Agriculture écologiquement intensive : partages d’expériences

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Agriculture écologiquement intensive : partages d’expériences
Le programme d’Innov’Action a été présenté la semaine dernière chez Vincent Fleurance, éleveur laitier à La Remaudière, par Christophe Sablé, secrétaire général de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, Pascal Gallard, vice-président de la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire, et Christiane Lambert, vice-présidente de la chambre régionale d'agriculture des Pays de la Loire. © Loire-Atlantique Agricole

Cinquante exploitations sélectionnées par les Chambres d’agriculture des Pays de la Loire sur les critères de l’innovation propre au concept d’agriculture écologiquement intensive, ouvrent leurs portes dans toute la région.

L’opération Innov’Action (lancée l’année dernière en Vendée) se déploie en 2013 sur l’ensemble des Pays de la Loire du 23 mai au 5 juillet. Dix fermes seront ouvertes dans chaque département. Toutes les productions visibles sur le territoire régional sont représentées, ainsi que les différents systèmes de production. L’objectif, pour les organisateurs de ces journées, est de toucher 10 000 visiteurs sur les cinquante exploitations.
Quel est le principe d’Innov’Action, déjà en place dans les départements bretons ? « Le concept d’agriculture écologiquement intensive se décline dans les exploitations qu’elles soient en production animale ou en production végétale. C’est intéressant de montrer, dans ces exploitations, quelles sont les techniques et les pratiques qui sont écologiquement intensives », explique Christiane Lambert, vice-présidente de la chambre régionale d'agriculture des Pays de la Loire,
en charge du programme Innov’Action. « Pour sortir d’une approche descriptive, on s’est dit que rien de ne valait mieux que des portes ouvertes pour faire du ‘’développement par-dessus la haie’’ avec des témoignages d’agriculteurs qui innovent et qui expliquent leur cheminement vers tel ou tel
système. »

Moins d’intrants

Quelles sont les principales thématiques retenues ? L’accent sera mis sur les cultures fourragères pour l’alimentation des troupeaux, mais aussi sur l’agronomie (comment garder des sols vivants…), sur l’énergie (de l’éco-conduite sur le tracteur à la méthanisation), ou encore sur les bâtiments (organisation, circulation des animaux…). À travers les orientations prises sur leur ferme, les exploitants détailleront comment ils produisent plus et mieux, avec un moindre recours aux intrants, tout en gardant des performances techniques et économiques tangibles.
« L’important est de bien montrer qu’il y a une agriculture diversifiée sur notre territoire », explique Christophe Sablé, secrétaire général de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. « Il s’agit de lever des idées préconçues sur les systèmes, en montrant aussi bien un élevage biologique à 10 000 litres de lait que des exploitations laitières qui font du pâturage pendant cinq mois avec un robot. On essaye de mettre en avant pendant ces journées tout ce qui peut être intéressant en termes de recherche et d’innovation. »

Trouver des pistes pour s’améliorer

« Ici, il n’y a rien d’extraordinaire », prévient modestement Vincent Fleurance, du Gaec Sainte-Catherine à La Remaudière (lait, vaches allaitantes, taurillons, 117 ha de SAU). Il reconnaît que depuis son installation, il a toujours eu la volonté de « faire mieux et de trouver les pistes pour [s’] améliorer ». « Avec le réseau d’élevages laitiers de Loire-Atlantique, j’ai appris à décortiquer toutes les charges de la ferme. Ça m’a permis de mieux comprendre le mécanisme de l’alimentation et le lien entre fourrage et alimentation des vaches laitières. Dans mon travail sur le coût alimentaire, j’ai associé les conseillers qui interviennent sur l’exploitation. Ma préoccupation première est de savoir ce que je donne à mes vaches, quelle en est la valeur nutritionnelle, combien ça me coûte, et pour quelle marge. »
Vincent Fleurance, en entamant une vaste réflexion sur l’alimentation de ses vaches laitières, a constaté qu’il pouvait « faire différemment pour diminuer tous les intrants de la ferme ». L’agriculteur a commencé à valoriser le pâturage du 20 février au 15 novembre. « On a incorporé des mélanges multi-espèces, de la luzerne, et progressivement on a fait confiance à nos fourrages et moins aux concentrés que l’on achète. » Et les chiffres parlent ! Le coût alimentaire a progressivement diminué. Il est passé de 130 €/1 000 l sur la campagne 2008-2009, à 84 €/1 000 l en 2012.
Parallèlement, le Gaec fait construire un bâtiment pour stocker 30 t de correcteur azoté. Pour Vincent Fleurance, il est essentiel d’acheter des volumes importants de soja au moment où son coût lui semble acceptable.
L’éleveur fait partie du groupe Ecophyto. « Depuis deux ans, je n’ai quasiment pas labouré un hectare. On a compris qu’il fallait allonger les rotations pour éviter les maladies des plantes. La luzerne avait donc encore plus d’intérêt dans cette logique. On va arrêter l’année prochaine les dérobées (le RGI consomme de l’azote) et on implante des couverts végétaux. »
L’intérêt de ces journées portes ouvertes, souligne Christophe Sablé, c’est que « les innovations des agriculteurs qui témoignent, sont reproductibles chez d’autres ».

Guillaume de Werbier

- Pour plus de renseignements se rendre sur le site http://www.innovaction-paysdelaloire.com.

Les fermes expérimentales partenaires

Les fermes expérimentales de la région sont associées à l’opération Innov’Action, à commencer par la ferme expé de Derval. Elle accueillera les visiteurs le 25 juin. Les chiffres du pâturage 2013 à la ferme de Derval y seront présentés. La ferme de Thorigné d’Anjou ouvrira aussi ses portes le 23 mai. Il y sera notamment question d’autonomie fourragère.
La clôture de l’opération Innov’Action se déroulera le 5 juillet à La Ferme expérimentale des Établières (85). Cette journée se concentrera sur la production de viande bovine en Pays de la Loire.
Du 24 mai au 25 juin, plusieurs exploitations de la région appartenant au réseau Ferme Déphy écophyto accueilleront du public (lire Loire-Atlantique Agricole du 10 mai, p. 12) dans le cadre d’Innov’Action.
Les réseaux des Geda et des Cuma sont également partenaires d’Innov’Action.

G d W

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