Action régionale FRSEA, JA et FRO à Toul : Les éleveurs ovins dans les grandes surfaces

Eva DZ

Près de 150 éleveurs de Midi Pyrénées de la FRSEA et des JA emmenés par la Fédération Régionale Ovine (FRO) ont rendu visite à deux grandes surfaces de Toulouse.

Objectif des visites : contrôler les prix de l'agneau, les origines et la traçabilité de ces produits. Ils ont constaté la pertinence de leurs revendications.
Défaut d'étiquetages d'origines et marges considérables prélevées par la grande distribution : le constat fut amer pour les 150 éleveurs ovins de la région Midi-Pyrénées dans deux grandes surfaces de Toulouse.
Dans l'un des plus vastes hypers d'Europe (700 employés), Carrefour Portet et dans une enseigne Intermarché, les producteurs ont convenu de la pertinence de leurs revendications.
Dominique Cammas qui emmenait la délégation aveyronnaise rappelle les motivations des éleveurs : «Nous voulions dénoncer le prix bas payé aux producteurs. Nous demandons une meilleure répartition des marges et une meilleure communication sur l'origine des agneaux prétendus frais. De plus, nous demandons que ces données soient connues des consommateurs».

Revendications

Pour chacune des deux enseignes visitées, Dominique Cammas a noté la compréhension des responsables des magasins : «La rencontre s'est bien passée. Nous avons expliqué nos revendications aux directeurs et chefs bouchers qui se sont montrés conciliants». Ainsi après avoir vérifié les prix et origines des agneaux en rayon, les éleveurs ont pû se rendre dans les frigos pour observer les carcasses. Le constat dans les deux cas a confirmé les craintes des éleveurs comme en atteste Dominique Cammas.
«Nous avons observé des barquettes et carcasses entières d'agneau sous Label Rouge produit dans la région ainsi que des carcasses d'agneau irlandais sans plus de précision pour le consommateur. Plus tard, nous avons découvert que ces agneaux irlandais sont en fait abattus en France chez un abatteur de la région. On s'aperçoit que contrairement aux produits fournis par les éleveurs français, nous ne pouvons remonter jusqu'au producteur pour les agneaux importés».

Des marges inéquitables...

Autre constat des éleveurs dans les frigos, les carcasses estampillées Nouvelle-Zélande abattues en décembre et affichées comme agneau frais. «La faiblesse d'identification ne permet pas d'identifier le soi-disant «frais» de Nouvelle-Zélande qui est en réalité abattu depuis plusieurs semaines», dénoncent les responsables de la FRSEA.
Et Dominique Cammas de regretter l'absence de réponses des responsables de magasins : «Ils ont vite été pris de court. Ils n'ont pas su ou pas pû nous fournir d'explications sur les marges ni sur les défauts d'origines».
Pourtant les marges évaluées par les éleveurs semblent bien importantes : «Avec un agneau payé au producteur à 5 euros/kg carcasse, acheté par les grandes surfaces à 7euros/kg carcasse après abattage et transport et affiché en rayon à 20 euros/kg, où est l'équité des marges ?» s'interroge Dominique Cammas. Même constat dans la seconde grande surface : «Avec une marge de 10 euros/kg carcasse net sur une carcasse de 17 kg en moyenne, on peut penser que le magasin réalise une marge par carcasse de 170 euros net ! multipliée par le nombre de carcasses vendues par semaine (environ 50), le calcul est vite fait», constate amer Dominique Cammas.

Des suites

Faute de réponses concrètes pour l'instant, les éleveurs ovins comptent sur la participation de la grande distribution dans les réunions interprofessionnelles régionales où se rencontrent éleveurs, abatteurs et distributeurs. «Tout le monde sera autour de la table pour discuter de ces marges et faire avancer le dossier», espère Dominique Cammas. «Nous souhaitons aussi que les agneaux de la Région soient privilégiés plutôt que d'importer des agneaux irlandais ou néo-zélandais».
Autre suite à ce dossier, la volonté affichée des producteurs de demander un étiquetage clair pour le consommateur sur le lieu de naissance, d'élevage et d'abattage de tous les agneaux. Enfin, la production ovine a été placée au coeur des priorités données par la FDSEA et les JA dans le cadre de la consultation du bilan de santé de la PAC.

Source La Volonté Paysanne 12

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