Agriculteur et sapeur-pompier volontaire

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

Agriculteur et sapeur-pompier volontaire

Le Service de remplacement et le Sdis travaillent main dans la main. C’est, pour le premier, de l’emploi et, pour le second, la possibilité de disposer de sapeurs-pompiers volontaires.

 Les différents partenaires se sont engagés à favoriser la mise à disposition d’agriculteurs volontaires au Sdis.

En 2014, le partenariat signé entre le ministère de l’Intérieur et la Fédération nationale des services de remplacement des agriculteurs se voulait une forte incitation pour les agriculteurs à devenir pompiers volontaires. Le test, mené sur les départements du Puy-de-Dôme, de la Lozère mais aussi du Cantal, portant ses fruits, la démarche a désormais vocation à s’étendre à l’ensemble du territoire national. Par cette convention cadre, les agriculteurs peuvent en effet être remplacés lorsqu’ils sont en formation ou en opération de longue période (inondations, incendies, etc.). Jean-Pierre Lannez, 45 ans, agriculteur à Nuits de Chalinargues(1), a été le premier à en bénéficier. Aujourd’hui, il fait partie de la quarantaine d’exploitants agricoles venus grossir les troupes des soldats du feu du Cantal. Sapeur-pompier volontaire depuis près de 30 ans au sein du CPI de la Pinatelle, il a choisi cette formule pour suivre une formation(2) qui lui a permis de devenir sous-officier. Le sergent Lannez, qui a effectué son stage en novembre, bénéficie désormais d’une double affectation au sein du CPI de la Pinatelle et du centre de secours d’Allanche.

Le Sdis souhaite une montée en puissance

Inscrit au Service de remplacement du Cantal depuis 2008, Stéphane Charbonnel (La Chaumette de Paulhac) a remplacé Jean-Pierre Lannez durant sa formation et, pour lui, cette démarche, “c’est bon pour tout le monde”. Cela lui procure en effet de l’emploi, permet à l’exploitation de fonctionner normalement et, en plus, “cela ne coûte rien au sapeur-pompier volontaire”(3), ajoute Pierre Sabatier, chef de corps du CPI de la Pinatelle. “L’agriculteur est subrogé”, confirme le commandant Jérôme Cayrou, chargé de mission volontariat au Sdis du Cantal et, souligne-t-il, “nous sommes en manque de disponibilité dans la journée. Alors, vu que c’est justement un temps durant lequel les agriculteurs peuvent se rendre disponibles, c’est un réel avantage”. La boucle est bouclée et l’offre et la demande peuvent s’accorder. Enfin, pas tout à fait, puisque “40 agriculteurs engagés, ce n’est pas assez”, estime le commandant, qui compte bien sur la montée en puissance de ce dispositif pour convaincre encore davantage de volontaires dans les rangs des exploitants agricoles. Côté Service de remplacement (géré par les JA), c’est aussi la satisfaction : “Cela développe notre service. De plus, souligne Jean-Marc Crespin, son président, les agriculteurs ne pourraient pas se libérer du jour au lendemain sans cette formule, d’où l’importance de cette action.” En résumé, une démarche gagnant gagnant avec l’espoir de convaincre encore davantage d’agriculteurs.

(1) Jean-Pierre et Alexandra Lannez sont en Gaec entre époux. Ils élèvent 75 mères de race aubrac.

(2) Chaque agriculteur a droit à une formation de dix jours par an. (3) Crédit agricole, MSA et Sdis sont partenaires du SR pour le financement.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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