricoles) le 4 juillet, les invités sont revenus sur les enjeux de cet accord de libre-échange USA-UE afin d’apporter des réponses notamment aux questions concernant l’agriculture. Pour Erik Massin, rédacteur en chef du Betteravier Français et président de l’Afja, « les enjeux ne sont pas que commerciaux et économique, mais cet accord aura aussi des conséquences sur la santé,  l'environnement et notre "art de vivre" ».

En ce qui concerne l’Union Européenne, Edouard Bourcieu, membre de la direction générale Commerce à Bruxelles, a indiqué que la Commission européenne soutenait le projet de partenariat transatlantique dans un contexte de crise économique et financière. Tandis que de l’autre côté de l’Atlantique, « les Etats-Unis ont un gros déficit commercial et comptent sur l’accord de libre-échange pour le réduire » explique Jean-Claude Debar, directeur de Agri US Analyse. En effet, la politique agricole américaine est très orientée vers l’exportation mais la part de celle-ci vers l’UE n’a cessé de décliner depuis quelques années, et ce particulièrement à cause des exportations du Brésil. Or, « le marché européen est le premier importateur de produits agricoles et agroalimentaires ». Pour les Etats-Unis, l’enjeu est donc d’exporter davantage de produis agricoles vers l’Union Européenne, et en particulier des produits transformés à haute valeur ajoutée. Les négociations devraient permettre de faire sauter les barrières tarifaires et non tarifaires pour faciliter l’importation de ce genre de produits.

Pour Edouard Bourcieu, « se lancer dans un partenariat avec les USA, c'est affirmer notre leadership » il assure également que « l'agriculture a plus à gagner qu'à perdre dans cette négociation ». Mais si pour lui, dans un contexte de crise, « il ne faut pas négliger les possibilités de croissance. Et pour cela, ne pas se replier sur soi », tous ne sont pas convaincus des bienfaits d’un tel accord. Claude Soudé, de la FNSEA, explique d’ailleurs qu’avec une multiplication d’accords bilatéraux, « on risque de se retrouver avec plus de concessions que ce que l'on aurait accepté une fois pour toutes dans le cadre d'un accord multilatéral. Et on s'est rendu compte que l'agriculture est souvent la concession facile à faire lorsqu'on espère gagner ailleurs... ». Tandis que Philippe Vinçon, juge les inquiétudes du monde agricole « légitimes et partagées ».  Les négociations qui débuteront lundi 8 juillet s’annoncent donc longues et animées.

Publié par Marie Bonnier

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Commentaires 1

Stop!

ont en veux pas de leur accords!!!

Qu'il reste chez eux, a produire de la mer**!!!

Je pense que la majorité ds paysans et français seront d’accords avec moi!

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