Agriculture durable : Produire plus avec moins

S C

Agriculture durable : Produire plus avec moins

Produire plus avec moins... moins d’eau, moins d’énergie, moins de pesticides, moins de mécanique... Voilà, selon Bruno Parmentier, économiste, et Konrad Schreiber, agronome à l’IAD, les enjeux de l’agriculture de demain. Tous deux prônent une «intensification écologique» de la production agricole.

Les bananes antillaises jouent la carte du développement durable

Agriculture durable : Produire plus avec moins

Cette conférence sur «l’agriculture de préservation» était organisée par l’UGPBAM, union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique, dans le cadre de la semaine du Développement durable. En moins de 10 ans, ces producteurs ont réussi à réduire l’utilisation de pesticides de 70% dans leurs bananeraies, tout en augmentant la productivité de 30%. Et ce en utilisant exclusivement des technique de développement durable (rotation des cultures, lutte intégrée, couverture des sols ...). Ainsi, les bananes de Martinique et Guadeloupe utilisent de "5 à 10 fois moins" de pesticides que leurs principaux concurrents, selon les responsables de l’UGPBAN.

A l’occasion d’un débat,  des experts de l’agriculture durable ont rappelé la nécessité de développer une agriculture qu’ils appellent «  de préservation », capable de relever les défis environnementaux, sociaux  et économiques. « Il va falloir produire plus et mieux avec moins » explique Bruno Parmentier, économiste et directeur de l’ESA d’Angers.

Produire plus, car pour nourrir les 9 milliards d’habitants qui peupleront la planète en 2050, les experts affirment  qu’il va falloir augmenter la production agricole mondiale de 70%. Pas question pour autant d’augmenter les quantités de pesticides ou d’engrais chimiques, respect de la planète oblige. Il faut donc, « intensifier les processus écologiques », estime  Bruno Parmentier , en d’autres mots : utiliser au mieux les fonctions des écosystèmes, les processus écologiques....

 « Avant on intensifiait  la chimie,  maintenant il faut intensifier l’action des  vers de terre, des bactéries, des champignons » résume  non sans humour  l’auteur du livre " Nourrir l'humanité ".

Copier le fonctionnement de la nature

Un concept sur lequel travaille, très sérieusement,  l’Institut  de l’Agriculture Durable (IAd) depuis sa création,  en 2008. « Il faut jouer sur les interactivités entre les plantes, multiplier les plantations  pour que le sol ne reste jamais nu,  recréer des sols fertiles, .. ». Bref, «copier le fonctionnement de la nature "  explique Konrad Schreiber, agronome à l’IAD.

Pas question pour autant de rejeter totalement les produits phytosanitaires, les engrais chimiques  et les progrès de la génétique végétale.  « Il s’agit de privilégier les techniques biologiques,  mais la lutte chimique  reste un outil de rattrapage, une sécurité pour l’agriculteur », précise Konrad Schreiber  qui refuse  de mettre dos à dos agricultures biologique et conventionnelle. « Toutes les agricultures ont des progrès à faire qu’elles soient bio ou conventionnelle », estime-t-il et ces progrès devront être mesurables et mesurés.  L’institut propose des outils à cet effet.

Changer de modèle, d’état d’esprit ...

Des  concepts  qui vont demander plus de compétence et de technicité  de la part de l’agriculteur.  L’institut  a d’ailleurs pour ambition de  remettre l’agriculteur au coeur du système. « Il faut redonner de la créativité et de l’audace aux agriculteurs » explique Konrad Schreiber. Quant aux organisations agricoles et aux coopératives,  il va falloir, elles aussi,  qu’elles s’adaptent. « Avant,  une coopérative donnait gratuitement  le conseil et vendait les pesticides, demain il va falloir qu’elle vende le conseil et donne, en cas de rattrapage, un peu de pesticides,  ... » ironise Bruno Parmentier.

Un changement  de modèle et  d’état d’esprit qui nécessite  un accompagnement, aussi bien technique que financier.  Tout comme l’agriculteur bio est aidé pendant sa période de conversion, Bruno Parmentier plaide pour la mise en place d’aides à la conversion à cette agriculture « de préservation ».  « C’est maintenant que l’agriculture commence », conclut-il...

Sur le même sujet

Commentaires 3

damien36

Vu qu'il y a aujourd'hui 7 milliards d'habitants sur Terre et qu'on gaspille 1/3 des nos ressources, on devrait être capable de nourrir 9.3 milliards de personnes sans se priver.

En plus, si on arrive à équilibrer la consommation entre les pays riches et les pauvres, ça ne devrait pas être un soucis pour tous avoir à manger.

GRIGRI

oui et il y a toujours des améliorations possibles mais il faut arreter de nous dire ce que l'on fait déja comme favoriser le travail des vers de terres ...etc on nous prend vraiment pour des pingouins qui sont restés au moyen age!!!

mannix

pour produire plus avec moins il faudrait commencer par arrêter les gaspillages à tous les niveaux en commençant par le consommateur premier à payer et premier à raler

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires